Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juillet 2010 Mercredi 14 Juillet | Les critiques de la rédaction : Predators---------------------------------------------------------------Un film américain de Nimrod Antal avec Adrien Brody, Topher Grace, Danny Trejo et Laurence Fishburne
Genre : Action - Durée : 1H40mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Pas facile de savoir comment recevoir ce nouveau PREDATOR. Nullement comme un remake, puisqu'on s'apercevra vite qu'il s'agit plutôt d'une suite plus ou moins directe au chef-d'oeuvre de John McTiernan. Non plus comme un véritable reboot de la franchise, même si certains ajouts viennent enrichir la mythologie d'origine sans la trahir. Non plus comme un vrai survival réflexif, étant donné que le film ne s'écarte jamais vraiment de son canevas de série B étouffante. Alors, que faire ? Eh bien, c'est difficile, on le répète. Ce qui crève les yeux à la vision de ce nouvel opus, c'est de constater à quel point la franchise, après s'être fait atomiser de façon lamentable par deux cross-over pourraves où les Aliens cherchaient des noises aux Predators (ou l'inverse), n'avait pas besoin de relancer une résurrection perdue d'avance. Entre le classique insurpassable de McTiernan et tout ce qui aura suivi après dans la saga, le fossé est énorme, et le souvenir du premier film reste encore plus puissant que jamais. Pour autant, il semble que Robert Rodriguez et Nimrod Antal aient été conscients de cela, tant leur film suscite à la fois un vrai plaisir nostalgique et une (très) légère sensation de renouveau : PREDATORS est un blockbuster soigné et honnête, mais avec le cul entre deux chaises, ne sachant pas toujours si l'hommage doit prendre le pas sur le rythme (ou l'inverse). Cette confusion se ressent assez fortement dans le scénario, à la fois fascinant et improbable : après avoir dégringolé du ciel en parachute, une dizaine de personnages s'écrasent sur une planète inconnue, entièrement pavée par une jungle à la fois luxuriante et menaçante, sans savoir pourquoi ils sont arrivés ici, et vont peu à peu découvrir que cette jungle n'est qu'un énorme terrain de chasse, les transformant en proies idéales pour des Predators en quête de trophées. Le temps d'une première demi-heure assez pataude, on se demande presque si J.J. Abrams n'aurait pas réalisé le film en sous-marin, tant l'ensemble ressemble à s'y méprendre à un mauvais épisode de ''Lost''. Tout est là : la menace invisible, la jungle luxuriante, les personnages qui ne s'entendent pas mais qui vont devoir s'entraider, etc... Sur ce dernier point, ainsi que pour l'idée d'un survival en huis clos où chaque personnage a une fonction précise, même le CUBE de Vincenzo Natali semble présent dans chaque cadre.
Le jeu des sept références s'arrête pourtant assez vite, et le scénario, enquillant les dialogues sans intérêt et les prestations d'acteurs assez mauvaises (dont un Laurence Fishburne au-delà du ridicule), devient vite accessoire. La suite se résume finalement à une pure série B sauvage, bien violente et particulièrement immersive comme on peut souvent en raffoler, grâce à laquelle Antal dévoile toute sa science de cinéaste intègre. Le bonhomme exploite son décor avec beaucoup de brio, utilise tout ce qui est à disposition (moiteur, feuilles, humidité, branches, lumière...) pour amplifier la tension et étoffer son univers, ose des mouvements de caméra assez virtuoses lors des quelques scènes d'action qui parsèment le film, et tente de retrouver par instants la classe visuelle des meilleurs survivals grâce à une superbe photographie en clair-obscur (le film joue beaucoup sur le contraste entre lumière et obscurité). Comme cela pouvait être le cas avec BLINDES ou KONTROLL, Antal prouve qu'il sait tenir une caméra et que les caractéristiques d'une mise en scène réellement élaborée n'ont aucun secret pour lui. Reste que cette science filmique est contrebalancée par une trame narrative inintéressante, jouant platement sur le mystère et les perceptions jusqu'à une scène finale en queue de poisson, ce qui laisse à penser que d'autres épisodes sont déjà prévus pour la suite. Très bien que les scénaristes du film aient choisi de ne pas jouer la carte des révélations (en quelle année sommes-nous ? cette planète est-elle vraiment celle des Predators ? pourquoi les personnages ont-ils été choisis pour y aller ?) et de laisser le spectateur libre d'extrapoler à sa guise sur ce qu'il se passe, mais on conserve sans arrêt une sensation de piétinement, comme si l'on tournait un peu en rond sans trop savoir quoi penser de l'affaire, d'autant que le film est assez prévisible et avare en terme de surprises. Objet à la fois honorable et boiteux, PREDATORS restera sans doute une jolie énigme, même si la curiosité de découvrir une suite laisse à penser que la tentative, en plus d'être risquée, n'était pas totalement vaine. On s'attendait à beaucoup mieux, mais soyons honnêtes, ça aurait pu être pire...
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