Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2010 Mercredi 03 Février | Les critiques de la rédaction : Planète 51---------------------------------------------------------------Un film espagnol de Jorge Blanco, Javier Abad, et Marcos Martinez avec les voix en VF de Vincent Cassel et des frères Bogdanoff et les voix en VO de The Rock, Jessica Biel, et Justin Long.
Genre : Animation - Durée : 1H30 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
En termes d’amers constats, PLANETE 51 ne se pose pas uniquement là comme l’un des plus mauvais films d’animation qu’il nous sera donné de voir cette année : parallèlement, il est aussi et surtout la première création d’un tout nouveau venu dans ce secteur ultra-concurrentiel. Certes, tout passionné d’animation aura vite fait d’oublier très vite de suivre les futurs projets des studios Ilion, mais aura d’ores et déjà appréhendé une note d’intention que l’on croirait pompée sur la ligne éditoriale de Dreamworks, l’honnêteté en moins. Les premières minutes ne laissent aucun doute à ce niveau-là, PLANETE 51 nous plongeant directement dans la vie d’extra-terrestres aussi humains que vous et moi.
Dans GANG DE REQUINS, ce sont les poissons qui avaient une salle de gym au centre-ville, commandaient des pizzas en écoutant du Sean Paul après avoir accompagnés les bambins à l’école. Ici, rebelote sans les écailles : maman E.T donne son biberon à bébé E.T pendant que papa E.T prépare le barbecue, frère E.T va au cinéma voir un film… sur des humains qui envahissent sa planète, le facteur E.T distribue les journaux et le policier E.T s’occupe de l’ordre de sa chère ville.
Et si nous avons là un programme qui constitue le degré zéro de la création, ce n’est rien à côté d’un récit essentiellement structuré par le recyclage facile de références cinématographiques mal digérées. E.T, RENCONTRES DU TROISIEME TYPE, L’ATTAQUE DE LA FEMME DE CINQUANTE PIEDS, 2001 ou même CHANTONS SOUS LA PLUIE seront régurgitées à l’envi avec un je-m’en-foutisme qui confine au cynisme pur et simple. Aussi véridique que Wall.e et la mythique créature d’ALIEN sont convertis en chiens domestiques qui se reniflent le derrière entre deux parties de lancers de baballes. Inutile de préciser que nous avons ici dépassé le stade de l’hallucination, et serons au final à peine surpris de constater l’apport de Joe Stillman à l’écriture du script. Le scénariste des deux premiers SHREK ne s’arrête d’ailleurs pas en si bon chemin et présente nos amis les aliens comme des êtres bêtes et sous-évolués, dont les connaissances rudimentaires de la médecine et de l’astronomie seront actualisées par la venue de l’humain arborant fièrement son drapeau américain. Avec tout ce que cela implique de peur d’un Twix ou de la Macarena.
« Quand est-ce que vous allez enfin évoluer ? », questionnera l’être supérieur. Une interrogation que l’on serait en droit de marteler aux concepteurs de cette chose. Aux enjeux inexistants du récit et aux ressorts comiques vus 3074 fois ailleurs depuis vingt ans, difficile d’opposer une animation dépouillée et une mise en scène usant de gimmicks poussiéreux (les arrivées de la copine du héros et de l’astronaute sont de grands moments de solitude) : PLANETE 51 est une chose simplement irregardable.
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