Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juillet 2008 Mercredi 30 Juillet | Les critiques de la rédaction : Le bal de l'horreur---------------------------------------------------------------Un film américain de Nelson McCormick avec Brittany Snow, Johnathon Schaech, Jessica Stroup, Kellan Lutz, Jana Kramer, Brianne Davis, Kelly Blatz, et Rachel Specter
Genre : Horreur - Durée : 1H28 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
S'il est une expression on ne peut plus sous-estimée ces dernières années au cinéma, c'est bien celle de grosse bousasse qui pue. Trop rarement employée par une bande de cinéphiles sédentaires pas pressés de différencier mépris et respect, ce qualificatif se révèle tout aussi insidieusement maltraité lorsqu'il s'agit de promouvoir un long-métrage. Inexistants sont donc les exercices fiscaux où l'on nous avertit de l'auto-destruction d'un genre via la promotion éhontée de l'un d'eux, évidemment incarné par une purge aussi cynique qu'insignifiante. Mais dans la réalité, une grosse bousasse qui pue, qu'est-ce que ça mange ?
Epave destructurée du nanar qui sent des pieds, Original Films a tout à démontrer. Malgré un début d'année sympathique avec le mignon TEMOIN AMOUREUX et le vraiment bon ANGLES D'ATTAQUE, la société ne se remet pas de ces succès. Artistiquement à la ramasse depuis ses débuts, les deux films précédemment cités font décidément tâches à côté des chefs-d'oeuvres qu'étaient l'injustement anonyme THE SKULLS 2 et le jubilatoire SEXE INTENTIONS 3. Invoquer le cinéma de leurs origines était donc un passage obligatoire pour revenir nager dans la vase de la médiocrité. Plus que jamais avec leur dernier virus, cette profession de foi sonne comme un accomplissement. Il s'appelle PROM NIGHT, slasher abominable et multiplicateur de déchets sur un cinéma devenu décharge.
Véritable sinécure pour leurs créateurs, que les 45 millions de dollars rapportés au box-office américain n'ont pas fini de faire rire, ce remake d'un petit film anodin du début des 80's a de quoi inquiéter. Non pas que l'on imaginait PROM NIGHT comme le renouveau d'un sous-genre plombé par ses archaïsmes, mais bien parce que jamais Ô grand jamais, un tel retour en arrière fut envisageable. Visiblement handicapé par une paire de cojones plus grosse que son cerveau, le scénariste de cette infamie a voulu faire les choses en grand en sculptant le corps de l'un des pires remakes de tous les temps. Oubliant sans doute que c'est une approche volontairement iconique de son boogeyman qui a fait le succès de John Carpenter avec HALLOWEEN, J.S Cardone tisse ici un script totalement éculé où des dandys mal baisés se font charcutés à la queue leu leu par un quidam mal rasé qui porte une casquette (et dont on apprend l'identité après 2 minutes de film).
Bien aidé par une équipe technique au diapason, dont un réalisateur qui ne peut s'empêcher de faire la sieste pendant les heures de tournage, PROM NIGHT incarne à la perfection tout ce qu'il ne faut pas faire dans un film de genre. Boursouflé par des références mal digérées jusqu'à l'embonpoint, le film de ce clown de Nelson Mc Cormick se veut Hitchcockien là où il n'est que Cravenien, thriller labyrinthique là où il n'est qu'ersatz. Cette parodie de psychopathe, qui se promène un quart d'heure quand il peut étrangler directement, se cache dans le placard quand il peut égorger sans prévenir et dissimule un cadavre dans un grenier quand bien même c'est lui qu'on recherche; ne sert ainsi qu'à nourrir des velléités de mise en scène obsolètes et une narration ultra-linéaire. En accentuant le sound-design à chaque ouverture de porte, l'apprenti-cinéaste ne fait qu'avouer ses faiblesses et son incompréhension totale du genre qu'il investit, là où découpage méticuleux et transgression étaient attendus. Se faire servir la soupe n'a jamais aussi plu aux adolescents qui se contenteront donc sans mal d'une réalisation didactique et de jumpscares pourtant jamais fortuits.
PROM NIGHT aurait donc pu être un énième produit calibré pour spectateurs négligeants si le cynisme nauséabond de ses producteurs n'était pas venu nous renvoyer brutalement à notre place. Dans un final spectaculairement con, le dégoût du spectateur nous éclabousse clairement au museau quand par deux fois, pour 3 en un seul film, une même séquence nous est montrée à l'identique. On n'osait déjà pas croire qu'une batte de baseball ou une lampe de chevet osaient être utilisées pour (tenter de) provoquer un sursaut tout mignon, mais nous resservir le coup de la silhouette qui apparaît dans le miroir tient du génie absolu.
Vous l'aurez compris, une grosse bousasse qui pue se nourrit avant tout d'un seul ingrédient : le mépris. Un emploi de séquences que plus personne n'utilise depuis des années, filmer des passages parodiés il y a 5 ans par SEX ACADEMY, pour un film qui permet à ses créateurs de conserver les 30 ans de retard qu'ils possédaient déjà sur la concurrence. En cela, PROM NIGHT est une grosse bousasse qui pue. CQFD.
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