Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juin 2004 Mercredi 16 Juin | Les critiques de la rédaction : Deux Soeurs---------------------------------------------------------------Un film de Kim jee Woon, avec Im Soo-jung, Kim Kab-su, Moon Geun-young, Jeong-ah Yeom
Genre : Drame - Durée : 1H59 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Mathieu Catinaud
Le renouveau du Cinéma Asiatique arrive pour nous Français, depuis quelques années par le
fait que nous nous ouvrons à ce que l'Asie fait au niveau du 7ème art. Et là, ce petit film flirte
avec la perfection! Ce film, qui souvenons-nous était resté moins de trois semaines dans les
salles, arrive à nous coller aux accoudoirs durant deux heures, servi en sus par une beauté
plastique des plus réussie.
Après 3 Histoires de l'au-delà et Foul King, Kim Jee-woon s'impose comme un réalisateur à
suivre dans cette nouvelle vague coréenne, à l'instar de Park Chan-wook qu'on ne présente
plus! Avec ce film d'angoisse, il étale sans prétention aucune (et c'est peut-être la force de ce
Cinéma), tout son art et sa connaissance du Cinéma. Car ce film d'angoisse utilise toutes les
ficelles classique du genre: le fantôme sous l'évier, l'armoire qui terrorise la jeune fille qui
dort à côté,... et la musique, qui est ici le début de la démarcation vers l'excellence, est
splendide: oppressante; et les effets sonores, du genre, sont utilisés à merveille (la respiration
des protagonistes est un des atouts majeurs de ces effets et du film, de par son utilisation).
Mais la musique dépasse ce qui aurait pu être très bien mené dans un film de genre comme le
Japon en fait tant (ne jetons pas le discrédit sur ce pays de Cinéma, évidemment) prenant un
essor vers la poésie lyrique avec les sublimes tonalités aiguë et des airs dans la pur tradition
coréénne, qui ajoute une beauté au propos du film. Car le film ne s'arrête pas à un seul genre,
Deux soeurs est aussi un film psychologique, un vrai drame familial qui nous plonge dans la
folie du personnage central: on peut parler de schizophrénie, non?
Oui le spectateur ne fait que subir les fausses pistes qui lui sont offertes, avec au départ une
histoire banal de marâtre, mais arrivent les fantômes, les crises de folie... mais le film n'est
pas qu'un puzzle qui se reconstruit, c'est aussi une vision de la famille traditionnelle de Corée,
très moderne. Et la mise en scène, impeccable, est remarquable: rien ne sera dit du montage
qui est excellent, plongeant le spectateur dans la frénésie des images; la direction d'acteurs
est excellente aussi, on ne pourrait en demander plus à des acteurs, ils vivent eux même ce
conte fantastique; et cette vision du plan est magnifique.
On peut le dire, sans tomber dans un catalogue de qualités du film, que ce cinéaste a le goût
des choses magnifiques, entre deux plans d'angoisse, il nous glisse un plan magnifique avec
des couleurs sublimes qui éclairent la salle en même temps que les yeux du spectateur, et
c'est là où la musique prend ce fameux essor dont nul ne peut être indifférent, et qu'on ne
dise pas que c'est du beau pour faire du beau! Cette séquence finale où l'on revoit la mort de
la jeune soeur, avec la plus vieille qui s'éloigne, la musique montant crescendo, est digne des
plus grands final d'opéra.
Les actrices principales sont très belles, et la photographie les magnifie. La photo est ici
sublime et indispensables pour ce qui est de la richesse du film, la lumière sert parfaitement
cet art dans l'art, qui se perd. Pas là, rien ne se perd!
On ne fait que gagner, après deux heures, on ressort tout flou par le scénario, tout enchanté
par la beauté du film, et tout étonné d'avoir assisté à un grand moment de Cinéma... c'est de
plus en plus rare!
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