Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juillet 2010 Mercredi 28 Juillet | Les critiques de la rédaction : Night and Day---------------------------------------------------------------Un film américain de James Mangold avec Tom Cruise, Cameron Diaz, et Peter Sarsgaard
Genre : Action - Durée : 1H40mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Les temps sont désormais durs pour les stars. Depuis qu'une comète maudite semble avoir frappé de plein fouet la galaxie hollywoodienne, où le simple nom d'une star pouvait suffire à garantir le succès d'un film, il est grand temps de remettre les pendules à l'heure : le public n'est plus dupe. En témoigne la bonne demi-douzaine de bides commerciaux chopés par une flopée de stars à La Mecque du cinéma depuis quelques années, et dont le film présent, NIGHT AND DAY, n'a pas manqué de venir rallonger la liste. Malgré une bande-annonce alléchante et la présence de deux méga-stars à l'affiche, la comédie d'action de James Mangold (COPLAND) n'a pas convaincu les foules aux États-Unis. Faut-il imputer cela à la personnalité de Tom Cruise, devenu moins classe qu'avant depuis ses frasques médiatiques et ses dérapages débilo-scientologues ? Ou alors à Cameron Diaz, certes au top de sa forme l'année dernière dans le magistral THE BOX de Richard Kelly, mais plus vraiment tendance depuis que la belle semblait reléguée à investir ce que la comédie romantique US pouvait faire de pire ? Ou alors au film, tout simplement, dont les promesses n'auraient pas été tenues ? Peut-être, mais peu importe. La sortie tant attendue en France sera peut-être l'occasion de sauver ce qu'il reste de meubles, et, vu le résultat, ça ne manquera sûrement pas d'arriver : en cette période estivale où la détente prend le dessus sur le chauffage des neurones, ce blockbuster tombe plutôt bien au bon moment. Même si la réussite a beau n'être que très relative, la sympathie l'emporte sur tout le reste et les deux heures sur lesquelles s'étire l'intrigue de ce truc bien fun passent aussi vite qu'un cycliste dopé aux hormones de synthèse. Toutefois, ne pas croire pour autant que le simple argumentaire ''fun'' va rehausser ce qui s'avère être l'un des scénarios les plus stupides jamais pondus à Hollywood depuis le début de l'année.
On vous fait le pitch ? Alors accrochez-vous : imaginez qu'en prenant l'avion pour remplir on ne sait quelle mission top secrète, vous piégez une jolie blonde aux yeux bleus revolver (ou aux yeux de Cameron Diaz, ce qui revient au même) pour en faire votre complice involontaire et improvisée, et qu'ensuite, vous passiez les prochaines 24 heures à voyager d'un coin du monde à un autre, en compagnie de la donzelle qui ne pige rien à ce qui se passe, pour échapper aux méchants qui flinguent tout le monde sans qu'on sache pourquoi. Bon, jusque-là, c'est assez classique, mais puisqu'il s'agit de clarifier (et de simplifier) les choses pour ne pas faire cogiter les plus réticents, on insère quelques fondus au noir toutes les dix minutes pour prétexter au changement incessant de décor (ici, une drogue endormissante rend les choses plus faciles), on met deux ou trois enjeux dramatiques vides de sens (Diaz qui déballe sa passion des bagnoles, Cruise qui fait le bilan de ses occasions manquées, etc...), on surcharge le reste d'une vingtaine de scènes d'action ultra spectaculaires (à peu près une toutes les cinq minutes : bonne moyenne), on minimise le budget en finalisant la plupart des incrustations sur fond vert (parfois, la laideur des arrière-plans crève les yeux) et on valide tout cela par une intrigue si rapide qu'elle en arrive même au final à nous faire oublier ce qu'elle est censée raconter. On aura pigé qu'il s'agit en gros de récupérer une sorte de super-pile Duracell qui surchauffe quand on la touche, laquelle est l'objet de pas mal de convoitises. N'importe quoi, mais cela n'a aucune importance : Tom Cruise nous prouve une fois de plus à quel point il sait sortir son sourire Colgate et imiter Action Man quand on lui donne les moyens de le faire, Cameron Diaz nous confirme une fois de plus qu'elle peut être franchement hilarante quand on lui donne les moyens de se lâcher, et les scènes d'action en foutent plein la gueule malgré une mise en scène impersonnelle au possible. Globalement, NIGHT AND DAY fait le même effet qu'un hamburger réchauffé : on connaît le goût par coeur, on finit un peu par s'en lasser, mais au fond, quand on ne sait pas quoi manger d'autre, ça fait toujours plaisir d'y goûter. Mais comme on le disait précédemment, deux stars glamour qui s'éclatent à l'écran et qui en font des caisses dans le clin d'oeil complice au spectateur, cela suffit-il désormais à faire un film ? Peut-être est-il enfin grand temps qu'Hollywood change ses habitudes...
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