Sorties cinéma Sorties Cinéma en Septembre 2005 Mercredi 14 Septembre
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Collision---------------------------------------------------------------Un film américain de Paul Haggis avec Sandra Bullock, Don Cheadle, Matt Dillon, Brendan Fraser, Jennifer Esposito, Terrence Dashon Howard, Jason Isaacs, Ludacris, Thandie Newton, Ryan Phillippe
Genre : Drame - Durée : 1H47 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Sarah
On pourrait croire que dans une ville comme Los Angeles, les gens sont solidaires et humains.
Paul HAGGIS nous montre le coté le plus sombre de l'Homme, sa tristesse et sa solitude, avec brio.
Alors qu'il a déja écrit le sénario de Million Dollar Baby, on ne peut s'empêcher de penser que Collision est mille fois plus réussi, car ce film est tout simplement magnifique, réaliste, touchant, bouleversant et émouvant. C'est LE film de la rentrée 2005.
Traçant le parcours de plusieurs personnes, venant de milieux variés comme un réalisateur, un procureur, un policier ou un voleur, Collision nous montre le monde tel qu'il est, sans strass ni paillette, sans conte de fée. C'est-à-dire l'être humain dans toute sa splendeur, déchiré entre ses préjugés et ses rêves.
Je ne citerai que Don Cheadle (aussi excellent que dans Hotel Rwanda), Sandra Bullock (qui sort enfin du contexte de ses sempiternelles comédies, où elle enchaînait les rôles sans saveur ni envergure comme dans Miss FBI), Matt Dillon et Ludacris (qui nous montre enfin son talent d'acteur, après avoir été un figurant passif dans 2 Fast 2 Furious), mais tous les acteurs sont incroyablement fantastiques dans Collision. Grâce à leurs interprétations excellentes, justes et non surfaites, ils vous transmettront des émotions intenses, peut-être même jusqu'aux larmes.
Enfin, Collision est LE film à ne pas rater. Certes le contexte de la tranche de vie mise en boîte n'a rien de novateur, mais pour une fois, rien n'est rajouté. Paul HAGGIS nous livre ici, pour son premier film, uniquement du vrai, du brut, de l'émotion et de l'intense.
| Par Clément
Collision est un film rare ! Rare par sa sobriété, rare par son charisme, rare par sa beauté, rare car il est une peinture vraie, d'une Amérique meurtrie par la montée en puissance du racisme.
Le film est une dure constatation du racisme aux Etats Unis, et notamment en Californie.
Le film suit la vie de plusieurs personnages très différends, Sandra Bullock en bourgeoise tétanisée par une violence urbaine qu’elle ne comprend plus, qu’elle ne sait plus comment fuir, Don Cheadle en commissaire noir rongé par la culpabilité, Matt Dilon en agent de police raciste, Brendan Fraser en procureur général soucieux de l'image de sa Californie, le rappeur Ludacris en jeune noir devenu parano, Thandie Newton en femme oppressée, humiliée, Ryan Phillippe en jeune agent de police désemparé face a cette situation critique, et enfin Terrence Dashon Howard dans le rôle d'un noir oppressé et humilié par la police. La liste est longue et prodigieuse, les acteurs sont bluffants, Sandra Bullock est rayonnante, cela fait du bien de la voir ainsi, sortant de ces rôles de potiches de comédies pathétiques, Ryan Phillippe est magnifique, Don Cheadle ( Ocean's 11 et 12, Hotel Rwanda ) est poignant et Thendie Newton ( M:I2 ) est sublime.
On peut également noter la sympathique apparition de Tony Danza, l'homme a tout faire dans la célèbre série Madame est servie.
L'atmosphère du film est pesante, lourde, et très émouvante. Ce film est poignant tant dans le jeu des acteurs, dans la fresque bien triste de l'Amérique, que dans son incroyable réalisme (on peut apercevoir dans une scène, le portrait photo de Arnold Schwarzenegger, actuel gouverneur de Californie) .
Le film est une réaction en chaîne entre personnages qui ne se connaissent pas, leurs destins finissent par se croiser dans l’anonymat, ponctués par d’improbables drames. La scène du serrurier et de sa petite fille au manteau invisible est vraiment très émouvante et bien construite. Et ce n'est pas la seule scène poignante du film...
La Bande Originale du film est sublime et touchante.
Ici, pas de "Happy End", car ici, ce n'est pas le but, le réalisateur dénonce et passe un message, et nous laisse, à la sortie de la salle, encore ému et troublé...
Bref, ce film écrit par le scénariste du très émouvant Million Dollar Baby, est le film choc de l'année, et qui, macabre coïncidence, sort en pleine période " Katrina", faisant ainsi passer un message alors deux fois plus troublant face à la dure réalité de la Nouvelle-Orléans...
| Par André
Malgré l'approche des fêtes de Noël, Los Angelès n'a pas l'air de manquer de problèmes et il s'y traîne chaque jour toute une séquelle de racisme, d'intégration, d'éthnies multiples évoluant vers une délinquance minable ou vers la violence la plus sordide.
