Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2012 Mercredi 25 Janvier | Les critiques de la rédaction : The Descendants---------------------------------------------------------------Un film américain de Alexander Payne avec George Clooney, Shailene Woodley, Beau Bridges, Robert Forster, Judy Greer, et Matthew Lillard
Genre : Drame - Durée : 1H50mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Albin Duvert
Récompensé aux Golden Globes et favori aux oscars, le dernier cru d’Alexander Payne a tout pour plaire. Une tête d’affiche, un cadre ensoleillé et un sujet simple. Simple ? Pas tellement à y regarder de plus près.
L’intrigue: Matt, un père de famille a la responsabilité de ses deux filles après l’accident de sa femme, Elisabeth et découvre que celle ci le trompait et souhaitait le quitter. Beau prétexte pour le cinéaste pour se pencher de plus près sur le couple, la famille et tout ce qui va avec. La force du propos réside certainement dans son traitement.
Ce que Payne travaille, ce sont les relations. Matt est un père absent, plus attentif à sa carrière qu’à ses propres enfants. Au moment où il ne peut plus jouer le simple rôle du « parent de substitution », il doit apprendre de nouvelles responsabilités et remédier à la fragilité des liens qui unissent la famille. Alexander Payne montre non seulement comment celle-ci se renforce face à l’adversité mais aussi à quel point elle peut constituer un refuge. Alors qu’elle allait être détruite par le départ de sa femme, Matt se voit offrir une seconde chance pour préserver les lien uniques que chacun peut entretenir avec ses proches. Payne fait dès lors l’éloge de l’amour, de la solidarité mais aussi de la compréhension et de la tolérance vis-à vis de l’autre.
Car la présence de l’autre est un élément indispensable pour affronter les coups durs : c’est le constat de Matt, qui en abandonne son esprit carriériste pour comprendre en quelque sorte les vraies valeurs de la vie. Tout ça paraît bien commun à première vue. Mais avec son analyse des liens, Payne parvient à cerner la personnalité de chacun, dévoilant ses envies, ses faiblesses, ses blessures et toutes leur complexité. Le réalisateur met évidemment l’accent sur les relations père-fille, entre incompréhension et profonde affection que ce soit au travers du personnage de Matt mais aussi d’un amour très émouvant que porte son père à Elizabeth, qu’importe ses défauts ou ses déboires.
Le réalisateur mélange au sein d’une seule intrigue plusieurs aspects : il étudie le cheminement de Matt dans la recherche à la fois de celui avec qui sa femme l’a trompé, la recherche de la compréhension des autres et la manière dont il doit gérer son deuil. En plus de se pencher sur les relations inter-générationnelles, il étudie également le couple à la dérive. Un des membres est narrateur, l’autre est muet.
Le problème devient dès lors celui du pardon : le personnage est tiraillé entre une profonde tristesse et l’amour qu’il porte envers sa femme et la haine qu’il lui voue pour l’avoir trahie. Ce n’est dès lors qu’en retrouvant celui qui a causé son malheur et en soulageant sa conscience qu’il peut sereinement laisser s’en aller sa femme.
Le réalisateur aime a aborder une multiplicité de thèmes et d’aspects : le pardon, la famille, l’autre…Oui, ce sont des thèmes rebattus, rabâchés et exploités jusqu’à la moelle. Pas de nouveauté de ce point de vue là, ni de réponse au problèmes posés fondamentalement originale. La vraie force de Payne consiste en un traitement très léger et fluide d’un nœud de problème et d’une intrigue plus propice au mélodrame. Grâce à des dialogues efficaces et pleins d’humour et le cadre d’Hawaï, The descendants, plutôt que d’être larmoyant, est lumineux, ce qui ne prive pas le réalisateur de troubler l’atmosphère par quelques sursauts d’émotions qui nous amènent subtilement la larme à l’œil. Derrière son étude psychologique de l’humain, il glisse une critique anti-capitaliste qui heureusement passe au second plan car elle est, il faut le reconnaître, assez grossière.
On pourra aussi reprocher à Payne peut-être une mise en scène quelque peu classique, un scénario quelque peu prévisible et craindre que The descendants n’ai pas la carrure d’un oscarisé, se rangeant plus du côté du cinéma américain indépendant (ce qui n’est d’ailleurs pas forcément un mauvais point). Mais cela ne vient en rien entacher le plaisir du spectateur et encore moins la performance des acteurs qui sont tous remarquables. George Clooney tombe le costard et sa traditionnelle élégance pour sandales et chemises hawaïenne et s’insère dans un rôle écrit pour lui (belle métaphore par ailleurs de sa propre et tumultueuse vie amoureuse), donnant toute son âme et sa grandeur au film. Reste les deux jeunes filles qui ne déméritent certainement pas et contribuent en grande partie à la fraicheur du film. On regrettera peut être le personnage de Sid qui manque de faire basculer le film dans le potache à maintes reprises, ce qui aurait été bien malvenu.
The Descendants réchauffe les cœurs en plein hiver, donnant à Clooney l’un de ses plus beaux rôles et l’occasion à Payne de dresser un portrait sans être révolutionnaire, mais terriblement émouvant et juste de l’être humain.
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