Sorties cinéma Sorties Cinéma en Août 2008 Mercredi 13 Août | Les critiques de la rédaction : Batman : The Dark Knight---------------------------------------------------------------Un film américain de Christopher Nolan avec Christian Bale, Michael Caine, Heath Ledger, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal, Eric Roberts, Cillian Murphy, Anthony Michael Hall, Gary Oldman, et Morgan Freeman
Genre : Fantastique - Durée : 2H27 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
BATMAN COMME LES DIAMANTS SONT ETERNELS. C’est qu’on l’attendait ce nouveau Batman, cette nouvelle génération de Batman. Et il est arrivé, et il a marqué son terrain. Trop long diront certains. Trop lent diront d’autres. Et ils auront raison mais tort à la fois car ile film n’est pas un simple film d’action mais un film de réflexion psychologique et politique. On a donc besoin de sans cesse redescendre dans le mental du héros et de son alter ego le Joker et cela ne peut se faire que par des moments où l’action cède le pas à un gros plan sur les émotions, sur les constructions mentales des uns et des autres. Cela ralentit le film mais cela le rend infiniment plus profond. On peut alors comprendre comment le mal marche, avance et recule dans nos sociétés. Et le film devient politique : une longue réflexion sur le bien et le mal dans nos sociétés démocratiques. D’abord donnons le pouvoir aux gens devant le mal et faisons les choisir entre deux maux, leur propre mort ou celles des voisins d’en face. La démocratie donnera une claire majorité pour la mort des voisins d’en face, et ici et en face, mutuellement et réciproquement. La démocratie est donc fausse et dangereuse car anti-éthique. Elle suit la logique du plus grand nombre, des masses. Et en même temps le bien ne peut venir que de l’étape suivante quand il est nécessaire de trouver un volontaire pour, devant tout le monde, au grand jour, appliquer la décision majoritaire qui est anti-éthique et tout le monde le sait puisqu’elle est égoïste et même franchement xénophobe : elle haït l’autre vu comme le danger qui me menace moi. Et là la démocratie est le meilleur système car il ne se trouvera jamais un tel volontaire. Seul face aux autres le volontaire potentiel pensera à deux fois et reculera devant le choix majoritaire. Mais le film est pure illusion alors. Car ce n’est pas ce qui se passe. Aussi va-t-il plus loin et étudie-t-il comment les forces du mal, ici le Joker, sont capables de manipuler les forces du bien, ici Harvey Dent, pour les amener à faire le mal. Et il réussit car rien ne peut arrêter ce Joker, ou presque rien. C’est que le Joker est ici admirable de vice, de sadisme, de férocité, et il crée vraiment la frayeur et l’horreur, là ou Jack Nicholson créait la distraction, le divertissement, la clownerie, bref le plaisir. Ce Joker vous glace le sang, vous congèle les plus ,profonds sentiments de bien et le mal devient une fleur rare et recherchée. Et Dent tombe. Et là le film est prémonitoire. Ce n’est pas en supprimant ce responsable que l’on résoudra le problème, ni même en supprimant ce responsable et son pré carré de collaborateurs et supporters. Le film suggère de transformer le responsable corrompu en héros et de créer de toutes pièces un ennemi fictif mais réel que l’on va poursuivre à jamais dans la jungle des villes, Batman. Est-ce une allusion à l’évasif Ben Laden ? Mais cela est impossible à nouveau et ne dure qu’un temps. Pensez à la Géorgie ou Saakashvili a lancé ses troupes contre l’Ossétie pour provoquer les Russes sur la promesse de l’ouest de le soutenir. Mesurez la catastrophes : 10% de son armée morts, ses deux bases militaires principales détruites, son aéroport principal détruit, son port principal détruit, ses infrastructures pour le moins perturbées, les oléoducs fermés, etc. Catastrophe militaire, politique, économique et sociale. Doit-on le condamner et le renvoyer à ses bureaux d’avocat à New York ? Facile puisque la masse des Géorgiens le soutiennent, y compris dans cette aventure militaire. Pour combien de temps ? Peut-être plus longtemps qu’on ne croit. Alors le transformer en héros qui se retire dans le chagrin de la défaite ? Charmant, mais cela marchera-t-il ? Il faut un ennemi désigné. Qui ? Les Russes ? Isolons les Russes ? Comme s’ils en avaient quelque chose à cirer. C’est nous qui avons besoin de leur gaz et de leur pétrole, pas l’inverse. Et ils ne sont pas si isolés que cela dans un monde en train de changer de base et où la vraie puissance mondiale émergeant aujourd’hui c’est le BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine). Batman est le film le plus idéologique et politique venu des USA que j’ai vu depuis quelques années. C’est plus fort encore que les films de Costa Gavras car ce sont de vrais films d’action avec une dimension politique totalement contradictoire. Comme la vie, comme la vie réelle, pas la vie virtuelle des réseaux Internet. Et pourtant c’est de la littérature cinématographique.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Sarah Nguimbous
De tous les superhéros, Batman a toujours été le plus sombre, que ce soit en BD, en dessin animé ou en film. Superhéros nocturne dans une Londres défigurée a.k.a. Gotham City, Batman est l'un des rares superhéros qui agit sans superpouvoir, un simple humain lambda qui ose tenir tête au mal qui envahit sa ville.
