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Sorties cinéma Sorties Cinéma en Nov. 2008 Mercredi 12 Nov.
Les critiques de la rédaction :
L'Echange
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Un film américain de Clint Eastwood avec Angelina Jolie, John Malkovich, Michael Kelly, Amy Ryan

Genre : Drame - Durée : 2H21 mn

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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
La note de la rédaction :

Par Sarah Nguimbous
Si vous pensez toujours que Million Dollar Baby est le meilleur film de Clint Eastwood, c'est que vous n'avez pas vu L'Echange. Douloureux, choquant et bouleversant, L'échange est un drame comme on en voit plus. Ici, pas de surjeu, pas de mélodrame, juste de l'émotion à l'état brut et une réalisation épurée, inspirée et directe.

Le pitch : basé sur une histoire vraie, L'échange relate l'histoire d'une jeune femme, Christine Collins, qui découvre un soir que son fils, Walter, a disparu. Après 5 mois d'enquête, la police lui ramène un petit garçon qui n'est pas le sien. Christine commence alors une lutte désespérée pour retrouver son fils, avec l'aide d'un pasteur, mais la police fera tout pour la faire taire, lui assurant que le petit garçon retrouvé est bien Walter, quitte à l'enfermer dans un asile psychiatrique...

L'Echange est une oeuvre qui glace le sang d'effroi, de consternation et d'horreur car non seulement il met en scène le pire cauchemar de tous les parents mais en plus, le film dissèque chaque piste en profondeur : entre les fausses retrouvailles forcées, les arguments ahurissants avancés par la police pour convaincre la mère, la séquestration dans l'asile et pire, la découverte d'un tueur d'enfants qui rôde, le film nous enferme dans une spirale atroce où même le spectateur a peur de découvrir la vérité. Mais justement, cette vérité, aussi douloureuse soit-elle, il la faut. Où est Walter ? Qui est ce petit garçon qui se fait passer pour Walter ? Sa disparition a-t-elle un lien avec le tueur en série ? Pourquoi la police ne veut pas retrouver Walter et refuse d'entendre les plaintes de sa mère ?
Dans l'Echange, Clint Eastwood démontre qu'il aime le risque mais ne se fait pas piéger. Il relate deux histoires parallèles et complémentaires, sans jamais perdre le fil, abbattant ses cartes unes à unes, jouant avec les émotions des interprêtes ainsi qu'avec les nôtres, spectateurs. A la limite du thriller, l'enquête se déroule, révélant ses zones d'ombres, nous laissant tour à tour pleins d'espoir puis de désespoir au fur et à mesure que les questions trouvent leurs réponses. L'espoir, oui, est le fil conducteur du film, l'espoir d'une mère qui souhaite découvrir ce qu'est devenu son fils disparu, quitte à avoir à identifier son corps.

Les détails sont soignés, de l'image qui s'éclaircit en contraste avec la sévérité et la noirceur du film qui s'accentue, la réalisation est simple et efficace. Décidément, ce Clint a tout compris, et il sait s'entourer le bougre !
Dans le rôle principal, on y retrouve la sublime Angelina Jolie, si connue pour ses rôles sulfureux dans des blockbusters tels que Tomb Raider ou le récent Wanted, il ne faut pas oublier que c'est une excellente actrice, souvent récompensée pour ses rôles (Gia, Une vie volée...), sinon applaudie (Un coeur invaincu, Sans Frontières, Péché Originel...). Dans L'Echange, même en lui collant un chapeau sur les yeux et un rouge carmin sur les lèvres contrastant son teint pâle, l'actrice démontre l'étendu de son talent avec sobriété, justesse et réalisme.
A ses cotés, John Malkovich, que l'on ne présente plus, incarne le révérend Briegleb, l'allié de Christine Collins, avec une présence indiscutable.
Le méchant de l'histoire est tenu par Jeffrey Donovan, adepte de séries télés, que l'on prendra plaisir à haïr tout au long du film.

Mais enfin, assez de bavardages. L'Echange est en passe de devenir LE film de l'année, et s'il n'a pas eu la Palme d'Or au Festival de Cannes 2008 (à tort), je ne serai pas surprise de le voir nominé à la prochaine cérémonie des Oscars.

