Sorties cinéma Sorties Cinéma en Sept. 2010 Mercredi 08 Sept | Les critiques de la rédaction : Copains pour toujours---------------------------------------------------------------Un film américain de Dennis Dugan avec Adam Sandler, Kevin James, Chris Rock, Rob Schneider, et David Spade
Genre : Comédie - Durée : 1H42mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
Cinq minutes durant lesquelles on éclate de rire dés la seconde réplique, dans lesquelles chaque personnage est caractérisé en un plan et qui sous-tendent les enjeux thématiques de l’intégralité de ce qui suivra ? Les premiers instants de COPAINS POUR TOUJOURS ne sont qu’un aspect de ce qui rapproche le dernier film de Dennis Dugan et le FUNNY PEOPLE de Judd Apatow. Avec une même volonté de questionner le présent à l’aune d’un passé nostalgique, l’un comme l’autre reposent également sur une collaboration amicale sincère. Aussi est-ce un véritable plaisir que de revoir réunie, sous l’objectif d’un réalisateur habitué à tout ce beau monde, cette bande de potes que constitue Adam Sandler, Kevin James, Chris Rock, Steve Buscemi ou Rob Schneider, entre autres, tous travaillant régulièrement ensemble depuis plus d’une décennie. A leur actif, des perles d’humour et de sensibilité comme HAPPY GILMORE ou RIEN QUE POUR VOS CHEVEUX. C’était évident : de telles retrouvailles nous offriraient forcément un classique instantané.
C’est amusés que l’on découvre un Adam Sandler fâché, portable à la main : agent hollywoodien reconnu, le personnage que l’on nous présente n’est rien de moins que l’exact opposé de celui que l’acteur incarnait dans BIG DADDY. Responsable, heureux possesseur d’une gigantesque villa et père de famille, son passé se rappelle à lui suite à la mort de son ancien coach de basket, celui-là même qui emmena toute son équipe vers la victoire lors d’un tournoi. Son enterrement sera l’occasion de reprendre contact avec ses amis d’enfance, et de constater que, si ce n’est physiquement, ceux-ci n’ont pas nécessairement changé. Les présentations ayant déjà eu lieu pendant la séquence introductive, COPAINS POUR TOUJOURS ne perd pas de temps à l’ouvrage. En réalité, leurs premiers échanges seront surtout prétextes à un déballage de vannes en tous genres, chacun se chargeant de taquiner les autres sur leur prise de poids, l’âge d’une de leurs femmes ou leur vision de l’éducation parentale. Souvent drôles mais parfois inutiles, on ne peut s’empêcher de voir dans ces punchlines, tout du moins dans leur accumulation, la principale limite du film. Il ressort régulièrement cette impression de vouloir à tout prix rallonger, ou terminer, les scènes par une réplique comique. Comme si Adam Sandler et Fred Wolf ne savaient jamais comment conclure tel ou tel passage de leur scénario, les mêmes sujets de gags revenant à de multiples reprises sans que cela ne soit profitable au bon déroulement de l’intrigue, en plus de s’autodétruire dans la lourdeur. Il en va de manière similaire pour le montage, trop généreux sur certains personnages ou, là aussi, certaines sources de plaisanteries (le gamin de 4 ans qui boit son lait directement du sein de sa mère, la mamie et son pied, etc…).
Les reproches s’arrêtent là. A l’image des films du Frat Pack ou des productions Apatow, COPAINS POUR TOUJOURS est un de ces rares instants de l’année où l’on savoure d’assister, enfin, à une comédie… drôle. Au sens transgressif du terme donc, chacun de leurs auteurs ayant pleinement conscience que plus que toute autre chose, l’humour ne peut se satisfaire de recyclage. Telle une mise en abyme, Dennis Dugan dépeint ici des adultes dépassés par une jeunesse hautaine et agressive à qui tout est dû dans l’instant. Ce qui n’en fait pas pour autant des vieux cons : ces parents-là, compréhensifs, ne passent pas une heure et demie à se plaindre et à faire la gueule (comme dans certains longs-métrages bien de chez nous). Non, sans jamais condamner ce qui fait les loisirs de leur progéniture, ils rechercheront avant tout à retrouver les sensations de ce qui ont marqué leur vie de souvenirs impérissables, du plus insignifiant jeu de société à la journée évidemment mémorable dans un parc aquatique. Pour Adam Sandler, il convient de réinstaurer la notion de groupe comme vecteur d’émotion. Cela passe par faire cohabiter les enfants au sein d’une unique chambre, ou, peut-être surtout, de se prendre au sérieux le moins possible (personne ici ne se gêne pour adresser une pique à un ami).
COPAINS POUR TOUJOURS voit ainsi sa structure narrative traduire son sujet : chaque minute n’est finalement qu’une gigantesque récréation mélancolique à dessein humaniste, dans lesquelles les disputes n’ont pas la vie longue et où les rancœurs personnelles sont rappelées avec humour. Une œuvre tendre et hilarante, qui en fait, à n’en pas douter, la définition même du feel-good movie.
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