Sorties cinéma Sorties Cinéma en Déc. 2008 Mercredi 10 Déc. | Les critiques de la rédaction : Mia et le Migou---------------------------------------------------------------Un film français de Jacques-Rémy Girerd avec les voix de Dany Boon, Garance Lagraa, Pierre Richard, Jean-Pierre Coffe, Miou-Miou, Yolande Moreau et Charlie Girerd
Genre : Animation - Durée : 1H31 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
« Franchement les humains vous faites que tuer la Terre avec vos agissements d'égoïstes qui oublient que faire un câlin à son fils ça montre que vous avez un bon fond et que donc l'écologie c'est bien », nous disait Klaatu Reeves dans LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA, avant de s'en aller prévenir les habitants d'autres planètes qu'il allait tous les massacrer avant de passer à l'acte parce que son corps a mal.
Tendance à la mode en ces temps de crise économique, de famine, de guerre, de chômage, de baisse du pouvoir d'achat et d'élection de Miss France truquée, l'écologie nourrit depuis quelques temps l'imaginaire de tout un chacun. Ou pas. Politiciens faussement concernés, citoyens faussement indignés ou cinéastes faussement inspirés, l'écologie se consomme partout et régulièrement depuis quelques années au point même d'être devenue source (opportuniste) d'inspiration artistique (et hypocrite). Marchant sur les pas d'un Hayao Miyazaki qui avait déjà dit le plus important dans des chefs-d'œuvre tels que PRINCESS MONONOKE, aucune œuvre ne saura pourtant aller au-delà des banalités là où LES SIMPSON – LE FILM bluffait son monde en se servant du seul genre qu'il investissait pour donner de l'impact à des propos réellement pertinents.
« N'empêche que vous tuez la Terre quoi, mais nous avec si vous continuez tu comprends ? », a-t-on fini par nous lâcher dans MIA ET LE MIGOU, après 80 minutes de randonnée dont le seul intérêt aura été d'apprendre que le ch'ti se parle même en Amérique du Sud. Autre tendance.
D'un propos aussi minimaliste et galvaudé, on préfèrera garder la beauté des images finales, abusant certes de tout un symbolisme, mais clairement évocateur (l'arbre à l'envers...), plutôt que la pénible attente la précédant et dépassant l'heure, durant laquelle la découverte du Migou aura été seul motif à retenir l'attention. Car en suivant le (trop) facile parcours de l'héroïne, soutenant maladroitement une intrigue parallèle qui ne fera que surligner des propos seulement intéressants à l'aune des dernières minutes du métrage, on ne fait que chercher l'intérêt thématique et simplement narratif d'un métrage vide de toute substance. Bien mal aidé par un scénario manichéen qui ne nuance jamais les personnalités de ses personnages (exploités/exploitants), rendant certains d'eux totalement hors de propos de par leur présentation succincte et la vitesse avec laquelle ils sont oubliés (la sorcière, le père de Mia...), MIA ET LE MIGOU souffre d'une cruelle absence de propos, au point que l'on ne peut que s'interroger sur l'objectif d'un tel traitement, le métrage ne racontant rien et ne se faisant jamais interagir les divers éléments intra-diégétiques du récit (le cauchemar initial et le rêve de la mère de Mia ne serviront jamais l'histoire). Cela aurait pourtant pu et dû être passé outre, si seulement la réalisation s'y était substituée. L'animation bénéficiait à ce titre d'un cachet original, car préférant le dessin à la main en lieu et place d'une mise en images habituellement crée par ordinateur. Si ce parti-pris ne souffre d'aucune contestation possible, la laideur de paysages plat et quasi monochromes fait naître un manque hallucinant de lyrisme que la mise en scène ne fait que confirmer. La séquence de la pluie de météorites est à ce titre caractéristique, car manquant cruellement d'envergure, a l'instar du reste du métrage, vidé de tout dynamisme et jamais créateur de sens, mais surtout d'ambiance. MIA ET LE MIGOU ne suscitera jamais la moindre émotion, préférant enfoncer des portes ouvertes et tout expliquer par le biais de ses personnages. On peut donc se souvenir et regretter le ORIGINE de Keiichi Sugiyama, certes bourré de poncifs mais où la mise en scène était vectrice de sensorialité, excusant ainsi (même partiellement) les faiblesses scénaristiques.
Vous l'aurez compris, ne pas faire attention à sa planète, c'est mal. Malgré la sincérité évidente de son réalisateur et la qualité de son animation, MIA ET LE MIGOU reste tout à fait quelconque et ne s'adresse malheureusement qu'aux seuls enfants à qui il est avant tout destiné.
|
|
| |