Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juillet 2008 Mercredi 09 Juillet | Les critiques de la rédaction : Les Murs porteurs---------------------------------------------------------------Un film français de Cyril Gelblat avec Miou-miou, Charles Berling, Giovanna Mezzogiorno, Shulamit Adar, Dominique Reymond, Anaïs Demoustier, et Guillaume Romain
Genre : Comédie dramatique - Durée : 1H32 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Anne Bernex
Coup d’essai coup de maître : la première réalisation du jeune Cyril Gelbat nous dévoile un traitement magnifiquement inattendu de la maladie d’Alzheimer autour d’une famille juive parisienne.
La mère, Frida, est le centre de toutes les attentions ; malade, affaiblie par cette litanie de l’oubli contrebalancée de souvenirs brusques et d’autant plus douloureux qu’ils ne lui laissent que des « images », des « étincelles » de son amour perdu, son mari décédé qu’elle ne cesse de chercher dans son ancienne et vaste demeure.
« Les murs porteurs » part de cette danse incessante contre la disparition, l’image du proche effacée de la mémoire et soudain réapparaissant comme un spectre qui enjoint les autres personnages à « se souvenir de quelque chose » , presque comme pour sauver leur mère, à leur tour, de l’oubli.
De cette force et de cette finesse de capture se dégage des interprètes imparables, immanquables. Charles Berling trouve un de ses plus beaux rôles dans la composition d’un fils journaliste découvrant peu à peu le tragique de la perte identitaire. En fils secret et dévoué, absorbant toutes les maladresses et souffrances de sa mère, il se refuse néanmoins à la croire atteinte d’un tel « drame », comme pour lui insuffler davantage de vie et d’espoir, jusqu‘à la contempler seule, endormie, dangereusement immobile.
Miou Miou, mère au foyer discrète et sensible fait preuve comme toujours d’un sens du jeu exceptionnel, tout en retenue, tantôt dévastée par le temps qui fait son oeuvre et parfois débordante d’humour et d’humanité par une simple ride d’expression.
Les enfants, quant à eux, projettent par leur jeunesse enviée des autres protagonistes l’amour d’entre les générations, ouvrent la voie d’une postérité pleine d’ambition, de désirs matériels et de réussite.
Cyril Gelbat a su transformer un sujet à l’heure plus sociale que médicale en œuvre poétique et lumineuse.
La vie, dans sa plus pure expression, fruit de larmes et de rires mêlées, sans surenchère, sans suffisance.
Une perle de cinéma.
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