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Sorties cinéma Sorties Cinéma en Août 2008 Mercredi 27 Août | Les critiques de la rédaction : Spirits---------------------------------------------------------------Un film américain de Masayuki Ochiai avec Joshua Jackson, Rachael Taylor, et Megumi Okina
Genre : Horreur - Durée : 1H30 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
La mégalomanie des producteurs américains a ceci de particulier qu'elle prétend trouver sa source dans un désir intègre de patriotisme et d'amour de ses concitoyens. Quand bien même la démagogie qui leur est propre se renifle à chacune de leurs annonces, le culte du burger agit comme une pilule bleue et ne cesse de légitimer un mépris du spectateur que celui-ci ne peut pas percevoir comme tel. Justifier un remake sous l'égide du nationalisme (les américains «n 'iraient pas voir un film asiatique ») apparaît donc comme évident là où l'argent du beurre reste pourtant seul facteur d'orgasme et d'accomplissement pour des hommes en noir qui ne comprendront a priori jamais ce qu'ils entreprennent. Leur amour du Big Mac aidant, on avait atteint le septième ciel grâce à ces joyaux que sont THE GRUDGE 2 et THE EYE, oeuvres humanistes et purement artistiques qui laissaient éclater au grand jour la passion infinie pour ce cinéma de leurs instigateurs. Atteindre une nouvelle fois l'extase cinématographique était donc peu probable, en tout cas jusqu'au visionnage du dénommé SPIRITS, chef-d'oeuvre d'une telle intensité horrifique qu'une éjaculation précoce ne pourrait suffire à en décrire la force. Je sais, l'humour m'étouffe.
Remake insignifiant du succès thaïlandais THE SHUTTER, petit film sans réel intérêt qui ne devait son salut qu'à une sincérité évidente et à quelques éclats de mise en scène, par ailleurs jamais aboutis; SPIRITS n'est que l'énième produit d'une campagne marketing honteuse pour rednecks serviles en manque de fist-fucking. Déjà vomi par la mule et par tout téléchargeur qui se respecte un minimum, le premier film de Masayuki Ochiai a au moins un mérite : celui de ne pas décalquer son modèle. Une qualité qui ne dissimule cependant jamais ses non-intentions et son absence totale de mise en scène, et qui agit en contrepoids pour transcender vers le bas chacune des séquences originales. SPIRITS nous conte donc l'histoire de jeunes mariés fraichement débarqués dans une Tokyo-carte postale et qui, entre quelques photographies devant le mont Fuji ou des bornes arcades, vont malencontreusement renverser sur la route une jeune fille aux cheveux longs, qui va bien évidemment vouloir se venger de cet affront en s'incrustant sur tous les clichés du couple et en leur dévoilant ses charmes post-mortem. Incroyablement long malgré les 80 pauvres minutes de métrage, cette chose patît constamment de son improbable découpage séquentiel, qui met plus d'une demi-heure pour nous dire que les japonais mangent de la crème glacée au poisson, que ce couillon de Joshua Jackson a mal à la nuque et pour nous expliquer comment prendre une photo avec un Polaroïd. Ne sachant pas quoi faire de ses deux acteurs principaux, qui provoquent le rire à chacune de leurs minables apparitions car ne pouvant se retenir d'ouvrir la bouche pour montrer qu'ils se chient leur mèga race, le jeune cinéaste compense par des artifices visuels déjà obsolètes à l'époque de VENDREDI 13 (la silhouette qui passe devant l'écran) et jamais vus ailleurs (le reflet du fantôme dans les vitres). Et comme si l'on était déjà pas assez démoralisés, SPIRITS se permet de piller littérallement des oeuvres telles que RING ou LA LIGNE VERTE, comme pour nous achever avec le symbolisme de hard-discount déjà utilisé pendant une heure.
Ridicule dans tous les domaines, l'équipe technique, on l'espère consciente de son absence d'avenir dans la profession, ne fait pourtant rien pour rehausser sa blague. Aucun jumpscare, pas d'accentuation du sound-design pour tenter un sursaut, quelques faux-raccords ou séquences inutiles, rien n'est mis à la disposition des critiques avides de destructuration de bobines, ces couillons allant même jusqu'à faire intervenir une séquence (injusitifiée au demeurant), où un corps déjà réduit à l'état de squelette se fait incinérer. Un tel degré de vide et de renoncement ne peut qu'expliciter l'état d'un système de production qui ne s'amuse même plus de ses propres conneries.
Vous l'aurez compris, SPIRITS se révèle tellement insignifiant à tous les niveaux que le qualifier de purge reviendrait à l'encenser. Consternant.
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