L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
ANARCHISTE PLUS QUE CONSTRUCTIF. On attend toujours Michael Moore au virage et il est important de le prendre dans sa langue originelle car il est souvent très mal doublé ou sous-titré. Ici encore Michael Moore est émotionnel, sensible, même presque excessif dans son romantisme, mais il n’est que romantique. Il mêle à la perfection les référence chrétiennes, socialistes, anarchistes, celles aux Pères Fondateurs et celles aux Constituants (américains bien sûr), sans oublier F.D. Roosevelt, en oubliant Abraham Lincoln. Mais il fait comme si une citation d’un des Constituants qui écrivaient la constitution pour le « peuple » américain dont étaient exlues les Noirs, les femmes, les Indiens, et tous ceux qui n’avaient ni propriété mobilière ou immobilière et qui ne payaient pas d’impôts, avait une valeur éternelle, et bien sûr toujours la même, celle que l’on veut bien aujourd’hui lui donner. Bien sûr que cette constitution a été améliorée et que l’on peut la lire autrement aujourd’hui, mais la pensée de ces Constituants ou Pères Fondateurs ne peut pas être coupée de leur contexte. Cela transforme son discours émotionnel en un patchwork de bribes et de morceaux qui n’ont aucune logique réelle et manquent d’homogénéité dans le temps et l’espace. En d’autres termes il tue le pauvre oiseau misérable qu’est le vautour capitaliste avec non pas une pierre mais une bonne douzaine plus quelques balles et même une roquette. Et cela tue en même temps le bien fondé de sa démonstration qui devient un accumulat par anachronisme systématique. Bien sûr que le capitalisme dans sa seule cupidité est exécrable, mais Moore jette en même temps l’économie de marché, qui pourtant est là pour rester car elle est là depuis des dizaines de milliers d’année, puisque l’espèce humaine est une espèce économique depuis l’homo sapiens. Le capitalisme n’est qu’un mode de gestion de cette économie de marché et cela Michael Moore ne semble pas le voir. Si bien que le message d’avenir est pour le moins flou. Est-ce une forme coopérative de gestion de l’économie de marché ? Est-ce une participation accrue des représentants syndicaux ouvriers dans la gestion des entreprises ? Est-ce même une forme étatique de gestion ? Le discours ne mène à aucune issue claire, même si pouvant contenir des options différentes. C’est alors un discours anti et non un discours pour. Et on ne peut pas nous enlever des oreilles que ses esbroufes autour de Wall Street ne sont possibles que parce que les banquiers, les traders et même la police le laissent faire, car il a du acheter les droits de filmer, comme cela se fait dans toutes les villes civilisées du monde. Le message est donc intéressant mais flou et sans ouverture sur l’avenir.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Emmanuelle Etienne
Après le port d'armes aux Etats-Unis (Bowling for Columbine), la guerre en Irak (Farenheit 9/11), et le système de santé américain (Sicko) Michael Moore s'attaque à un nouveau problème de taille : la crise économique. Comme à son habitude le cinéaste nous propose un documentaire divertissant où la mise en évidence de scandales politiques est traitée aussi bien de manière journalistique que de manière humoristique.
Malheureusement comme à son habitude également Moore a tendance à simplifier à outrance des sujets complexes. Son film, qui aurait pu s'intituler « le capitalisme pour les nuls », ne fait que mettre en exergue le combat des pauvres ouvriers contre le gouvernement qui s'en met plein les fouilles. Même s'il existe un fond de vérité dans ces affirmations, tout ne peut pas être aussi évident. Il existe beaucoup de cas particuliers qui auraient permis de nuancer le discours et dont le réalisateur a choisi de faire abstraction.
Moore se met réellement en position de donneur de leçons et achève son film sur un propos moralisateur beaucoup trop extrémiste nous présentant le capitalisme comme étant le mal incarné qu'il faut absolument éradiquer de notre société pour pouvoir survivre. Il reste le documentaliste qu'on a toujours connu, un investigateur au culot démesuré mais à la parole trop démagogue. Un pamphlet sur le pouvoir du fric qui nous fait passer un agréable moment mais qui n'arrive pas à supplanter la claque qu'on était « Bowling for Columbine » ou « Farenheit 9/11 ».
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