Sorties cinéma Sorties Cinéma en Décembre 2004 Mercredi 15 Déc | Les critiques de la rédaction : Ocean's 12---------------------------------------------------------------Un film américain de Steven Soderbergh avec George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Casey Affleck, Scott Caan, Elliott Gould, Eddie Jemison, Julia Roberts...
Genre : Comédie - Durée : 2H05 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Pauline
On le sait, le cinéma (américain) a trouvé sa poule aux œufs d'or : les suites. Conseils pour que celle-ci soit productrice et rentable : élevez-là dans l'idée des blockbusters, nourrissez-là d'idées simples mais sympathiques, populaires, faites-là accoupler avec des stars, et prévoyez votre panier, ou plutôt un tonneau, les œufs étant à profusion, lorsque la machine hollywoodienne a trouvé le bon grain. Ocean's eleven était une réussite : le must des acteurs charismatiques avec la crème des réalisateurs talentueux : une comédie de gangsters rêvée qui renouait avec la classe du genre américain, le tout avec ironie, humour léger et réelle bonne humeur. Le fun est incontestablement présent dans cette suite, ne valant à mon avis que pour ses acteurs, certaines situations et sa mise en scène. Ce qui n'est déjà peut-être pas mal! Mais où est le scénario? Les journaux nous promettaient un coup de bluff, certifiant que le film ne valait que pour la fin. Vraiment originale? Tel n'est pas mon avis, celle-ci étant plutôt facile et attendue. Passons donc la trame pas vraiment excitante, et consolons nous avec les acteurs, tous excellents au premier abord, semblant véritablement s'amuser, se moquant d'eux-mêmes; un vrai plaisir que de les voir à l'écran dans les plus folles situations que le réalisateur s'amuse à inverser, à prendre par la fin pour mieux nous surprendre, mais qui malheureusement s'atténue, ces derniers n'ayant plus la même fraîcheur, reprenant leur rôle sans vraiment innover et étant, en fait, assez décevants. Les retrouvailles passées, le film s'essouffle, ne semble pas s'attacher à ses personnages - ne permettant ainsi pas à tous les acteurs de déployer leur talent -, surfe plutôt sur la successful vague du précédent film. Quelques surprises font néanmoins et heureusement leur apparition : Julia Roberts et Bruce Willis offrent un savoureux moment, joli pied de nez au star-system, drôle et agréable manière de prendre de la distance avec soi, avec son succès (mais rien encore d'innovant : n'était-ce pas le thème de coup de foudre à Nothing Hill? Accordé le fait que la scène soit différente et plus marrante, mais on en revient!); Vincent Cassel, (je ne vais pas être très objective, étant donné que je vénère ce dernier!), tout en classe, en tchatche, une vraie présence, qui offre une performance revigorante (pour laquelle le film mérite le détour.); et Catherine Zeta-Jones, dont le rôle est peut-être le plus intéressant, en nuance et travaillé. Donnant une texture à son personnage, là encore avec humour et plaisir, sublime à l'écran, mise en valeur par la caméra, elle illumine le film. In fine, on pourra saluer le talent de Steven Soderbergh qui offre de jolis plans, hommages à certains films (mais je n'ai pas vraiment la culture adéquate pour en parler), parfois chaotiques, gênés par l'abondance des sous-titres (surtout dans la version VO où ils sont multipliés par deux, ce qui est logique mais pas très agréable – cependant à voir pour apprécier d'autant plus et pleinement le jeu de Vincent Cassel), qui auraient gagné à servir un scénario plus approfondi. Ocean's twelve, un film qui prend ses distances avec tout et à commencer avec lui-même, donnant l'occasion d'apprécier d'excellents moments de comédie, mais souvent l'impression de n'être qu'un astucieux patchwork de performances d'acteurs pas toujours au top du fait d'un scénario bancal. Le film a beau être servi par les plus stars des stars, l'un des plus originaux réalisateurs, il ne mérite pas réellement le détour… Pour les acteurs peut-être, mais ne se moque-t-on pas de nous? Ocean's twelve semble n'être qu'un plaisir personnel et le demeure, ne permettant pas aux spectateurs de participer entièrement de celui-ci, dissipant la jubilation première de l'affiche proposée. Portant un regard railleur sur le star system, le film n'en demeure pas moins un film de star system, renfermé sur lui-même, distant, où l'on s'ennuie peu à peu, où le plaisir s'estompe de plus en plus… Espérons que la poule ne pondra plus, la consommation de ses œufs se révélant de plus en plus indigeste et simple consommation!
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