Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mai 2009 Mercredi 13 Mai | Les critiques de la rédaction : Anges et démons---------------------------------------------------------------Un film américain de Ron Howard avec Tom Hanks, Evan McGregor, Ayelet Zurer
Genre : Fantastique - Durée : 2H20 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
UN FILM PRODIGIEUX SUR UN LIVRE MEDIOCRE. Le livre était absolument banal et sans réel éclat. Le film a corrigé les excès et a rendu aux enjeux leur pureté que Dan Brown avait oubliés dans une espèce de délire anticatholique. Aussi le beau professeur n’est pas celui qui emporte l’hélicoptère dans les cieux pour ensuite sauter sans parachute, en chute libre donc, directement dans le Tibre et survivre. Le film a supprimé le sentimental du professeur et de la physicienne. Le film a supprimé l’électron libre qu’était le professeur et l’a fait encadrer par les forces de polices normales, ce qui rend ses courses poursuites crédibles. Mais cela permet d’épurer les enjeux de l’histoire. Le premier enjeu est bien sûr scientifique. D’où vient ce monde ? Que l’on croit ou non au big bang de l’antimatière, la question qui reste à régler et que nous ne règlerons pas est ainsi posée : Si big bang il y a eu, d’où vient l’antimatière originelle ? Si par contre l’univers vient de rien, quelle est l’essence et la nature de ce rien qui n’est pas rien puisqu’il a produit l’univers. Le nom donné à ce rien (qui apparaîtra aussi dans le premier cas en réponse à la question posée alors) est secondaire. Ce rien originel a une existence réelle car il a produit l’univers. Ce qui amène alors la question de l’origine de ce rien. Le deuxième enjeu est purement scientifique. La science développe le savoir. La question est de savoir si la capacité à découvrir et inventer de l’homme est innée ou non. D’un côté certains disent que la capacité à penser est inscrite dans nos gènes et est donc héréditaire et ce n’est que la stimulation venue du monde qui produit l’activation de cette capacité. De l’autre ceux qui croient que seule l’architecture des cellules, des organes et du corps tout entier est pour l’essentiel contenu dans les gênes et que c’est la flexibilité et l’adaptabilité de cette structure qui permet l’invention ou la découverte du savoir. Cela implique que la science ne connaît pas la vérité et ne peut pas la connaître. La science ne peut qu’étudier un phénomène naturel, en présenter un modèle qui produit le même effet que le phénomène naturel sans garantie que ce modèle soit la reproduction du processus naturel lui-même. Cet enjeu est énorme car alors se pose la question de savoir si l’homme contient dans ses gênes son propre avenir que le progrès technique amènera à révéler vers de nouvelles découvertes et inventions, ou bien si les inventions et le savoir toujours nouveau permet de réorganiser et de restructurer l’architecture physique et physiologique de la pensée et donc de la développer. Ainsi la capacité langagière est-elle innée dans une boîte noire, ou bien est-elle le résultat de l’utilisation par l’espèce humaine de capacités purement physiologique pour répondre au besoin de communication et de transmission du savoir acquis, nécessairement non transmissible par les gênes et les instincts. Ce film est au cœur d’un débat fondamental. Mais plus encore l’enjeu de la religion est fondamental. Loin de s’enfermer dans le faux débat d’église contre science, de la « purga » du 16ème siècle qui aurait produit une secte vouée à la destruction de l’église catholique, oubliant par là-même que la franc-maçonnerie a été sinon créée du moins largement encouragée par le développement scientifique. Il pose alors le vrai débat de la gestion du monde Une gestion juste peut-elle venir seulement des intermédiaires moyens et donc médiocres dont la société se dote pour gérer son existence, ou bien doit-elle s’en remettre à une hiérarchie éclairée par les besoins et les envies de la base. Le film défend que le mal ne peut venir que des intermédiaires qui sont trop médiocres pour justifier de leur arrivée au sommet mais qui savent utiliser les émois des masses pour s’imposer. Le film défend que le bon dirigeant de l’humanité se doit d’être l’élu d’un système hiérarchisé et se doit aussi d’avoir fait l’expérience directe de la souffrance et du malheur par trop attribué, imposé à la masse en bas de l’ordre hiérarchique. On voit alors que toute organisation qui s’appuie sur la seule base et les seuls intermédiaires ne peut mener qu’à des intégrismes et des sectarismes, voire des bains de sang ou des dictatures. Cet aspect du film est bien sûr celui qui doit être le plus discuté, mais il est hélas indiscutable : les grands tyrans ont été trop souvent élus, ou bien se sont imposés à la force de la violence des masses ou des forces armées. Au risque de déplaire le bain de sang de Robespierre est parfaitement comparable en quantité de sang par semaine à ceux d’Hitler ou de Staline ou de Mao Tse Toung, ou des Tigres Tamouls si l’on veut parler du présent. En un mot, un film assourdissant de modernité.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par André Ruellan
Après le Christ , c'est reparti pour le Vatican, fruit juteux du romancier Dan Brown et du réalisateur Ron Howard. Que sera donc le prochain film ? Notre Dame de Paris ou le Journal d'un Curé de campagne ?
Enfin : sous le prétexte alléchant de mélange du spirituel et de la science, nous voilà embarqué parmi de patibulaires personnages du Conclave, de la Garde Suisse et d'odieux fanatiques qui font griller et noyer des " papabile " au fil d'images dynamiques où le scope se déploie avec tout ce qu'il faut de poursuites, de crimes sadiques et de processions, un truc pour faire visiter les églises romaines par les touristes.
Techniquement, c'est intéressant, mais ce jeu de piste compliqué devient vite assommant, d'autant que nous sommes abreuvés de légendes plus ou moins fondées pour expliquer et justifier cette bouillie pour les chats vaticane, où se mêlent Galilée et Saint Pierre sur le tombeau duquel une super bombe est douillettement posée avant un final pour le moins inattendu.
Ce n'est pas du suspense mais de l'action à laquelle participe Tom Hanks en savant replet mais audacieux, accompagné d'un excellent Ewan Mc Gregor, camerlingue pas très catholique !
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