Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2010 Mercredi 10 Février | Les critiques de la rédaction : Ninja Assassin---------------------------------------------------------------Un film américain de James McTeigue avec Ji-Hoon Jung, Naomie Harris, Togo Igawa, et Rick Yune
Genre : Action - Durée : 1H39 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Il est désormais bien loin, le temps où les frères Wachowski révolutionnaient le cinéma à grand spectacle à grands coups de bastons digitales et de philosophie spirituelle. Or, on finit par oublier que MATRIX, ça n'a certes pas pris une ride, mais ça remonte quand même à onze ans. Désormais, force est de constater que les deux frangins surdoués n'ont plus trop la côte à Hollywood : le four intergalactique de SPEED RACER, la post-production chaotique de V POUR VENDETTA, le remontage d'INVASION, et maintenant ce NINJA ASSASSIN dont les premiers avis n'étaient pas particulièrement élogieux. Et au vu du résultat, on comprend vite pourquoi. Pour bien mesurer l'échec du projet (confié une nouvelle fois à James McTeigue), mieux vaut revenir aux origines du personnage de ''ninja''. Parce qu'a contrario des samouraïs obsédés par leur code d'honneur, les ninjas se sont très souvent caractérisés comme des tueurs impassibles et expéditifs, d'une violence implacable derrière leur carapace séduisante. Le genre de personnage que le charisme et l'ambiguïté suffisent à rendre passionnant. Or, à force d'être recyclé un peu n'importe comment au travers des nanars avec Brandon Lee ou des mangas animés à la ''Naruto'', le ninja avait fini par perdre pas mal de sa superbe pour devenir un simple argument de série B (au mieux) ou un sous-produit commercial (au pire). Toujours est-il qu'avec Andy et Lana (eh oui, cette fois, c'est sûr, il ou elle ne s'appelle plus ''Larry'' !) à la production, on attendait un revival brutal et salutaire. Peine perdue : malgré des intentions a priori louables, NINJA ASSASSIN n'est rien d'autre qu'un film impersonnel sur lequel il est d'ailleurs inutile de s'attarder trop longtemps.
Certes, on ne donnait pas cher du scénario, énième histoire de tueur impitoyable qui veut échapper à son ancien clan et zigouille donc tous ceux qui osent lui barrer le passage, sans oublier d'emballer la femme-flic qui tombe sous son charme de bel étalon huilé. Il faut bien admettre qu'il n'y avait pas de quoi révolutionner l'art du ninjitsu avec une intrigue aussi mince, qui plus est aussi captivante à suivre que la dernière série Z avec Dolph Lundgren. Même pour ce qui est des dialogues (assez cons pour la plupart), on frôle le degré zéro, surtout au même moment où un film comme LA HORDE revendique efficacement sa filiation bourrine avec un certain cinéma de genre violent et anticonformiste, en dépit d'un crucial manque de moyens. NINJA ASSASSIN est tout l'inverse : juste un film opportuniste à 900 patates qui se repose sur un schéma connu sans y apporter un vrai point de vue. Le choix de la superstar locale Rain (aperçu dans SPEED RACER et JE SUIS UN CYBORG) en est une belle illustration, sans compter la présence des vieux briscards Sho Kosugi et Randall Duk Kim. Mais quoiqu'il arrive, on ne s'intéresse à rien, tant tout est prévisible, ennuyeux et pas original pour une caouette. Ne reste alors qu'à tout miser sur le gore, les membres arrachés et les corps dézingués à la lame blanche pour trouver un quelconque sursaut. Pourtant, pas sûr qu'on y gagne quelque chose tant les scènes d'action puent le formatage hollywoodien, gavées d'effets de style poussifs et de trucages digitaux totalement inutiles, malgré une dernière demi-heure qui dépote pas trop mal. Si c'était pour voir du ketchup numérique sur grand écran, autant se taper un bon jeu vidéo bien gore sur PS3. Si c'était pour jubiler devant des scènes de baston hystériques, autant éviter ce genre de blockbuster brouillon, filmé et monté avec une tronçonneuse dans la main droite, et surchargé de violence gratuite. Dans les deux cas, bien que le résultat n'ait même pas le mérite d'être réellement désastreux, il ne suscite qu'une indifférence polie, ce qui, en y réfléchissant bien, passerait presque pour la pire des critiques.
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