Sur un tel socle de déprime, Paul Haggis a réussi un film magnifique, véritable leçon de cinéma tant cette fiction se substitue à la réalité de façon magistrale, recréant une authenticité qui vous attrappe au coeur par sa puissance et par la générosité de personnages qui se dévoilent avec leurs travers et leur humanité au gré de ces vies en parallèle.
L'image et le montage sont présentés à cru, du moins c'est ainsi qu'on ressent ces épisodes , dont la minutieuse expression et le travail accompli se retrouvent à l'écran tout ruisselants de vérité et d'émotion.
Comment être plus crédibles que ces comédiens souvent mal connus des spectateurs lambda, sinon l'excellent Matt Dillon, à la fois odieux et touchant, et qui affirme là un talent souvent voué à des personnages attachants. En enquiquineuse repentie Sandra Bullock en impose dans un rôle mineur au sein d'une distribution où chacun fait assaut de singularité et de maîtrise.
| Par Moxon
Paul Haggis prend la ville de Los Angeles, ville sans aucun doute la plus hétérogène du monde. Il crée, dans ce Los Angeles post 11 septembre, un microcosme et va en analyser les relations sociales tel un véritable sociologue. Ce qui en résulte: le racisme. Telle une maladie présente en chaque individu, il dicte notre conduite. Paul Haggis dénonce ce fléau au travers de diverses histoires qui finalement n'en forme qu'une seule et même. Le monde est petit, tout le monde se connaît, se rencontre, s'aime ou se déteste. Ils sont noirs, blancs ou jaunes, ils sont américains, afro-américains, mexicains ou porto-ricains, ils sont riches ou pauvres, tous se haïssent par leur seule couleur. Les vies vont basculer à cause de ce racisme. On frôle la catastrophe, ça s'apaise, ça repart, tout est au bord du précipice, il suffit d'un geste, d'une incompréhension pour que tout ne soit que chaos.
Le réalisateur ne juge pas, il n'émet pas d'avis, il place ses personnages et ses spectateurs devant les faits et nous laisse méditer sur nos préjugés.
Des acteurs, tous époustouflants, tous à leur manière touchants et détestables, à l'exemple de Matt Dillon et Thandie Newton pour les rôles les mieux exploités.
La bande son est admirable, nous berçant par une voix blanche ensorcelante. Tout le film est renversant, touchant, dénonçant le racisme comme la plus grande des maladies.
Un film à la puissance dramatique extraordinaire.
| Par Steeve
Film choc, percutant, traitant des relations tendues entre minorités et majorités ethniques de l'Amerique d'aujourd'hui, le célébre Melting Pot à la New Yorkaise (transposé ici sur les terres pluri-culturelles de Los Angeles), ce Crash (comme le titre original nous le rappelle) est un état des lieux brut et sans concessions, qui pourrait trés bien s'appliquer à d'autres lieux du monde.
Loin de faire le procés du racisme ou de l'intolérance sociale, le réalisateur prend du recul par rapport à une succession de situations quotidiennes, se contente de filmer des interprétes impliqués et dresse une analyse pessimiste et objective sur les rapports humains de ce 21éme siécle.
On ne donne pas de leçon mais on constate, on condamne par l'image, par les conséquences parfois dramatiques de paroles et d'actes anodins qui peuvent avoir des retours beaucoup plus graves. Ce tourbillon de violences, de sentiments, d'émotions créé cette collision, la mise en scéne ne perd pas pied, bien au contraire, elle renforce par la photographie travaillée et un script argumenté, une impression générale d'un Essai sur un fait d'actualité, sérieux et enrichissant pour le spectateur.
Le fait de ne tirer aucune conclusion semble être issu de la volonté des auteurs de ne pas laisser filer le témoin que l'on devient au fil des minutes sans le devoir de reflexion et le besoin d'en debattre. On parlera alors d'un certain Cinéma Vérité, qui ne verse pas ici dans le Cinéma Moralisateur.
La simplicité de l'histoire n'a d'égale que la complexité de la psychologie humaine, certains denonceront la solution du chemin le plus court vers l'efficacité, au risque d'y perdre un fil rouge peut être un peu simpliste, dans un autre sens on applaudiera un exercice de style classique mais direct.
On aime:
- Un casting prestigieux d'acteurs americains doués.
- La mise en scéne et la "photo" en adéquation, l'image parle d'elle-même
- Un tempo enlevé pour un ryhtme soutenu donc entrainant
- La musique de Mark Isham, envoutante et adaptée
On aime moins:
- On peut toujours redire sur ce cinéma americain qui pointe du doigt les travers de sa propre société sans donner forcément de solutions.
- Simplicité des faits, des actes, des dialogues et des situations, on manque un peu de détails, volontaire ou pas de la part de Paul Haggis?
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