Sorties cinéma Sorties Cinéma en Octobre 2008 Mercredi 08 Octobre | Les critiques de la rédaction : Eden Lake---------------------------------------------------------------Un film britannique de James Watkins avec Kelly Reilly, Michael Fassbender, et Thomas Turgoose
Genre : Thriller - Durée : 1H30 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
D'emblée, l'affiche nous annonce que les producteurs de THE DESCENT sont à l'origine de ce nouveau survival made in England. En sortant de la salle de cinéma (avec une belle envie de dégueuler son quatre-heures, cela dit), on se dit finalement qu'on aurait préféré ne pas le savoir. Car, non content de nous noyer dans une poubelle remplie de clichés insupportables, James Watkins, scénariste passé à la réalisation, s'est senti obligé de décalquer la quasi-totalité des meilleures séquences du chef-d'oeuvre de Neil Marshall sans jamais maîtriser la ferveur nihiliste ou la viscéralité horrifique. EDEN LAKE s'apparente a priori à un survival gore et transgressif, où un couple citadin, parti en week-end près d'un lac idyllique, se retrouve pris en chasse par une bande d'adolescents hostiles et gravement dégénérés. Va y avoir du gore, du sang et de la violence dans cette forêt apparemment tranquille !
Aïe, aïe, aïe ! Pour tous ceux qui ont eu la chance de voir LES REVOLTES DE L'AN 2000, film génial et définitif sur les agissements sadiques et insondables d'enfants bizarres et dénués de morale, la projection d'EDEN LAKE risque de ressembler à une douche froide. Watkins ne s'encourage d'aucune subtilité, chargeant ses ''young bad guys'' de tous les clichés envisageables : outre le benêt qui essaie tant bien que mal de résister à la tentation de tuer, la fille obèse et grossière, le black mutique et menaçant, et le blondinet (forcément le moins âgé) qui a peur de passer à l'acte, la bande d'ados tarés est bien sûr commandée par un enfoiré de première, sadique total et détraqué qui aime filmer des meurtres avec son portable et qui joue les durs avec son couteau à huitre. Bonjour la subtilité ! Mais d'ailleurs, à travers cette histoire, le film ne chercherait-il pas à illustrer la lutte des classes, du genre ''citadins contre autochtones'' ? On pourrait le penser, mais la démarche du réalisateur est tellement puante qu'on finit par relever les invraisemblances (un pied perforé n'empêche pas l'héroïne de continuer à marcher normalement !) là où il souhaiterait nous choquer.
Tout d'abord, les citadins de Londres ne sont pas épargnés non plus par la caricature. Déjà, la fille (Kelly Reilly, pas toujours crédible en Barbie Sauvageonne) est une maîtresse d'école qui côtoie des enfants dans une maternelle pour leur enseigner les bonnes valeurs. Rien qu'avec ça, on sent venir la suite à des kilomètres : après dommages de la part des ados sadiques, la belle, couverte de boue et de merde, va se changer en tueuse vengeresse, et ceux qui ont vu THE DESCENT vont pouvoir grincer des dents. Quant au mec, il reste le beau gosse musclé qu'on a déjà vu cent fois dans ce genre de productions. Les deux vont donc s'en prendre plein la gueule pendant tout le film, dans des séquences aussi dérangeantes que gratuites, où l'abus de gore et le racolage commencent à se faire sérieusement sentir. Enfin, si le réalisateur voulait nous faire comprendre le désarroi de cette jeunesse américaine, détruite par une absence totale d'éducation, c'est raté. Lors d'un final particulièrement abject, il semble même vouloir se prendre pour Michael Haneke. Sauf que le discours social est plus que poussif : la sympathie va avant tout aux ''gentils citadins bien jolis'' et le message tragique sur la jeunesse ne s'exprime qu'à travers le plan final, qui joue les surligneurs nihilistes comme à Hollywood. En l'état, c'est juste vomitif.
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