L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
La vie, c'est vraiment pas facile. Surtout quand vous partez avec des potes à Las Vegas pour fêter votre enterrement de vie de garçon, avec tout ce que cela suppose de libertés interdites avant le passage devant l'autel. Et au lever du jour, rien n'est plus pareil... A la lecture du pitch de cette grosse comédie déjantée, on pourrait presque croire à un remake du succulent VERY BAD THINGS de Peter Berg (le titre français, VERY BAD TRIP, était sans doute souhaité). Sauf qu'ici, pour clôturer l'enterrement de vie de garçon, ce n'est pas une tigresse SM qui va se retrouver accidentellement pendue au porte-manteau, mais un vrai tigre qui prend possession de la salle de bain de votre suite royale. Avec, en plus de cela, des poules, de la coke, un bébé dans le placard et un blockout complet pour tout le monde. Que s'est-il passé cette nuit ? Point de départ ultra prometteur, propice à une déferlante de gags tous plus crétins les uns que les autres. La pêche est plutôt bonne, puisque le film réussit à dérider les zygomatiques à intervalles réguliers, faute d'avoir réellement quelque chose de novateur à apporter au genre.
Aucune tromperie sur la marchandise : ici, l'humour socialo-déjanté à la Judd Apatow n'a pas lieu. On est dans du gros délire, uniquement conçu pour empiler les situations loufoques, le tout à un rythme si rapide qu'il en deviendrait surhumain. VERY BAD TRIP assume jusqu'au bout sa crétinerie totale, se vautre avec bonheur dans l'humour bas de plafond (ou de ceinture, choisissez...) et réserve quelques gros moments cultes. Le tout avec un trio d'acteurs géniaux et pas connus du tout, qui s'éclatent (la gueule) et nous éclatent (de rire) en permanence. Mention spéciale à Zach Galifianakis, absolument dément dans le rôle du pervers polymorphe de service. Il est certain qu'on aurait adoré un peu plus de sensibilité et de consistance, car l'humour pour l'humour, ça devient un peu lassant à la longue. Avec un Judd Apatow à la réalisation, on aurait certainement touché le gros lot. En l'état, le délire reste tout de même suffisamment dingue et émaillé de répliques tordantes pour qu'on se laisse prendre au jeu, même au-delà du générique de fin. VERY BAD TRIP ? Pour les trois héros, peut-être, mais pour nous, le ''trip'' procure une sensation vraiment agréable.
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