L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par André Ruellan
J'en ai vu des " western " dans ma chienne de vie, et je les ai découvert surtout après-guerre où mes yeux émerveillés ont fixé pour toujours les images Technicolor des " Conquérants " avec des cow boys impeccablement coiffés faisant la cour à de jeunes premières maquillées avec art.
Puis, John Ford est passé par là, et même Sergio Leone, et de cet incompatible mélange sont sortis des films infiniment plus réalistes, sans toutefois renier les éléments de base attendus par les spectateurs.
"Appaloosa" n'échappe pas à la tradition et tous les poncifs sont au rendez-vous, où presque... sous la houlette de Ed Harris, féru d'images chaleureuses, quasi saturées, qui rappellent les western sans le sou de la " Republic Pictures " tirés en " Sépiacolor ", un virage marron tout simplement.
Mais là, si les bagarres dans le saloon sont absentes, et si la jeune première n'est qu'une coureuse de cow boys, l'atmosphère réaliste se nourrit d'une lumière inédite dans des décors inhabituels très bien cadrés et dotés de plans efficaces, gorgés de poussière. Pas de scintillants vêtements ni de riches maisons mais du pur jus de désert avec ce qu'il faut d'action, de suspense, de réflexion et de brutalité.
Une bonne et solide réhabilitation du western sous un ciel pâle.
Ed Harris est un sherif vieillissant, taciturne, troublé par une femme tortueuse, semeuse de troubles, fausse chochotte sous les traits et les manières mièvres d'une inattendue Renée Zellweger. Viggo Mortensen en ami moustachu est intéressant et bravo à l'élégant Jeremy Irons qui campe un vilain très présentable.
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