Sorties cinéma Sorties Cinéma en Juin 2008 Mercredi 18 Juin | Les critiques de la rédaction : Speed Racer---------------------------------------------------------------Un film américain de Larry et Andy Wachowski avec Emile Hirsch, Christina Ricci, Susan Sarandon, John Goodman, Melvil Poupaud, Richard Roundtree, Joon Park, Paulie Litt, Matthew Fox, Kick Gurry, et Scott Porter
Genre : Action - Durée : 2H15 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Gas
On le redoutait, c'est arrivé : les frères Wachowski ont touché le fond. Qu'est-ce qui s'est passé dans leur tête ? Une simple envie de varier les genres ? Un changement radical de style ? Une overdose de bonbons Haribo ? Impossible à dire... Mais, après le polar lesbien, la SF philosophique et le thriller d'anticipation, les deux frangins se sont tournés vers une série animée japonaise de Tatsuo Yoshida, basée sur des courses de bolides futuristes dans des univers ultra-fantaisistes. Avec un respect palpable du matériau original, les cinéastes se sont lancés dans une adaptation où la vitesse et les couleurs flashy se télescopent en une véritable orgie visuelle. Du moins, c'est ce que la bande-annonce, très affolante, nous avait laissé croire. Au final, sans surprise, SPEED RACER est exactement ce que l'on pressentait : du jamais vu. Et c'est loin d'être un compliment, puisque ce ''truc'' n'a pas grand-chose à voir avec ce que l'on appelle le ''cinéma''. C'est un machin ''psychédélicoloré'' qui se voudrait être un cartoon en live, et qui n'est rien d'autre qu'un énorme foirage. Tellement énorme que cela (nous) crève les yeux.
Auparavant, les frères Wachowski nous avaient emmenés dans la Matrice, où il faisait bon de s'y perdre. Or, à la longue, on s'en lassait, l'exploration virait au prétexte pour en rajouter des tonnes dans le spectaculaire. Et cette Matrice, il faut croire qu'ils n'en sont visiblement pas sortis : perdus dans un univers qu'ils ne contrôlent pas, où tout va beaucoup trop vite, où la multiplication des effets spéciaux est inversement proportionnelle à la baisse de régime du scénario, où les décors sont aussi délirants que victimes de la dictature du fond vert, où les dialogues feraient sensation dans n'importe quel épisode de ''Candy'' et où le cinéma s'efface au profil d'une ratatouille visuelle indigeste, les deux frangins nous ont concocté un ovni halluciné qui part dans tous les sens, quelque part entre une publicité king size pour les Dragibus et une cinématique de jeu vidéo qui rappelle les pires séquences de SPY KIDS 3D. Ou comment opérer une vilaine sortie de route à force de trop jouer les brillants cinéastes qui prétendent n'avoir aucune limite (de vitesse)...
Ce qui rend SPEED RACER encore plus agaçant, c'est que le carnage visuel s'étend sur plus de deux heures, le tout saupoudré d'une bande-son saoulante (bien qu'assez inspirée). Si vous êtes en quête de fun et si vous aimez vous en prendre plein la gueule, le film aura de quoi vous satisfaire (si vous n'êtes pas intéressé, fuyez !). Mais entre les flashs aveuglants, la palette colorimétrique qui change tous les 3/4 de seconde, les travellings à 300 à l'heure et les loopings de caméra qui rendent l'action illisible, on est à deux doigts de choper une vilaine crise d'épilepsie. Le film s'adressant en priorité aux plus jeunes, je vous laisse imaginer l'ampleur des dégâts... Et le carnage continue avec le casting, constitué d'acteurs confirmés qui rivalisent de ridicule : d'Emile Hirsch à Matthew Fox, en passant par Christina Ricci et John Goodman, ils font franchement pitié... Au terme de deux heures d'épuisement, la course s'achève sur une morale niaise (en gros, les gentils triomphent et les vilains perdent : original, non ?), et nous, on sort de la salle avec une très vilaine migraine, agacés par ce ''Wipeout'' sous LSD qui confine au nanar absolu.
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