Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mai 2008 Mercredi 21 Mai | Les critiques de la rédaction : Nés en 68---------------------------------------------------------------Un film français de Olivier Ducastel et Jacques Martineau avec Laetitia Casta, Yannick Renier, Yann Trégouët, Christine et Marc Citti, Sabrina Seyvecou, et Théo Frilet
Genre : Comédie dramatique - Durée : 2H53 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Anne Bernex
Né en 68 est une affaire de générations : d'emblée, le ton est donné et l'histoire se dessine au travers de quatre décennies, de mai 1968 et ses "estudiantines" en pleine ébullition à mai 2007 et ce fameux discours d'investiture dont on connaît les dangereuses maladresses. Pas de dénonciation cependant, de la part du couple Ducastel et Martineau, heureux réalisateurs de l'excellent "Jeanne et le garçon formidable", pas de discours masqué derrière la politique fiction. Né en 68 est avant tout un film marathon, centré sur l'évolution psychologique et physiologique de ses principaux personnages, trois étudiants de 1968, prenant le contexte dans lequel ils grandissent à bras le corps et, quarante ans plus tard, la dévaluation de l'époque qui les a fait hommes et femmes comme une claque en pleine figure. Prise de conscience et mélancolie profonde.
Le parcours est ainsi long et difficile, parfois prisonnier d'une trop simple rétrospective, évasive même, mais aussi souvent souligné avec justesse, tendresse et lucidité. Premiers émois, premières expériences psychédéliques des seventies jusqu'au revers de la médaille, la difficulté de se ranger dans une vie de famille, situation décriée par les uns, revendiquant la liberté totale des moeurs, devoir sermonné par d'autres pour qui la "plaisanterie" adolescente n'a que trop durée. Une mosaïque d'impressions donc et de sentiments qui progresse peu à peu (et toutefois assez maladroitement au vu des interprétations très inégales) vers le drame "choc" des années 1990. Là est à la fois la qualité et le défaut majeur du film : tantôt suspendu au destin subtilement travaillé des personnages ou carrément relégué à des exercices de style, avec le risque de perdre en crédibilité : ainsi Leatitia Casta bel et bien investie dans son rôle de jeune fleur docile et innocente à ses 18 ans finit par se caricaturer en abordant son rôle de mère et ses "faux 50 ans" une heure plus tard.
Traversé par une réflexion habile et maîtrisée sur la naissance et la perte des idéaux de jeunesse, Né en 1968 est certes exposé à quelques faiblesses de scénarios, tri des événements oblige (on ne peut pas tout traiter), aux inégalités de rythme, mais rend sans aucune doute un bel hommage à toute une génération, incarnée par de multiples et complexes visages et servie par de fins et intelligents anachronismes.
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