L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Guillaume Gas
Oh yes, what a big fucking movie ! Pas de doute : toutes nos promesses et nos attentes sur le nouveau film de (et avec) Ben Stiller ont été pleinement récompensées. L'acteur-réalisateur s'est littéralement plié en quatre pour nous plier de rire, nous laissant roulés comme des nems sur la moquette et épuisés par tant de délire filmique. TONNERRE SOUS LES TROPIQUES est son chef-d'oeuvre. C'est non seulement la comédie de l'année, mais surtout la comédie américaine la plus gravement atteinte depuis belle lurette. Ce n'est pas si surprenant que ça en a l'air, tant Stiller nous démontrait déjà de sérieuses qualités pour concevoir des bijoux de comédie déjantée et irrévérencieuse. Mais là, avec ce film, il renvoie les frères Farrelly au rang de réalisateurs de sketchs pour Karl Zéro, et nous expédie directement dans un bordel maousse au coeur de la jungle birmane, où se déroule une curieuse expérience de cinéma-vérité... Bref, on se sait pas ce que Stiller et sa bande de tarés ont fumé durant le tournage, mais une chose est sûre : ça devait être de la bonne !
Avec le budget d'un blockbuster à la TRANSFORMERS, Ben Stiller impose son gros délire comme un film unique en son genre, sorte de revival du film de guerre couplé à une succession ininterrompue de gags énormes, tant visuels que verbaux. Ici, l'acteur s'emploie avant tout à se payer la tête du cinoche hollywoodien avec une verve insolente que n'aurait pas renié Trey Parker. Le concept est simple : foutez une bande d'acteurs narcissiques en pleine cambrousse, faites-leur croire que vous tournez un film de guerre comme les autres, placez des caméras (et des explosifs) partout pour obtenir un effet de pur réalisme, et laissez-les se démerder comme des pros. Sauf que lorsque de vrais rebelles lancent une attaque contre eux, ils se disent qu'il y a comme une erreur dans le script... Tel est le pitch frappadingue de TONNERRE SOUS LES TROPIQUES, faux film de guerre hardcore, mais vraie comédie déjantée qui ne lésine ni sur le gore ni sur les blagues de cul. Une comédie qui ose tout, et qui pète le feu toutes les 24 images par seconde.
Tout ça pour montrer des acteurs sur le déclin, particulièrement débiles, qui souffrent de l'image qu'ils renvoient. Outre une star d'actionners décérébrés qui a perdu sa crédibilité auprès du public depuis sa prestation catastrophique dans une bousasse pour psuedo-intellos, on y croise un comique pétomane et cocaïné jusqu'à la moelle, un acteur de composition qui va jusqu'à subir une pigmentation du visage afin de jouer un Noir (et qui parle un argot afro-américain aux frontières du réel !), une star du rap qui ne jure que par les mots ''pussy'' et ''bitch'', et un jeune débutant doté du charisme d'une huitre asthmatique. Bref, que des têtes brûlées qui enflamment la pellicule et qui incarnent chacun une idée préconçue de la star américaine : le gros dur qui doute, l'acteur prétentieux, le benêt qui devient un homme, le black blagueur, et le champion toute catégorie de l'humour gras du bide qui vise le slip de l'avant-veille. Que des caricatures, donc, mais que Stiller va s'ingénier à rendre attachantes. Chaque personnage doute, révèle rapidement son côté pathétique, et finit par ne plus jouer un rôle pour être soi-même. Même si, parfois, c'est très difficile de sortir des clichés dans lesquels ils sont enfermés !
Au-delà de la provocation pure et simple, Ben Stiller livre donc une satire corrosive et finalement très juste du petit monde hollywoodien, qui englue ses acteurs jusqu'à les plonger en pleine crise existentielle. Mais ils ne sont pas les seuls : même la Mecque du cinéma accueille des tarés mythomanes qui sont sans cesse dans le faux, comme en témoigne le personnage de vétéran du Vietnam joué par un Nick Nolte en très grande forme. Le thème du film réside là-dedans, dans cette mise en abyme sur la starification autodestructrice des acteurs, jusqu'à les priver de leur réelle identité. La réalité, il faut être sur le terrain pour la voir en vrai, et Stiller nous le prouve avec un culot démentiel. Tout comme il se plait à parcourir son film de références cinématographiques bien senties et de cameos tout simplement jouissifs. Sur ce dernier point, outre Nick Nolte et un Matthew McConaughey hilarant, la surprise cosmique réside dans la présence inattendue de Tom Cruise, ici en caricature de producteur hollywoodien, ignoble, macho, cynique et gravement vulgaire. Dans le registre casse-gueule de l'autodérision, la star livre ici une prestation monstrueuse qui nous laisse sur le cul. Son meilleur rôle ? En tout cas, le plus marquant, ça, c'est sûr...
Aussi intelligent qu'incorrect, Stiller nous colle au fauteuil durant un peu moins de deux heures, sans qu'on ne sente jamais le temps passer. Rien qu'avec le pré-générique (dont je vous laisse la surprise), on sentait déjà que le film allait foncer sans limitation de vitesse sur la pente de la connerie revendiquée. C'est plus que réussi, d'autant que Stiller maîtrise à merveille le concept de la mise en abyme. Sauf qu'en plus de cela, le réalisateur nous décroche carrément la mâchoire avec des scènes de guerre ultra-spectaculaires qui n'ont rien à envier aux meilleurs moments d'APOCALYPSE NOW. Un peu comme un film d'action détraqué aux allures de jeu de massacre, sans cesse sur le fil entre réalité et fiction. Pour finir, deux performances d'acteurs mémorables : un Jack Black qui semble s'être enfilé le stock de cocaïne de Scarface dans les narines, et un Robert Downey Jr tellement génial que ça devient un peu lassant de le répéter à outrance... On résume : un putain de film d'action, un putain de film de guerre, une putain de comédie, et tout ça dans un seul putain de film ! Y a pas à dire, c'est trop de la bombe nucléaire, ce film !
| Par André Ruellan
Pour un film-pastiche, Ben Stiller a fait très fort, tant est si bien que parfois, on oublie le cocasse pour s'attacher au suspense de l'action, car s'y retrouvent les multiples évocations des grands films de guerre sur la guerre du Viet Nam,avec des images d'un réalisme parfait. La seconde suivante, la séquence plonge dans la gaudriole la plus déchaînée, pétomanie et parodies en tous genres.
En salle, le public m'a paru partagé, et quelques-uns sortaient, outragés ou déçus. Il n'y a vraiment pas de quoi, car la réalisation est impeccable au fil d'explosions en tous genres et les comédiens sont vraiment dans le coup, y compris le vétéran Nick Nolte, en savoureux faussaire, et Tom Cruise en financier aussi malhonnête que velu.
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