Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juin 2009 Mercredi 17 Juin | Les critiques de la rédaction : Lascars---------------------------------------------------------------Un film français de Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz avec les voix de Vincent Cassel, Diane Kruger, Vincent Desagnat, Omar Sy, et Fred Testot
Genre : Animation - Durée : 1H36 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Wesh wesh, cousin, t'as vu ? Y a les LASCARS qui débarquent au cinoche, et franchement, comment tu vas trop le kiffer, ce film de ouf !... Bon, OK, ça fait un peu relou comme intro, mais l'enthousiasme suscité par ce genre de projet cinématographique est si immense qu'on ne peut s'empêcher de sortir de la projection avec une patate d'enfer, doublée de l'envie de se réciter les répliques entre potes. Mis en scène avec une verve cinglante, une énergie hip-hop et une bonne humeur plus que communicative, LASCARS était à l'origine une série télévisée à très grand succès, devenue culte grâce au Net et donc fin prête à passer par la case cinéma. Pour quel résultat ? Déjà, probablement l'une des deux ou trois meilleures comédies de l'année, bien pêchue et énergique comme on l'espérait. Ensuite, la preuve définitive qu'on peut passer d'un format télévisuel d'une minute trente à un long-métrage d'une heure trente sans que le rythme ne faiblisse au bout d'un quart d'heure. Enfin, l'un des films les plus justes et les plus touchants sur la banlieue, ce qui est de plus en plus rare en ces temps où la caricature grossière se paye la plus grosse part du kébab.
Ni trop dure, ni trop angélique, la banlieue décrite par Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz est ici un microcosme d'une grande richesse, à la fois coloré dans son esthétique et touffu dans les émotions qu'il dégage. Dealers à la loose, caïds détraqués, fumeurs de crack défoncés, flics déjantés, bimbos au look de ''tassepé'' : le film se joue en permanence des clichés pour en éliminer le côté agaçant et en extraire toute la richesse, celle d'une faune éclectique et attachante, toujours en déconnexion vers le futur et encaissant le moment présent malgré les soucis du quotidien. Afin de ne pas prendre les spectateurs pour des baltringues, les deux réalisateurs ont bien pris le soin d'éviter le racolage facile, et les quelques scènes volontairement gonzo (un tournage porno, quelques cojones coincés dans le slibard...) ne sont là que pour épicer le propos du film, finalement assez bien illustré par le tandem principal : derrière leur tchatche facile et leur quotidien morose, Tony Merguez et José Frelate continuent à croire en un avenir meilleur, quitte à prendre des risques et à enchaîner les catastrophes. Le sempiternel message du genre ''il faut croire en ses rêves'' ? Oui, sauf qu'ici, la morale se prend une batte de base-ball dans la tronche avant de finir dans le camion-poubelle. LASCARS n'est pas un film donneur de leçons, c'est simplement un film juste.
Le mélange de textures graphiques (2D, 3D, prises de vues réelles...) crée une atmosphère de dessin animé proprement immersive, réussissant également à fusionner la forme et le fond en un ensemble d'une cohérence absolue. Certaines séquences se payent même le luxe de transcender quelques concepts du film d'action (on notera une course-poursuite dans les ruelles) malgré un budget riquiqui, et on notera que, pour une fois, le concept galvaudé du quiproquo réussit à être réinventé, le montage énergique et le découpage brillant opérés par les deux réalisateurs parvenant à faire passer les pilules les plus graveleuses (le must du film : la scène des oursins sur les fesses !). Le reste, qu'il s'agisse de la bande-son (enfin du bon hip-hop, ça fait trop ''zizir'' !), d'un casting vocal qui nous fait monter au 7ème ciel (mention spéciale à Frédérique Bel et Vincent Cassel, excellents doubleurs !) ou de répliques démentes qui filent le virus du verlan au cortex, ne peut que réjouir tout le monde. Loin des visions tristes ou démagogiques de la banlieue, et contournant efficacement les clichés des productions Besson sur le sujet, LASCARS est une petite bombe d'humour et de justesse, qui nous file la ''hype'' et nous laisse avec un sourire gros comme ça au milieu de la face. Non, sérieux, mon frère, ce film, c'est trop de la balle, tu vas trop le kiffer sur la vie de ma reum !
|
|
| |