Sorties cinéma Sorties Cinéma en Déc. 2008 Mercredi 24 Déc. | Les critiques de la rédaction : Australia---------------------------------------------------------------Un film américain de Baz Luhrmann avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, David Wenham
Genre : Drame - Durée : 2H40 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
UNE PLEINE POIGNEE DE FOI EN L’AVENIR. Malgré tout ce que les médias disent en France, ce film est un chef d’œuvre qui durera longtemps. Pourquoi ? D’abord parce que c’est un parfait film d’action avec un très fort contenu sentimental et émotionnel. Mais c’est là la loi d’Hollywood pour qu’un film soit un succès mondial. Et en plus le film joue avec nous en nous amenant à plusieurs fins possibles et introduisant chaque fois un virage en épingle à cheveux pour nous orienter vers une fin encore plus tragique et pourtant sauvée du désastre par le doigt de dieu. Ensuite ce film est un pamphlet d’une puissance assez extraordinaire contre toutes les guerres quelles qu’elles soient car il n’y a pas de bonne guerre, et encore moins de guerre heureuse. Ici la deuxième guerre mondiale est montrée comme absurde s’il en est une. La vanité des Australiens qui n’ont absolument pas préparé leurs arrières en cas de guerre avec les Japonais. Ils sont entièrement ouverts à une attaque aérienne. Absurde dans les objectifs que cette guerre prend d’emblée quand elle se profile à l’horizon : elle encourage les entrepreneurs capitalistes les plus mauvais et les plus monopolistes à s’approprier encore plus du gâteau. Et ce n’est pas la mort de tous les méchants qui change quoi que ce soit au problème. A court ou long terme une guerre est nécessairement une défaite car même celui qui gagne garde collée à sa peau la réputation d’être un violent. Il n’y a pas de guerre gagnée dans ce monde, et ce de moins en moins. Réfléchissez à l’Irak : ce sera une défaite de toute façon qu’il faudrait une ou deux générations pour réparer. Pensez à l’Afghanistan. Tout commença par la défaite électorale du féodalisme par deux partis communistes, un prochinois et un prosoviétique, et avec une marge confortable : 60%. Les deux commencent immédiatement à se battre entre eux et à faire de la surenchère, donc à vouloir forcer l’histoire. On sait la suite : la première guerre avec l’URSS d’un côté et la CIA et Ben Laden de l’autre. Une défaite des Soviétiques installe un féodalisme comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps. C’est alors que Bush va en guerre et abat ce régime dit des Talibans. Mais depuis cette « victoire » à la Pyrrhus, la deuxième guerre d’Afghanistan a commencé et les Occidentaux s’enfoncent lentement dans un bourbier dont ils ont aucun espoir de sortir vainqueurs de quoi que ce soit ou de qui que ce soit tant qu’ils n’accepteront pas de chercher un compromis avec ceux que les Américains ont justement chassés, ne serait-ce que pour isoler Ben Laden et s’occuper de lui sérieusement. Mais plus encore ce film est un réquisitoire contre toute politique d’assimilation qui nie en qui que ce soit ses vraies racines identificatoires. Un individu humain ne peut être utile à sa société que si celle-ci lui reconnaît sa pleine et entière liberté identificatoire et lui laisse les rênes sur le cou de sa liberté d’entreprendre avec les mêmes règles pour tous qui posent les règles du jeu à condition qu’aucune ne remette en cause la liberté d’expression et la liberté d’identité de chacun et de tous. Le film montre avec une puissance extrême comment il est difficile pour les Occidentaux d’accepter que l’on puisse vivre selon d’autres lois que celles que l’histoire occidentale a produites. Et justement ce film est une phénoménale leçon d’histoire. Qui ou quoi fait l’histoire ? Certainement pas les individus et au-delà nous ne savons plus, nous ne pouvons pas savoir. L’histoire a son propre moteur que personne n’a identifié, et pourtant sur le terme plus ou moins moyen l’histoire avance vers plus de liberté, d’égalité, d’identité. Une croyance pour sûr, mais aussi une constatation. On nous dira que cela fait une belle jambe à tous les exterminés d’avoir des excuses posthumes. On oublie que l’histoire se fait pour les vivants et ceux qui ne sont pas encore vivants, pas pour les morts. L’histoire n’est pas rétroactive. Alors la lenteur de certaines séquences (le point de vue très cosmique et contemplatif des Aborigènes) et ce que certains considèrent comme du mélo ne sont que des effets seconds dictés par l’identité du narrateur et par le sens commercial d’Hollywood.
Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines
| Par André Ruellan
Lorsque l'on va voir une aventure romanesque, c'est tout ou rien: les amateurs de mélo se délectent et les autres essaient de passer le temps surtout lorsqu'il s'agit d'un film de 2h40, tel " AUSTRALIA ".
Et c'est dommage quand une pareille super-production hésite entre le prospectus de voyage et le drame des métis aborigènes courageusement dénoncé que saupoudre une histoire sentimentale fadasse, puisée parmi les chûtes édulcorées d' AUTANT EN EMPORTE LE VENT,d'OUT OF AFRICA et d'un échantillonnage de westerns ressassés et de Pearl Harbour sauce australienne.
Il s'y touve quand même des séquences spectaculaires et dynamiques au gré d'une musique emphatique, et des images splendides dues à une caméra virevoltante. Mais quant au scénario, quel infantilisme sans surprise, quelle fausse sentimentalité garnie de poncifs, y compris dans la manière de camper les personnages, gentils ou méchants, mais barbus et grimaçants à souhaits.
Nicole Kidman y met du talent et de la bonne volonté à subir le rôle d'une pimbèche anémique,coincée et filiforme, et finalement délurée par les circonstances, hélas trop souvent traînantes.
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