Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2008 Mercredi 29 Octobre | Les critiques de la rédaction : W. : L'improbable Président---------------------------------------------------------------Un film américain de Oliver Stone avec Josh Brolin, James Cromwell, et Ellen Burstyn
Genre : Documentaire - Durée : 2H00 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par André Ruellan
Curieux film où le personnage destiné à l'opprobe de la politique et de l'Histoire n'est pas antipathique et mis à part ses frasques de jeunesse ( comme les Kennedy !), il paraît plus manipulé par son entourage qu'en audacieux décideur des évènements. D'où une oeuvre en tragi-comédie du réel, attentive à la description réaliste des personnages et où s'impriment malgré tout le grand métier d'Oliver Stone et les superbes plans qu'il nous concocte.
W est plutôt une parabole Texas-famille, avec les excès, les rites foot , le pétrole et le Bourbon. Enfant gâté, surveillé par son père, nous retrouvons et suivons au fil d'habiles retours en arrière, sa carrière et ses réunions où la barbarie se négocie autour d'un sandwich et d'une prière. Quelques solides vérités sont assénées par de savoureux dialogues, mais mortels à jamais pour la réputation de W et de son ego.
Josh Brolin est remarquable , étonnant acteur intégré au rôle de George-W, à la fois odieux, séduisant et presque touchant. Bravo également au choix des autres comédiens, clones de leurs personnages , dont un superbe Richard Dreyfuss.
| Par Guillaume Gas
Décidément attaché à l'histoire de son pays, Oliver Stone a toujours su offrir des films politiques dignes de ce nom, levant ainsi le voile sur de nombreuses points oubliés ou passés sous silence. La sortie de cette biopic consacrée à George W. Bush était cependant le film qui allait clarifier les choses sur ce cinéaste controversé et parfois mal compris. L'échec de son ALEXANDRE et les violentes attaques contre WORLD TRADE CENTER (qui fut mal compris et qui mérite une seconde chance) auront égratigné l'image du cinéaste, que l'on avait toujours connu comme pourfendeur cynique et impitoyable contre les mauvais aspects des Etats-Unis. Une vision simpliste et finalement fausse : Stone ne cherche pas à jouer les Michael Moore, mais à faire du cinéma, du vrai, de façon à interpeller le public sur un sujet précis, que ce soit l'assassinat de JFK, les attentats du 11 Septembre, les effets nocifs des médias ou la guerre du Vietnam. Son but a toujours été de chercher la vérité derrière les apparences, et avec ce dernier film, on attendait quelque chose de vraiment punchy. Est-ce vraiment le cas ?
Certes, après avoir vu le film, chaque spectateur qui lit souvent le journal ou qui écoute les infos télévisées aura l'impression d'avoir vu quelque chose dont il n'ignorait pas l'existence. S'il était forcément inévitable que Stone passerait la quasi totalité du film à enfoncer des portes ouvertes, le film ne doit pas être incréminé sur ce point. La force de ce film est avant tout de remettre les choses au point sur ce personnage si controversé, et pourtant homme le plus célèbre de la planète. Donc, qu'apprend-t-on ici sur ''Debeliou'' ? En gros, qu'il fut un fils à papa à la limite du fils indigne, que ses déboires avec l'alcool et la taule lui auront fermé beaucoup de portes, que l'influence grandissante de son père ne lui aura pas été forcément bénéfique, qu'il s'est retrouvé vite catapulté à des fonctions auxquelles il n'était pas destiné, et que sa découverte de la foi aura fini de transformer en homme d'affaires instinctif. Synthétisant à peu près toutes les tares en matière d'homme politique, Bush Jr est avant tout un être humain, faible et pathétique, naïf et inconscient, parfois à côté de la plaque, et (trop) fortement influencé par son entourage politique lorsqu'il accède à la présidence des Etats-Unis.
Chaque facette du personnage est étudiée de près, suivant une narration kaléidoscopique passant d'une époque à l'autre sans pour autant pénétrer réellement l'intériorité du bonhomme. On sent que Stone a souhaité rester en retrait des choses, au point de laisser l'extérieur prendre le dessus sur l'intérieur. Cela se ressent aussi dans sa mise en scène, curieusement simple et quelconque, alors qu'on attendait un rythme nerveux et une approche un peu plus rentre-dedans. Certes, le côté pathétique de Bush Jr finit forcément par le rendre sympathique, mais il est dommage que Stone n'est souhaité montrer que cela. Pour autant, la force du casting compense les défauts du film : s'il a cherché de véritables clones pour incarner les proches et les conseillers de Bush (mention spéciale à Thandie Newton, criante de vérité en Condoleeza Rice !), Stone aura surpris son monde en choisissant Josh Brolin pour incarner Bush Jr. La performance d'acteur s'avère excellente, mais surtout sur la gestion des mimiques et de l'état d'esprit du personnage. Car, oui, la ressemblance physique ne fait pas toujours illusion, hormis dans quelques images d'archives. En cela, le film d'Oliver Stone finit par ressembler à son acteur principal : un fond aussi riche qu'irréprochable qui capte bien le personnage, mais une forme pas toujours adaptée et que l'on aurait espérée plus dynamique.
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