Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juin 2008 Mercredi 25 Juin | Les critiques de la rédaction : Diary of the Dead---------------------------------------------------------------Un film américain de George A. Romero, avec Shawn Roberts, Megan Park, Michelle Morgan, Nick Alachiotis, George Buza, Joshua Close, Christopher Cordell, et Wes Craven
Genre : Horreur - Durée : 1H35 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
Dès les premières minutes, la consternation est totale. On a du mal à y croire, surtout quand on voit le nom du réalisateur. Après tant d'années passées au sommet du genre, et dévoilant récemment de sérieuses baisses de régime avec un LAND OF THE DEAD très inégal, Romero serait-il vraiment fatigué au point de nous infliger une mise en scène aussi pauvre ? En seulement cinq minutes d'introduction, la caméra ne procure ni inquiétude, ni tension, ni efficacité du montage, ni terreur, ni éclats de gore. On ne ressent rien, et ce n'est pas l'apparition de quelques zombies en arrière-plan qui va nous apporter quelques doux frissons. Une absence de terreur qui va s'élargir jusqu'à la fin, et une réalisation sans relief qui joue le jeu de la vision subjective (fausse bonne idée). Pour intensifier le réalisme et les effets choc, on s'en doute. Mais pas seulement : comme à son habitude, Romero utilise le cinéma de genre pour parler des dérives du monde moderne.
Ici, son message est clair, aussi direct que visible comme le nez au milieu de la figure : la désinformation au cœur des médias est un danger pour la société, de même que la recherche du ''sensationnel''. Si l'on veut réellement voir un film qui traite ce sujet aussi bien sur le fond que dans la forme, autant revoir le TUEURS-NES d'Oliver Stone, film ultime sur l'influence néfaste des médias dans le monde d'aujourd'hui, ou encore le hardcore CANNIBAL HOLOCAUST. Et surtout, de la part d'un cinéaste qui s'est toujours attaché à faire gicler le gore entre deux réflexions politico-sociales, cette dénonciation ressemble à du foutage de gueule. Avec DIARY OF THE DEAD, Romero continue à filmer des zombies, en les plaçant cette fois non pas comme les victimes d'un système politique corrompu, mais comme les jouets inespérés d'une bande de cinéastes en herbe, désireux d'en mettre plein la vue au spectateur. Pour que le message sur les médias passe comme une lettre à la poste, il aurait fallu déranger, révulser, et rendre les scènes gore choquantes. Ce n'est pas le cas : on assiste à un gore fatigué, aussi choquant qu'un dévissage de tête dans n'importe quelle série Z.
Finalement, cela n'a rien d'une surprise : à force d'avoir tellement vu ça, on a fini par s'en lasser. Et surtout, il est triste de constater que l'usage de la caméra subjective, qui aurait pu constituer une idée géniale, ne procure rien d'autre qu'un ennui pesant et une tension inexistante. Quelques mois auparavant, CLOVERFIELD et [.REC] avaient su apporter une vraie nervosité au genre. Pour Romero, il ne suffisait pas de jouer sur la mise en abyme (le film est signé du nom du protagoniste-cinéaste présent dans le film) et de mettre des caméos de ses potes (Tarantino, Del Toro, Wes Craven…) pour surprendre. Dépassé par un style qu'il ne maîtrise pas, le cinéaste a perdu du vue ce qui faisait la force de ses films d'antan : une violence gore dérangeante, des discours politiques efficaces et une réalisation dénuées d'artifices. DIARY OF THE DEAD n'est pas un film d'horreur, plutôt un ectoplasme sans vie qui nous donne envie de compter les moutons. Et on le répète encore : il serait grand temps pour Romero de fermer la cage aux zombies une fois pour toutes, et de changer de registre.
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