Fiche du film
Note de production | Zim and co.---------------------------------------------------------------Un film français de Pierre Jolivet avec Adrien Jolivet, Mhamed Arezki, Yannick Nasso
Genre : Comédie - Durée : 1H30 mn
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Naissance d'un scénario “choral”
Pierre Jolivet n'a pas eu à chercher loin pour trouver l'inspiration de son nouveau film. “A 18 ans, j'ai quitté ma banlieue pour “partir travailler”, les deux actions étant intimement liées. Et en voyant les difficultés de mon fils Adrien et de ses copains Yannick et Sacha (co-auteur de la musique du film) pour démarrer dans la vie autrement qu'en faisant des études supérieures, je me suis retrouvé. Leurs conversations, leurs interrogations, leurs problèmes ressemblaient aux miens, à mes débuts.”
En somme, l'histoire ne fait que se répéter ; tout a changé, rien n'a changé ? “Ce qui a changé, c'est que tout est plus dur aujourd'hui. Dans ma jeunesse, on connaissait le plein emploi, il y avait à peine trois cent mille chômeurs en France. Aujourd'hui, il y en a près de trois millions. Quand j'avais 18 ans, je vivais en banlieue, la violence était quotidienne et je me suis retrouvé plusieurs fois avec des crans d'arrêt sous le nez. Aujourd'hui, c'est un fusil à pompe. Il y a trente ans, les questions de racisme tournaient essentiellement autour de l'Algérie. Aujourd'hui, c'est multiplié par trois au moins : contre les arabes, contre les juifs, contre les noirs. Et les problèmes communautaires sont au coeur de la vie politique.
Cependant, conclut-il, si tout est amplifié, il y a plein de problèmes qui restent les mêmes : le permis de conduire, la voiture, l'emploi, l'appartement, les premières amours. Vingt ans, c'est le moment où, pour la plupart, on va satelliser sa famille pour la substituer à une autre, celle des potes. C'est surtout le moment où tout commence et où tout fait peur, mais en même temps, on se sent indestructible. C'est ce double vertige que nous avons essayé de saisir.”
Photos : © Moune JAMET
Du coup, ZIM AND CO se devait de renouer avec les principes de base du cinéma indépendant : tournage rapide, en décors naturels, équipe réduite, équipement léger et nouvelle génération d'acteurs et de techniciens improvisant de façon constante mais contrôlée. “Pour tenter d'attraper la liberté de ton et la décontraction physique des quatre acteurs principaux.” Au bout de la course : un film à quarante personnages, tourné en huit semaines, dans quarante lieux différents de la région parisienne. Pendant l'écriture du scénario, chaque nouvelle mouture est immédiatement transmise à Adrien Jolivet et à Yannick Nasso, qui s'empressent de la “revisiter”, adaptant le dialogue au vocabulaire de leur génération, développant les situations, en soumettant de nouvelles à l'approbation du réalisateur et de son co-scénariste, Simon Michael. “Ils prenaient ou ils ne prenaient pas”, se souvient Adrien Jolivet, qui donne immédiatement un exemple : “Quand j'étais jeune, il y avait un kébab dans mon quartier, le patron fumait de l'herbe, il en vendait aussi un peu, et on allait fumer des joints dans l'arrière-boutique. Et donc, dans une des versions qu'on proposait, le personnage de Yannick allumait un joint et le patron du kébab acceptait.” Yannick Nasso ajoute : “Après, ça a un peu vrillé. C'était plus intéressant qu'il lui dise de pas fumer ça chez lui.” |
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