Si Tim Burton et Joel Schumacher nous avait ravis avec leur saga plutôt fantastique, Christopher Nolan a lui bien compris l'obscurité et la dualité qui anime Batman/Bruce Wayne, rappelant souvent Dr Jekill/Mister Hyde.
Après avoir revisitée la naissance du Batman dans son premier opus en 2005, Batman Begins, dans The Dark Knight, Christopher Nolan passe à la vitesse supérieure en faisant entrer le légendaire Joker en piste. Dans un univers encore plus sombre que le premier film, The Dark Knight dépeint une ville prise en grippe par la pègre, une police vaillante mais souvent impuissante, des citoyens cherchant de plus en plus une lueur d'espoir et un Bruce Wayne qui se détache de moins en moins de son personnage nocturne, Batman. La présence du Joker, incarné par le feu Heath Ledger, illumine et rythme le film, en restant très proche de l'univers "comic" par sa folie, sa folle intelligence meurtrière et ce rire inoubliable. En effet, le Joker est le plus incompréhensible des ennemis de Batman, car il ne veut rien sauf détruire, il n'est ni animé par la vengeance, ni par la haine, ce qui le rend plus dangereux. L'anti-thèse du Batman est bien sûr Harvey Dent, le héros que Bruce Wayne ne pourra jamais être (car rappelons-le, Bruce Wayne, aux yeux de la ville, n'est qu'un richissime PDG, flambeur et séducteur). Comme toujours, on oscille entre le bien et le mal, la limite est souvent très difficile à voir et nul ne peut échapper à l'envie de faire le mal, comme nous le montre le futur Double-Face.
Etant le film le plus attendu de l'été (devant Hulk et Babylon AD), nous attendions d'être soufflés. Et bien n'attendez plus. The Dark Knight nous sort le grand jeu : explosions fracassantes, courses poursuites effrénées, cascades du haut d'un immeuble en Chine et de nouveaux gadgets toujours plus étonnants et vrombissants (comme la Batmoto qui permet de faire des demi-tours assez spectaculaires !!! Je veux la même !).
Il y a tout de même quelques bémols à la clé, entre de la chirurgie farfelue, des disparitions-réapparitions douteuses et quelques petites incohérences. Mais au vu du résultat, sincèrement on ne peut que accrocher. Certes le film est (très) long (2h27), mais The Dark Knight ne perd pas son rythme et sait ménager l'action et les intrigues afin de ne pas ennuyer les spectateurs.
Coté casting, grosse déception au niveau du trio de tête, à savoir Christian Bale (Bruce Wayne/Batman), Michael Caine (Alfred) et Morgan Freeman (Lucius Fox). Alors qu'ils étaient bien mis en avant dans le premier opus, ces trois grands acteurs/personnages sont un peu trop effacés dans The Dark Knight, comme des jetons indispensables au jeu mais qu'on a pas trop envie d'utiliser. Dommage pour Christian Bale, un peu trop froid tout au long du film, rappelant beaucoup le (très bon) American Psycho.
Evidemment, la superstar du film est Le Joker, autrefois interprêté par Jack Nicholson, cette fois-ci, c'est Heath Ledger (malheureusement décédé en début d'année) qui reprend le rôle avec brio et un talent énorme. A ses cotés, Aaron Eckhart surprend dans le rôle d'Harvey Dent/Double Face et démontre que, non, il n'est pas seulement destiné à jouer dans des comédies romantiques avec Catherine Zeta-Jones. D'ailleurs, après avoir vu Le Dahlia Noir, nous le savions déja.
Maggie Gyllenhaal remplace Katie Holmes dans le rôle de Rachel, l'amour impossible de Bruce Wayne, sans trop se faire remarquer.
Pour conclure, si Batman Begins vous avait fait douter, The Dark Knight rassure sur les intentions de Nolan. Vivement les nouvelles aventures de ce nouveau Batman. Le pingouin, Poison Ivy, Mister Freeze... Qui sera son prochain ennemi ?
A voir d'urgence.
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