Sorties cinéma Sorties Cinéma en Nov. 2009 Mercredi 25 Nov. | Les critiques de la rédaction : Le Drôle de Noël de Scrooge---------------------------------------------------------------Un film américain de Robert Zemeckis avec les voix en VO de Jim Carrey, Gary Oldman, Colin Firth, Robin Wright Penn, et Bob Hoskins
Genre : Animation - Durée : 1H35 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
|
| Par Guillaume Lasvigne
Contrairement à ce que l’on serait tenté de croire en s’adonnant à la lecture de 90% de la presse, écrite ou électronique, demeure néanmoins la certitude suivante : LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE n’est pas un film d’animation. Et oui, sans un soupçon d’investigation, ou tout simplement en suivant avec professionnalisme l’actualité d’un sujet qu’ils sont censés connaître, il était bien évident que Le Monde, Le Figaro, L’Express ou bien plus grave : Première, ne sauraient expliquer mieux que le dossier de presse en quoi les images du film, obtenues grâce au procédé de performance capture inauguré sur LE POLE EXPRESS, ne sont pas résultantes d’un travail d’animateurs mais bien de performances d’acteurs bien réels ! Motion-capture, dessin animé, voix… tous ces termes ne peuvent en aucun cas se suffire à eux-mêmes (quand ils ne sont pas simplement hors-sujet) pour expliquer concrètement la révolution que constitue une telle méthodologie. Il convient donc malheureusement de s’en affranchir sans l’aide des dits spécialistes afin de prendre conscience de l’avancée que nous vivons tous aujourd’hui. Rassurez-vous, nord-cinema ne vous oublie pas, et un dossier sera entièrement consacré à la performance capture à l’occasion de la sortie d’AVATAR, dont le film de Robert Zemeckis ici traité n’est au final qu’un simple apéritif. Aussi apetissant soit-il.
Enième adaptation de la nouvelle éponyme de Charles Dickens, A Christmas Carol en VO, LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE ne restera pas dans les mémoires pour le récit qu’il met en images. Quiconque aurait lu sa version manuscrite ou ne serait-ce que vu le moyen-métrage des studios Disney de 1983, LE NOEL DE MICKEY, se retrouvera en terrain connu dans lequel aucune surprise ne sera à attendre. Et c’est bien là le « défaut » majeur du film, Robert Zemeckis ne s’en servant que de prétexte à l’étalage de sa créativité artistique. C’est bien simple, l’émotion y est totalement absente : après avoir pris conscience que rien ne viendrait mettre à mal l’esprit et l’identité de l’histoire originale, on oublie littéralement le fond pour apprécier l’essentiel.
Un mal pour un bien qui fera passer la performance capture comme gage absolu de qualité. Le réalisateur le dit lui-même : seule l’imagination de l’auteur constitue une limite à ce procédé qui tend à se démocratiser. Et après l’ultra-épique LA LEGENDE DE BEOWULF, mais surtout à trois semaines de la sortie du dernier film de James Cameron, utilisant en grande partie ce procédé, on ne peut que prendre un pied monstrueux en s’imaginant quels récits pourront y être adaptés dans le futur, les capacités démontrées dans LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE sonnant comme une évidence absolue.
A l’époque d’APPARENCES, ou même de CONTACT, Robert Zemeckis se plaisait déjà à multiplier les mouvements de caméra virtuoses, annihilant toute contrainte physique et faisant du même coup de sa caméra un point de vue réellement omnipotent, à savoir le sien. Le cinéma virtuel (autre nom donné à la performance capture) lui offre depuis LE POLE EXPRESS cette liberté totale à laquelle il aspirait alors, et la relative timidité de sa mise en scène dans le film précité est désormais bien loin. C’est bien simple, le bonhomme s’amuse comme un fou avec sa caméra (qui n’en est pas une, nous y reviendrons ultérieurement) et défie les lois de la prise de vue avec une rare ingéniosité. De ce plan-séquence aérien (où l’objectif se permet un rapide arrêt… à l’intérieur d’une vitre, ni plus ni moins) nous présentant le Londres du milieu du XIXème siècle… à un autre, à hauteur d’homme et où l’on traverse une foule pour stopper notre course devant un Ebenezer Scrooge esseulé, LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE s’autorise dés lors des partis-pris de découpage simplement hallucinants. Le tout avec une cohérence narrative absolue, comme lors de la visite du fantôme des Noëls passés où l’antihéros, étouffé par d’insupportables souvenirs, se voit traduite à l’image par un plan-séquence de plus de dix minutes, dans lequel la caméra multiplie les mouvements avec une grâce à peine croyable, au gré d’apparitions et de disparitions de personnages, quand ce n’est pas simplement l’architecture qui y est totalement renouvelée. En l’état, c’est purement orgasmique, les idées visuelles foisonnant sans nous laisser le moindre répit. On se prend même à se demander si le cinéaste fait consciemment sien un passage du THE LODGER d’Alfred Hitchcock, film muet dans lequel ce dernier représentait visuellement les bruits de pas qu’entendaient les personnes se trouvant à l’étage en dessous. En termes de point de vue littéralement divin, c’est un hommage justifié que constituerait la venue du fantôme des Noëls présents. Quand bien même, le découpage de la séquence permet des compositions de cadres (dans le cadre) purement logiques vis-à-vis du contexte dans lequel est placé le personnage.
Jim Carrey retrouve à ce titre un rôle digne de son talent, prenant un plaisir communicatif à passer de la composition inédite que lui confère le rôle de ce vieillard aigri, à celui, purement corporel, du fantôme des Noëls à venir. Une idée de casting inédite qu’autorise seulement ce cinéma virtuel, qui renforce la suspension d’incrédulité jusqu’à des fins insoupçonnée. Seul bémol, le regard de certains personnages ne rend pas encore tout à fait justice à un casting en tous points impeccable.
Tant est si bien qu’au final, le plaisir du film n’est procuré que par l’image, par un procédé simplement extraordinaire dans sa finalité et dans les possibilités esthétiques, narratives ou spatiales qu’il autorise. Le cinéma d’auteur ultime en somme, dans lequel LE DROLE DE NOEL DE SCROOGE fait déjà très belle figure. En des termes sensoriels, on n’en est même qu’aux débuts. Rendez-vous le 16 décembre.
| Par André Ruellan
Fascinant et terrifiant, tant ce film restitue visuellement le conte de Noël de Charles Dickens. Je me souviens l'avoir lu dans ma jeunesse et je me rappelle encore ces épisodes extraordinaires où le vieux Scrooge est entraîné par les spectres de ses précédents Noëls.
Et encore, je n'ai pas vu cette animation en relief: compte tenu les multiples voyages dans l'espace des personnages, ce doit être vraiment étourdissant.
Sinon, quelle maîtrise du mouvement et de l'incrustation des acteurs réels trafiqués par ordinateur et inclus dans de splendides décors auxquels le réalisateur donne un rythme inlassable et crédible ô combien. Ces comédiens affublés de combinaisons spéciales et de casques pour la prise de vue sur fonds verts, ont bien du mérite et du talent et on arrive même à retrouver leurs traits. La musique est très présente et le doublage en français remarquable. Mais attention aux cauchemars malgré un final plus serein!
|
|
| |