Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2009 Mercredi 28 Octobre | Les critiques de la rédaction : Clones---------------------------------------------------------------Un film américain de Jonathan Mostow avec Bruce Willis, Radha Mitchell, et Rosamund Pike
Genre : Science-Fiction - Durée : 1H25 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Guillaume Gas
On n'attendait rien d'un film pareil, on avait finalement tort. Mais ne pas y voir non plus un événement, car l'origine de cette surprise vient d'ailleurs. Pour être plus clair, le simple fait que CLONES sorte à peine un mois avant la méga-claque probable de James Cameron (AVATAR, pour tous ceux qui l'auraient déjà oublié) suffit à rendre ce film de SF plus passionnant que prévu. Il est vrai qu'avec une histoire pareille, on craignait plutôt de revisiter les poubelles du navrant ULTIMATE GAME, autre blockbuster où la génération MMORPG contrôlait à distance (et en live) des condamnés à mort dans un vaste jeu de guerre ultra-bourrin. Ici, l'idée reste la même, à la seule différence que l'humanité toute entière s'est désormais tournée vers les avatars bioniques, leur permettant d'avoir à l'extérieur la vie dont ils ont toujours rêvé, pendant que leurs corps organiques restent pépères à la maison... Formulons d'emblée une hypothèse, qui risque d'ailleurs d'être remise en question lors de la sortie du film de Cameron : et si l'existence d'un ''avatar'' était finalement devenue la clé de cette mutation qui semble aujourd'hui animer le cinéma moderne ? A une époque où le 7ème Art, revigoré par le revival de la 3D ou les progrès technologiques engendrés par la technique de ''performance capture'', semble se remettre en question, on remarque que c'est surtout la question de l'incarnation qui fait figure de fil conducteur à travers cette mutation technologique du réel. Coup de bol, puisque c'est exactement de cela dont il est question dans CLONES.
Le thème ''incarnation'' est à prendre très au sérieux dès les premières minutes du film, où Jonathan Mostow entretient le doute sur les enveloppes corporelles qui nous sont présentées. Humains, cyborgs, humanoïdes, où réside l'humanité de chacun ? Depuis BLADE RUNNER, la question semble désormais vieille comme le monde, mais ici, Mostow choisit d'aborder un point de vue intéressant : le désir du réel de se réincarner dans un corps qui préfigure très vite son appartenance au virtuel. Ainsi donc, la plupart des clones qui peuplent la Terre sont des êtres élégants et stylés, reflets désincarnés des modes d'aujourd'hui et des fantasmes de chacun, toujours relookés à la sauce Photoshop comme des acteurs de cinéma au visage lisse. A force de gommer tout ce qui pourrait passer pour des imperfections (un corps flétri et vieillissant, une existence médiocre, etc...), ne peut-on pas laisser son humanité disparaître sur un fauteuil high-tech, nous transformant indirectement en zombie ? Reformulons l'idée d'une autre façon, plus intrigante : perdre son enveloppe corporelle au profit d'une enveloppe virtuelle retouchée et remasterisée ne préfigure pas l'imminence du virtuel au sein du 7ème Art ? A travers une réalisation visuellement stylisée qui empreinte à bon nombre de fleurons de la science-fiction moderne (THE ISLAND, MINORITY REPORT, I ROBOT...), CLONES pose la question d'une humanité qui s'évapore dans une société en pleine mutation technologique. Tout comme le film, noyant volontairement son atmosphère sous une épaisse couche de stylisation high-tech où règne le numérique HD, plonge sans cesse ses acteurs dans une cure de jouvence pour le moins curieuse. Le temps du design et de la stylisation semble désormais en marche, et le réel semble regresser.
La simple présence de Bruce Willis dans le rôle principal est en soi un détail particulièrement gratiné. Il faut y voir cet acteur bourrin et charismatique en diable, ici dans le rôle d'un flic dépressif, lequel utilise un clone revitalisé et peroxydé (on se croirait revenu à l'époque de ''Clair de Lune'' !) pour résoudre ses enquêtes avec classe et efficacité. Un peu comme lorsque Brad Pitt se paie un lifting facial numérique dans BENJAMIN BUTTON. Le parallèle avec la carrière de l'acteur n'est pas hasardeux, tant Willis, désormais plus à l'aise dans les rôles torturés ou complexes (avec, au sommet, sa géniale prestation dans INCASSABLE), a finalement évolué malgré lui comme une star has-been en pleine crise de jeunisme, se sentant récemment obligé de renfiler le marcel de John McClane pour un DIE HARD 4 controversé, mais sans jamais retrouver son énergie d'antan. Bruce Willis, star fatiguée ? Pas vraiment, puisque le bonhomme reste un acteur inspiré et souvent très convaincant (c'est le cas, ici), mais le film de Mostow exploite cette piste avec malice et décontraction. Par ailleurs, le film assume pleinement son statut de blockbuster décontracté : entre des détails ridicules (l'arme recherchée par Willis ressemble à un grille-pain quelconque !), des punch-lines bien senties qui proviennent du décalage causé entre clones et humains (on vous laisse les savourer), et surtout, un Ving Rhames en prophète messianique ringard (plus proche d'un reggae-man en fin de carrière que du Morpheus de MATRIX !), CLONES divertit et interpelle par un savoureux mélange de sérieux et de détails qui tuent. Jusqu'à un final quasi apocalyptique qui impressionne la vue et laisse le débat ouvert. De la part d'un artisan aussi talentueux que Jonathan Mostow, lequel n'avait plus donné de nouvelles depuis U-571 et TERMINATOR 3, on n'en attendait pas tant. Son film n'est pourtant que le rejeton d'une époque où le cinéma se clone lui-même, laissant le virtuel prendre le dessus sur le réel. Un rejeton incorrect, mais réjouissant.
| Par André Ruellan
Vraiment, ce scénario est original et pose directement le problème du clonage revu et amplifié par la science-fiction avec un fumet écolo.
Il en résulte un conte musclé de notre temps très dense, bien filmé, dont les décors impressionnants sont le cadre de séquences efficaces, du début jusqu'à la fin, y compris des poursuites époustouflantes, spectaculaires et des scènes urbaines de choix. Bien sûr, il subsiste quelques faiblesses, mais certains plans avec des clones crucifiés ou brulés sur un bûcher ne manquent pas de saveur. On peut palabrer sur les retombées psycho-philosophiques du film, mais je me suis permis de vider mes méninges et de savourer tous ces excès et ces effets en toute quiétude et sans ennui.
Assez mal doublé en français et c'est dommage, Bruce WILLIS passe du rôle de clone bien peigné et frais comme un gardon à la position d'agent du FBI mal rasé, plein de cicatrices et de plaies saignantes mais ça lui va si bien à ce super-man affligé toujours et à jamais de problèmes conjugaux compliqués.
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