L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Pauline
Après s'être penchée sur les berceaux de l'excellent Mensonges et trahison et de l'inégal Jeux d'enfants, la fée Amélie Poulain semble avoir touchée Gilles Lelouche et Tristan Aurouet qui signent avec Narco un film noir, une agréable surprise, aux personnages passionnants - rappelant par leur originalité et leur présentation leur bonne fée - , qui se révèle malheureusement inégale, à moitié convaincante, à moitié intéressante. Exit le gag du gars qui s'endort à chaque moment intéressant de sa vie, les portraits (absolument!) savoureux des proches de Klopp, du groupe de thérapie, l'histoire de ce dernier racontée par lui-même en voix-off, le scénario s'enlise dans des enfantillages, dans une morale facile et ennuyeuse, heureusement redressée par une fin intéressante, rappelant par sa noirceur le début. Un film à demi réussi donc, ce qui est bien dommage, au vu de la première partie, excellente (!), où les acteurs nous gratifient de superbes moments, de scènes où tout leur comique peut s'exprimer, où de petites merveilles se lient les unes aux autres créant une histoire loufoque, burlesque, en demi-teinte et drôle à souhait. La frontière entre le réel, l'ennui, le travail et les rêves, le fantasme, l'imaginaire est exploitée au maximum pour notre plus grand plaisir. On entre de plein pied dans un univers de BD, de ciné, de rêve, totalement psychédélique, où l'imagination de Klopp fonctionne à 100 à l'heure, et où le réel revisité, transformé n'est pas en reste, source d'aventures et parfois plus fou que les rêves eux-mêmes. On se perd en effet, le rêve semblant parfois plus proche de notre quotidien, la frontière s'abolissant, le film nous invitant dans un monde nouveau, surprenant, passionnant, de folie pure, auquel le héros se confronte, qu'il redessine en s'endormant, qu'il oublie dans ses songes. Narco, est-ce l'histoire d'un homme qui refuse de grandir? Le parcours d'un grand enfant qui va apprendre à accepter ce monde de dureté et de complexité qu'est le réel? Une chose est sure, ce film est bien l'œuvre de grands enfants, qui magnifient le quotidien pour mieux nous faire rire, qui le métamorphose en rêve pour mieux le critiquer et qui ont eu la (l'excellente!) bonne idée de faire appel à un trio d'acteurs inattendu : Zabou Breitman, sublime et émouvante; Benoît Poelvoorde, magistral, drolatique et touchant; Guillaume Canet, un peu mou, bedonnant, transmettant fatigue et ennui à son personnage, insufflant vie et magie lorsque ce dernier s'énerve. Et puis on retiendra un François Berléand à mourir de rire, un Jean Pierre Cassel explosif ou encore l'apparition de Mélanie Doutey : un panel de personnages drôles, attachants, émouvants, sincères, peints par petites touches, proche de la caricature, mais jamais caricatures, ni grotesques ou inhumains, aux nombreux problèmes, à la personnalité contrastée, riche et fouillée, à la cupidité surdimensionnée chez certains, aux différences indéniables, qui composent ensemble et détonnent dans cet univers étrange, portraituré par une caméra entre humanité et délire, nous le présentant cupide, noir, esquissant un monde cruel où des êtres insatisfaits tentent de le recréer, affirmant par là même leur cruauté et leur égoïsme, une vision pessimiste, mais enrobant le tout d'une lumière originale, d'un humour corrosif, d'un cynisme prêtant à sourire; servis par des acteurs amusants, plaisants, exceptionnels dans des situations explosives, filmés dans des décors kitsch, comme dans un rêve éveillé. C'est ce que vit le spectateur la première moitié du temps, puis le film s'essouffle du fait d'un scénario bancal, inachevé, qui s'embourbe dans ses gags à répétition, dans la facilité, n'innovant plus. On n'est d'autant (extrêmement!) plus déçu, le début étant si jouissif, un vrai bonheur où peuvent s'exprimer de superbes personnages pittoresques, singuliers. Un humour noir et un univers de délire s'articulent ainsi créant une œuvre fantasque et surprenante, que j'ai véritablement appréciée, malgré une baisse de rythme dans la seconde moitié de l'œuvre. Prometteur et singulier, cet outsider français mérite vraiment d'être découvert et apprécié! Malheureusement parfois mal taillé, Narco demeure un petit bijou d'originalité!
| Par André
Ca commence bien et au sein d'images percutantes, les gags font mouche! Ce n'est pas que je me gausse particulièrement des narcoleptiques car j'ai travaillé dans une autre vie avec un brave type atteint de cette affection, et croyez-m'en, ce n'était pas la miséricorde qui était de mise à son propos lorsqu'il s'endormait au milieu d'une conférence de direction. Mais passons! Le début de "Narco" est intéressant grâce aux situations commentées avec humour et très bien filmées par des gens d'expérience. Mais au fur et à mesure, le film se perd malgré les efforts frénétiques de ses excellents comédiens, et se clôt dans un magma de scénario, d'une rare indigence. Enfin, je retiens une photographie incisive, une excellente Zabou Breitman, Guillaume Canet qui fait ce qu'il peut, un François Berléand inédit et Benoît Poelvorde en pleine action, se caricaturant quasiment.
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