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Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2005 Mercredi 26 Janvier | Les critiques de la rédaction : Aviator---------------------------------------------------------------Un film américain de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, John C. Reilly
Genre : Biographie - Durée : 2H45 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques COULARDEAU
On a déjà trop parlé de ce film pour pouvoir en rester à quelques mots. C’est un remake de Citizen Kane d’Orson Welles et en même beaucoup plus. Howard Hughes est un baron d’industrie qui s’appuie sur la fortune de ses parents faite dans le pétrole mais qui développe son activité dans deux nouveaux champs, le cinéma et l’aviation. Pour être un grand inventeur ou défricheur il faut être obsédé par un but que l’on va poursuivre sans cesse sans jamais l’atteindre car il est évanescent et fuyant comme toute frontière. C’est cela le vrai esprit d’entreprise et il ne peut résider que dans une personne. Un bon baron d’industrie ne peut réussir que s’il a les moyens pour commencer et l’intelligence de s’entourer des meilleurs. Pour travailler pour un tel homme – mais pourquoi ne serait-ce pas une femme ? – il faut accepter son absolu gouvernement et commandement. Il lui faut faire une confiance totale et s’en remettre à sa décision, mais sa décision doit être seulement stratégique, donc ceux qui travaillent pour lui doivent savoir traduire dans les faits réels les directives données. Ceci est très dangereux en politique car cela mène inéluctablement à une dictature, même parfois avec une forme démocratique, mais dans l’économie c’est absolument nécessaire et ce n’est que risqué, hélas diront certains aussi bien pour le patron que pour ses employés. Un tel entrepreneur ne peut pas se permettre d’avoir quoi que ce soit en travers de sa route. Tout obstacle sera éliminé et en premier lieu les obstacles personnels et sentimentaux. Pour un tel personnage l’amour n’est rien qu’un besoin éventuel, et cet amour doit donc trouver sa place absolue dans le rêve, dans l’entreprise, dans l’obsession qui lui donne de l’énergie. Sinon ce sera écarté jusques et y compris dans la sublimation totale. Mais un tel entrepreneur qui vit sur son imagination ne peut pas se permettre d’avoir une imagination qui se trompe. Son inspiration doit être juste et toujours juste. C’est là le plus difficile car l’inspiration est évanescente et changeante, voire même aveugle. Mais il y a encore plus dans ce film. Il y a d’abord une vision d’Hollywood que Scorsese peut se permettre de donner avec la carrière qui est la sienne. Tous les entrepreneurs dans ce domaine sont des gens inspirés, donc des petits ou des grands tyrans et la violence est à fleur de peau partout, violence physique pouvant aller jusqu’à l’utilisation d’armes, cruauté mentale et morale, ou simplement impitoyable compétitivité économique. La violence sous toutes ses formes est une denrée impérissable quotidienne dans le cinéma. Plus encore, l’audition-procès à laquelle Howard Hughes est soumis rappelle ce que l’on verra plus tard avec McCarthy. Quand des hommes politiques nouent langue avec des entrepreneurs industriels il y a toujours le danger que ces hommes politiques prennent les décisions qui avantagent leurs amis économiques. Ici on aide un industriel du transport aérien à établir un monopole malgré les lois anti-trust. C’est la même chose fondamentalement que de faire un procès à quelqu’un pour ses opinions ou ses activités politiques. Au plus profond c’est la remise en cause au niveau de l’initiative économique ou sociale d’une personne, ou au niveau de sa liberté de pensée et d’expression d’un droit fondamental inscrit dans la constitution et donc de telles tentatives sont anticonstitutionnelles, anti-éthiques et même purement et simplement anti-civiques. Une dernière remarque doit être faite sur Di Caprio. C’est un grand acteur qui peut de quelques mots, d’une intonation de voix ou d’une expression du visage exprimer un monde de sentiments et d’émotions. Et pourtant j’ai l’impression qu’on l’utilise de façon un peu raide. On n’utilise pas son corps au maximum du possible. D’abord son corps de peau et de chair peut-être simplement par retenue. Mais surtout la plasticité, la vélocité et la flexibilité de ce corps qui reste toujours un peu rigide et lent. Est-ce une caractéristique de Di Caprio ou bien du jeu que les réalisateurs lui imposent ? Difficile à dire et pourtant j’ai vu cet élément dans des films dirigés par différents réalisateurs. C’est l’avenir qui nous dira dans quelle direction Di Caprio a envie de s’orienter. Il serait dommage qu’il se limite à être un acteur de la posture et de l’expression faciale.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par André
"Aviator" représente du grain à moudre pour les "Oscars" car il est ce que Hollywood sait faire pour plaire à son public :une mise en scène soignée où abondent les séquences spectaculaires de la vie des nantis des années 30-40. De belles images avec quelques trémolos politiques, amoureux, dramatiques et brillants grâce à de superbes effets spéciaux.Un générique avec quelques stars aimées du public... et emballez! Même si le personnage principal, Howard Hugues ne suscite guère de compassion, bien qu'ilait fait avancer de façon désordonnée l'histoire de l'aviation et du cinéma. Les nostalgiques du 7ème art d'avant la dernière guerre vont retrouver leurs vedettes favorites plus ou moins bien personnifiées par des comédiens de notre ère, sauf, peut-être Cate Blanchett, intéressante dans son rôle de Katharine Hepburn. Leonardo DeCaprio essaie de convaincre en fronçant des sourcils, mais admettons qu'au gré de la troisième partie de ce long film, il démontre qu'un artiste bien dirigé et photographié peut rendre crédible un personnage géniale et maniaque à l'extrême. Au vu de ce film en VO, je n'ai pu manquer de penser, toutes proportions gardées, à l'atmosphère qui baignait dans "Citizen Kane"! Sans plus !
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