En attendant ce jour, ruez-vous dans vos cinémas pour aller voir l'Echange. Vous ne le regretterez pas.


Par Jacques Coulardeau
SURTOUT NE PAS EN RESTER A LA SURFACE. Clint Eastwood, comme quelques autres grands réalisateurs d’Hollywood depuis une paire d’années et pour encore quelque temps, a choisi de devenir prophétique mais pas comme un gourou d’opérette évangélique. Ils utilisent leur art métaphorique pour produire des allégories et des hyperboles qui nous donnent des ailes, des ailes d’ange dans la ville des anges avec une dame qui en porte même le nom, des anges. Ce film est un chef d’œuvre mais pas pour les raisons superficielles que l’on pourrait croire. Pas parce que les acteurs sont excellents. Pas parce que c’est une vision de la police de L.A. pourrie et maffieuse. Pas parce que c’est une vision du pouvoir dans sa volonté de ne jamais céder un pouce de terrain à qui que ce soit. Pas parce qu’il dénonce la façon dont ces pouvoirs paranoïaques et schizophrènes ne savent survivre que par l’élimination y compris physique de tous ceux qui osent dire non ou même simplement poser la question du pourquoi, et ces pouvoirs trouveront toujours le goulag ou le Buchenwald dont ils auront besoin. Non pas parce que ce film nous donne une vision mythique du vieux Los Angeles de 1928 à 1932, avec quelques scories ici et là que les puristes pourront relever. Mais d’abord et avant tout parce que ce film est une métaphore paraboliquement hyperbolique. Clint Eastwood nous livre sa vision des dix ans que nous venons de vivre et nous annonce comment peut-être on peut en sortir, quel est le recours que nous avons pour reconstruire le chaos que l’on nous lègue. Le recours c’est de savoir mener à son terme une bataille et une lutte alors même qu’on ne l’a pas commencée et que l’on nous l’a imposée. Le recours c’est de se réunir sur les marches du pouvoir pour l’assiéger et le contraindre à changer et à nous écouter. Clint Eastwood utilise admirablement les stratifications de l’image, qu’elles soient architecturales comme les bâtiments officiels et leurs immenses escaliers de façade ou intérieurs, ou qu’elles soient au niveau du mobilier et de l’agencement des salles d’audience ou d’une église presbytérienne. On devrait écrire un livre complet sur l’utilisation de l’escalier dans ce film qu’on monte pour imposer le changement et que l’on descend quand on est libéré. Gardez bien en tête que Ms Christine (la bien nommée) Collins a le mot de la fin qui nous renvoie directement à la réalité actuelle. Oh oui, elle nous prouve comment avec l’aide de quelques personnes que certains appelleront des agitateurs de quartier et le soutien de milliers elle est capable d’abattre sans violence un pouvoir corrompu et plus que violent, partisan de la torture, suivez mon regard vers une base-prison du côté de Cuba ou une prison du côté de Bagdad. YES SHE CAN. Et son dernier mot est ce qui nous reste au fond du cœur et des yeux. HOPE. L’espoir qu’il nous faut éprouver au plus profond et qui ne prend racine dans l’histoire que s’il est partagé par des millions. Réalité qui n’a plus de couleur, qui n’a plus de limites car l’espoir partagé est la force de tous les changements historiques même si nous savons que cet espoir est si fou qu’il ne sera jamais entièrement satisfait. Qu’importe puisqu’il nous enfle le cœur et qu’il nourrit nos esprits. Allez le voir deux fois si possible. La première fois pour le plaisir émotionnel du cœur et des yeux et la deuxième fois pour le plaisir intellectuel de l’esprit et des oreilles (en anglais bien sûr). Il vous cassera toutes vos baraques préfabriquées à frites ou de certitudes qui ‘en finissent pas d’être creuses, car il rend à ce mot le sens visionnaire qu’il n’aurait jamais du perdre et qui nous vient du fin fond du nid de l’humanité quelque part entre le Nil et l’Océan indien.

Dr Jacques COULARDEAU


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Au 16 Mars 2010
Source : cbo-boxoffice
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