Sorties cinéma Sorties Cinéma en Avril 2009 Mercredi 22 Avril
DVD du film | Les critiques de la rédaction : Humains---------------------------------------------------------------Un film français de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin avec Sara Forestier, Lorànt Deutsch, Dominique Pinon
Genre : Fantastique - Durée : 1H27 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Rien ne change, décidément. On a beau croire que l'apothéose de films de genre hexagonaux, entamée avec HAUTE TENSION et poursuivie de façon brillante avec FRONTIERE(S) et A L'INTERIEUR, puisse continuer à durer sans date limite de péremption, il y a toujours un intrus qui vient nous rappeler que le cinoche de genre français peut aussi faire preuve d'une incroyable flemmardise. Sous couvert de leur pitch énigmatique propice à de nombreuses attentes (parfois démesurés), deux transfuges des effets spéciaux se sont lancés dans la mise en scène avec la ferme intention d'apporter leur contribution au genre. A vrai dire, dès le départ, on ne sait pas trop quoi penser d'HUMAINS : thrillers surnaturel, survival montagnard ou film d'aventures, impossible de savoir à quoi s'attendre. La déception est d'autant plus grande que le résultat pourrait partir rejoindre les inénarrables BeeMovies et les nanars de Jean Rollin dans le Walhalla des échecs artistiques à la française. Sachez surtout qu'on est plus proche du navrant BROCELIANDE que de DELIVRANCE, ce qui constitue un énorme écart. En même temps, quand on aura raconté de quoi il en retourne, on pourra admettre qu'il y avait de quoi faire une grosse comédie involontaire.
Pour résumer ce gloubi-boulga d'influences mal digérées, une équipe de jeunes archéologues dirigée par Philippe Nahon (et vite rejointe par une famille paumée) va plonger au coeur des Alpes pour une expédition dont la finalité serait la remise en question de l'évolution de l'espèce humaine. Rien que ça ! Sachez qu'en moins de dix minutes chrono, on aura vu le générique, la présentation de chaque personnage, les conflits dans l'équipe, le voyage de Paris jusque dans les montagnes, et la ballade en voiture qui va s'achever par une dégringolade de cinquante mètres dans le précipice. Mais bon, vu qu'on est seulement au début du voyage (en enfer) et qu'il y a encore plus d'une heure de film, les protagonistes se sortent vivants de la chute avec juste quelques petites égratignures... Cette introduction d'une roublardise effarante, aggravée par un montage bancal qui mise tout sur les ellipses narratives (histoire de foncer) et ne laissant jamais au spectateur le soin de s'attacher aux personnages, est un modèle de contre-efficacité cinématographique qui nous donne presque envie de quitter la salle de cinéma. Mais voilà qu'une menace se précise dans ces montagnes sauvages... Attention : pour la suite de la critique, on va être obligé de spoiler un peu (même si, franchement, on n'est pas vraiment surpris de découvrir le pot aux roses).
Ceux qui pensent avoir tiré la sonnette d'alarme en craignant un énième succédané de survival forestier peuvent commencer à grincer des dents, puisque le résultat va en fait confronter nos protagonistes civilisés à des hommes préhistoriques protégés par des autochtones malsains. Sauf que les guerriers en question, munis de lances en plastique et fringués avec des peaux de bêtes, ressemblent plus à des rednecks défoncés qu'à des créatures dérangeantes. Non seulement les maquillages sont grotesques et jamais crédibles, mais le film semble assumer jusqu'au bout son parti pris, cherchant sans arrêt à surprendre par des rebondissements inattendus et brutaux sans se rendre compte du ridicule involontaire de l'entreprise. Le final, cherchant visiblement à illustrer un propos incohérent sur la nature humaine, achève de faire sombrer le film dans le n'importe quoi. Avant de découvrir cette dernière demi-heure absurde, on aura tout de même subi des marches interminables à travers des paysages montagneux dignes d'un reportage de France 3 Rhône-Alpes, tout en regardant des acteurs à côté de la plaque (même Sara Forestier, c'est dire !) s'enfoncer peu à peu dans un décor sauvage qui surligne au Stabilo la volonté des deux jeunes réalisateurs de s'inscrire dans la tradition du survival radical. En l'état, on a pourtant vite fait de regarder sa montre plutôt que de se passionner pour ce qui se déroule à l'écran. Non, décidément, rien ne change.
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