L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Pauline
La grande classe! Subtil, noir, profond, au scénario et à l'intrigue bien huilés, à l'interprétation impeccable, à la mise en scène classique, propre, mais magnifique, 36 quai des orfèvres n'est pas un film, mais une atmosphère, une présence, dans laquelle on rentre de plein pied, où le plaisir et le suspense sont immédiats. Servi par des acteurs somptueux, inspirés, de vraies gueules qui font vivre leurs personnages et frémir le spectateur, le film présente une réalité bouleversante, terrifiante, sanglante, sombre, où s'entremêlent justice, pouvoir, rancœur, passion. Des ripoux émouvants aux vrais méchants, en passant par les blasés sensibles, le film s'attache à chacun de ses personnages, leur offrant force et faiblesse, émotion, humanité, texture et finesse. De Auteuil à Dussolier, en passant par Depardieu, Golino et Zem (pour ne citer que les plus connus), tous sont sublimes, émouvants, magistraux : des monstres du cinéma, au service d'une tragédie éclatante, lumineuse de fureur, de noirceur! Quel plaisir de les voir jouer, incarnant les travers, les doutes, les tensions, les interrogations, les bassesses de la police et par extension de la société. Un excellent polard, un vrai policier, aux répliques bien senties, acerbes, amusantes et anticonformistes, aux images sombres, aux plans et à la musique habités, frissonnants de réalisme, angoissants , 36 quai des orfèvres est une réussite! Plongez un instant dans cet univers où la société, la réalité et la dénonciation de ses travers n'ont jamais été aussi bien servi que par le ciné, ou le contraire…A ne pas manquer!
| Par Jacques COULARDEAU
La police n'est plus ce qu'elle était au temps des signaux de fumée. Ce film sur la police française réécrit Maigret au temps de l’internet, des téléphones portables et des armes d’assaut. La criminalité a changé. Il s’agit de bandes de professionnels entraînés dans les guerres locales à travers le monde en tant que mercenaires sans patrie et sans âme. Ils connaissent le métier si bien qu’ils sont capables de réussir un coup en moins de cinq minutes. Ils ont appris toutes les ficelles techniques de notre âge du gigantisme communicationnel et technique. Pourtant ce film porte un regard beaucoup plus précis sur ce que la police, cette grande famille, est devenue de ce fait. Les Ripoux ne sont plus des écrémeurs de quartier. Pour combattre ce banditisme moderne ils ont du apprendre les mêmes techniques et infiltrer ces milieux en se fondant dans le paysage. Ils ont importé les mentalités des voyous dans la police elle-même. Ce sont des clans qui s’affrontent pour une faveur, une promotion, une information, une piste. Des clans qui ne connaissent que l’instinct de survie, l’ambition, la jalousie et la haine. En sont-ils plus ou moins efficaces ? Probablement pas moins si la fonction de la police est de maintenir le banditisme sous contrôle et de lui poser des limites à ne pas franchir. Probablement pas plus car ces luttes de clans font perdre un temps fou par des doublons d’enquête et des initiatives incontrôlées, une énergie immense en rivalité et guerre intestine, et surtout des vies humaines en uniforme que ce soit par la mort ou par le découragement et l’abandon. Pires encore sont les conséquences sur les proches de ces flics des temps modernes : les femmes et les enfants deviennent des cibles directes des bandits eux-mêmes mais aussi des collègues qui veulent arriver au sommet, enfin plus haut, même s’ils doivent marcher sur des cadavres. Et la police des polices ne règle rien car elle est soumise à la hiérarchie, à l’image de marque et à toutes les pressions dont un bon nombre sont politiques. Il n’y a pratiquement pas un seul élément qui rédempte qui que ce soit. Les flics se trouvent trop souvent pris entre le marteau de leurs résultats obligatoires et l’enclume de leurs informateurs qui sont des criminels qui ont leurs propres motivations pour jouer à la balançoire. Oui, Maigret n’est plus ce qu’il était et le quai des orfèvres est devenu un repaire plus qu’une maison de verre. Un film qui devrait encourager ceux qui croient que nous sommes sans cesse en sursis sous l’épée de Damoclès de la police, ou même des polices, qu’un complot permanent contrôle le monde et menace nos vies.
| Par André
Je présume que nombre de critiques patentés vont grogner envers ce "polar" à la française, lequel, pourtant, me paraît tout à fait honnête par rapport à ses équivalents made in U.S.A.! En tous cas, l'action est au rendez-vous, et malgré quelques obscurités au fil du scénario, ce " 36" demeure, sinon passionnant, toujours intéressant. La réalisation d'Olivier Marchal fait preuve de dynamisme, la photographie est excellente, glauque, humide, contrastée avec réalisme, tout comme le décorum qui entoure cette dramatique, prise de possession du pouvoir. Quant à l'interprètation, elle mérite tous les éloges par son naturel, sa crédibilité, au point qu 'on en arrive vraiment à haïr un Depardieu particulièrement convaincant, tout comme Daniel Auteuil et sa bande de mal-rasés, André Dussollier révoltant d'arrivisme, et une excellente Mylène Demongeot.
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