Sorties cinéma Sorties Cinéma en Nov. 2008 Mercredi 19 Nov. | Les critiques de la rédaction : Rock'NRolla---------------------------------------------------------------Un film américain de Guy Ritchie avec Gerard Butler, Tom Wilkinson, et Mark Strong
Genre : Policier - Durée : 1H54 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Ceux qui ont longtemps porté Guy Ritchie au pilori vont-ils enfin pouvoir modérer leurs ardeurs ? Sans doute que non, puisque son dernier film constitue à l'évidence un retour aux sources, qui ne manquera donc pas de consterner ceux qui considèrent le bonhomme comme un clone décérébré de Quentin Tarantino. Une patte qui frappait de plein fouet ses deux premiers films (dont le déjanté SNATCH) et que l'on avait un peu perdue de vue depuis quelque temps : après avoir été littéralement A LA DERIVE, Ritchie s'est pris une méchante claque avec le très ambitieux REVOLVER, polar schizo et lynchien qui en aura dérouté plus d'un. Débarrassé de son ambition un peu trop débordante, le bonhomme revient à ses premiers amours avec ce déjanté ROCK'N'ROLLA. Un polar barjo, tout à fait dans l'esprit des films de gangsters à la SLEVIN, et porté par un regard à la fois décalé et réaliste sur cette smala londonienne que Ritchie prend un malin plaisir à croquer dans ses films.
L'univers, on le connaît donc, et en même temps, Guy Ritchie semble nous inviter à prendre un certain détachement sur tout ça. Autant ses premiers films laissaient filtrer une légère pointe de satire sociale derrière leur humour noir, autant celui-ci laisse la prétention auteuriste de côté pour s'orienter dans l'humour potache, voire gonzo. Et quand on voit le tableau, on se dit que Ritchie avait décidément tous les moyens pour nous livrer une vraie parodie de film choral, aussi élégante dans son esthétique que ludique dans sa construction narrative façon puzzle. Ce qu'il réussit brillamment dans cette intrigue où règne une galerie de protagonistes plus ou moins cintrés. S'y croisent donc une poignée de bras cassés qui jouent les petites frappes, une comptable très sensuelle et professionnelle, des junkies qui débitent des âneries à la seconde en se shootant au crack, un vieux mafieux qui règne sur la cité londonienne, son second aux réactions imprévisibles, un industriel russe aux bras longs et un tandem de vori v'zakone tout droit sortis du dernier Cronenberg.
Pour ceux qui l'ignorent, le cinéma de Guy Ritchie ne s'embarrasse d'aucune finesse, n'hésitant pas à jouer la carte de l'outrance ou du mauvais goût assumé, comme en témoignent ici quelques réflexions à la limite de l'homophobie et quelques seconds rôles à fond dans la caricature. Mais à travers une telle intrigue, le cinéaste se moque de la morale et laisse son film naviguer en eaux troubles, sans jamais couler. Ce qui maintient le film largement au-dessus de la ligne de flottaison, ce sont ses dialogues, tellement jubilatoires qu'on en vient à regretter que le travail de scénariste de Ritchie ne soit pas considéré à sa juste valeur. Entre des répliques qui claquent comme des baffes, des situations qui jouent sur les variations temporelles (flash-backs et flash-forwards), des scènes d'action nerveuses et un montage d'une remarquable fluidité, le film constitue un polar étrange, qui navigue entre tous les genres et qui retombe toujours sur ses pattes. Si on ne devait garder que trois choses de ce film, ce serait la fameuse scène culte ''de la claque'', la prestation géniale de Marc Strong (le tueur impassible de REVOLVER), ainsi qu'une danse hilarante entre Gerard Butler et la piquante Thandie Newton. Sauf qu'en plus de tout ça, y a encore plein de choses à picorer dans ce gros moment de jubilation. Et comme le générique final annonce une éventuelle trilogie ROCK'N'ROLLA, la suite promet de faire encore plus de bruit !
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