Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2010 Mercredi 06 Octobre | Les critiques de la rédaction : Moi, moche et méchant---------------------------------------------------------------Un film américain de Chris Renaud et Pierre Coffin avec les voix en VO de Jason Segel, Steve Carell, Kristen Wiig et la voix en VF de Gad Elmaleh
Genre : Animation - Durée : 1H35mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
À sincérités égales, la comparaison entre deux œuvres peut s’établir grossièrement selon deux points de vue. Visuellement riche et aboutie, l’histoire proposée par X ne permet malheureusement pas une complète satisfaction. Y, en revanche, serait une parfaite illustration de l’adage de John Lasseter, qui veut qu’un récit et des personnages bien écrits soient la condition sine qua non de sa qualité. Problème : ce schéma peut parfois évacuer toute pertinence critique, certains cas s’avérant plus complexes que cela. Attachant et souvent drôle, MOI, MOCHE ET MÉCHANT vient aussi confirmer cet état de faits par un évident retard à bien des niveaux.
Certes, le budget trois fois inférieur à celui d’un TOY STORY 3 explique bien des choses. Ne serait-ce qu’en termes de textures, l’animation de cette nouvelle production Universal ne ferait jamais le poids, ce qu’il est alors préférable de taire. Exception faite donc, MOI, MOCHE ET MÉCHANT n’évite jamais le rapprochement avec d’autres longs-métrages tant il s’évertue à y piocher ça et là autant qu’il semble pouvoir le faire. Contant la rencontre entre Gru, méchant et voleur invétéré, et trois petites orphelines dont il va devoir supporter les caprices avant d’apprendre à adapter son propre comportement, les scénaristes Cinco Paul et Ken Daurio nous offrent ainsi une fusion cohérente entre MONSTRES ET CIE et LA-HAUT. Mais dans la mesure où cette relation ne laisse jamais place à un peu d’audace narrative (là où par exemple le seul prologue du dernier film cité donnait une aura considérable aux actes du duo principal), ni même à l’originalité (mal écrite, l’évolution des sentiments de Gru n’est faite que des passages les plus prévisibles qui soient, le coucher des fillettes inclus), Pierre Coffin et Chris Renaud, les réalisateurs, ne suscitent jamais le moindre attachement à des personnages qui l’exigeaient. À défaut de pouvoir être imputés au montage, certains problèmes de temporalité concernent surtout des séquences entières (la patronne de l’orphelinat, le parc d’attractions…), prétextes à une progression psychologique lourdingue, quand elle n’est pas simplement fortuite. A leur décharge, elles sont l’occasion de constater l’apport d’une 3D ici parfaite, qui confirme dans les grandes largeurs les sensations nouvelles qu’elle peut invoquer : quelques plans sont réellement impressionnants dans leur utilisation de la profondeur de champ.
Non, si MOI, MOCHE ET MÉCHANT se révèle finalement agréable, ce n’est ni plus ni moins parce que son humour, inégal mais souvent inspiré (inspiré de, aussi), sous-tend l’intégralité de ses bobines. Avec ses minions, bestioles qui aimeraient bien faire oublier Scrat, son vieux savant et ses personnages d’inventeurs-voleurs pour qui la technologie n’a aucun secret, l’œuvre lorgne volontiers, dans ses meilleurs instants, du côté de TEMPÊTE DE BOULETTES GEANTES, la direction artistique et l’inventivité en moins, soit les éléments qui concourraient à faire de ce dernier une totale réussite. On ne peut que regretter que de son prologue loufoque, à l’origine d’un duel savoureux entre vilains, naissent autant de bons sentiments en surdosage, cocktail complexe que l’incroyable enchantement visuel de Chris Miller et Phil Lord avait su concocter. Trop consensuel, en conflit permanent avec son humour mais jamais vraiment détestable, MOI, MOCHE ET MÉCHANT a au moins l’intelligence de ne jamais prendre sa cible première de haut. En l’état, c’est presque du haut de gamme.
|
|
| |