Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2004 Mercredi 27 Octobre | Les critiques de la rédaction : Un long dimanche de fiançailles---------------------------------------------------------------Un film américain de Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou, Gaspard Ulliel, Albert Dupontel
Genre : Drame - Durée : 2H14 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques COULARDEAU
La Bestialité contre l'Amour. La guerre de 14-18 a été une boucherie inhumaine dans la perfection de l’horreur que les hommes seuls sont capables d’inventer. Ce film nous donne une image de ce vaste charnier que personne ne pourra oublier. Les tranchées, les rats, les condamnations à mort pour trois fois rien, les grâces présidentielles ignorées, les trafics les plus efrroyables qui révèlent que derrière le front les officiers et les planqués vivaient dans le luxe, les décisions les plus ignobles, et le désespoir des hommes qui n’en peuvent plus de cette tuerie qui n’en finit pas, sans compter qu’elle donne à certains l’occasion de monter en grade grâce à leur haine de la vie des autres, leur goût pour la torture et la sadisme, leur dérèglement mental et psychologique qui relève de la pire schizophrénie utilisée par les politiciens et les officiers supérieurs pour réaliser leur jeu innommable. Mais le film n’est pas que cela, sinon ce serait un documentaire. C’est une véritable enquête policière par une jeune Bretonne qui refuse de croire que son fiançé est mort comme on le lui dit. Elle fouille et elle court comme un ange des cimetières qui essaie de mettre de l’ordre dans toutes ces croix qui couvrent des kilomètres de leurs bras immobiles. Et elle arrivera à ses fins, mais à quel prix de désespoir et d’espoir mêlés. Pour découvrir que celui qu’elle a aimé et qu’elle aime encore a perdu la mémoire, ne sait plus qui il est, a assumé la seule identité qui est la sienne maintenant, celle qu’un acte de survie désespérée lui a fait endosser par un échange de plaque matriculaire. Et il lui est impossible de revenir à la vie sous sa vraie identité car il risque alors la prison, le bagne ou même pire, pour évasion, désersion, pillage de cadavre et quelques autres bricoles qui ont hélas des noms dans le code pénal et criminel. Il y a pourtant quelques fantômes humanoïdes qui sauvent un peu ce tableau. Bien sûr Mathilde, mais aussi ses oncle et tante, parents adoptifs, ce détective privé Pire qui est vraiment pire qu’une fouine, cette sœur allemande d’un soldat allemand mort dans ce lieu anonyme de 1917, simplement quelques jours plus tard, cette autre amante d’un des cinq condamnés à mort ce jour-là, un Corse et ce n’est pas peu dire, qui liquide par des moyens radicaux et personnels tous ceux qui ont causé la mort de son amant, pour finir la tête en moins, et encore une femme là, un homme là, un paysan de Dordogne à la fin du bout du monde et une vendeuse de carottes aux Halles de Paris que l’on redécouvre dans leur splendeur de ventre de Paris avec un plaisir que seuls les gens qui les ont connues peuvent apprécier. Il y a en l’homme une force profonde qui essaie de faire survivre un peu de chaleur dans cette course de rats fous seulement motivés par la survie qu’est l’humanité offcielle des politiques, des officiers et des nantis. Mais que reste-t-il au fond de nos yeux quand cet espoir profond est remis en perspective ? Rien sinon que cet espoir n’est guère qu’un rêve sans avenir et souterrain, une tranchée contre l’ignominie dominante pour une guerre sans espoir et sans fin contre l’animalité dominante et toujours triomphante. Et Audrey Tautou est en plus jolie comme une diablesse et elle joue comme un ange sorti du livre d’images pieuses de l’art dramatique et du cinéma. Ne manquez pas ce film si vous voulez vraiment vivre un peu moins idiot dans le monde de l’Académie Universelle de la Bestialité.
| Par André
De l'amour, beaucoup de bruit, l'horreur sanglante de la guerre, le tout mixé par un Jean-Pierre Jeunet très en verve qui ne rate aucuns de ses jeux favoris: caméra étourdissante, des plongées et contre-plongées pour la moindre séquence, ce qui nuit à sa belle photo le plus souvent dominée par la couleur sépia et une certaine poésie acidulée. Bien-sûr, la reconstitution d' un abominable épisode de la Guerre 14-18, est absolument impeccable, du moins à ce que j'ai pu en lire ou en avoir entendu d'anciens "poilus Mais l'excès me paraît inutile et bien d'autres bons films n'ont pas assourdi leurs spectateurs pour autant en effets atmosphériques ou spéciaux. Question interprètation, le réalisateur a réuni ses fidèles, souvent méconnaissables, mais toujours pleins de talent. Quant à Audrey TAUTOU, "à l'ouest rien de nouveau!":elle n'est qu'une comédienne bien obéissante jusqu'à l'insignifiance tant elle paraît subir l'emprise du metteur en scène.
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