Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mai 2008 Mercredi 07 Mai | Les critiques de la rédaction : GAL---------------------------------------------------------------Un film français et espagnol de Miguel Courtois avec José Garcia, Natalia Verbeke, Jordi Mollà, Ana Alvarez, Mercè Llorens, Abel Folk, Ricard Borras, Manuel Galiana, Mar Regueras, Bernard Le Coq, et Tomas del Estal
Genre : Policier - Durée : 1H45 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Anne Bernex
Dans les années 1980, la guerre entre le groupe des séparatistes basques de l'ETA et l'unité d'extermination dirigée par le gouvernement espagnol pour mettre fin à leurs activités, les GAL, fait rage. Un couple de journalistes mène l'enquête et tente de débusquer les secrets et officieux intérêts masqués derrière les manoeuvres apparemment "légales" des hautes institutions.
Préserver la paix démocratique en usant d'assassinats groupés et de coups montés, la thèse de ce thriller politique avait tout pour entrer en la matière le plus simplement possible : sans recourir forcément aux thèses politiques ou à la démonstration philosophique mais s'imprégnant d'elles à juste titre grâce à un parti-pris iconique singulier, il aurait suffit d'une mise en scène plus épurée et limpide pour donner à la réalisation ses titres de noblesse.
On ne taxera pas Miguel Courtois de manquer d'honnêteté dans cette course à la vérité et à la justice, cette dénonciation de la violence et des jeux de massacres, parquée aussi bien dans un camp que dans l'autre. Terroriser la population ou endiguer la "vermine terroriste", GAL hésite cependant à faire coup double, s'empressant de ne jamais divulguer l'opinion ou la prise de parti derrière une action chaotique voire brouillée et des dialogues encore à l'état d'ébauche.
Manquant parfois cruellement de style, retombant dans les filets du polar classique, on sentait pourtant dès l'entrée en matière de José Garcia (en version originale, ténébreux et intense) une belle démonstration de justesse et de finesse sur une sujet aussi sensible : s'absoudre de tout jugement de valeur pour laisser respirer l'audience mais lui poser peu à peu les éléments perturbateurs de l'intrigue pour lui laisser imaginer le pire. Suspendu à cet idéal, le ton aura tendance à s'essouffler dans la plupart des scènes difficiles. Dommage lorsque l'on admet l'implication de toute l'équipe artistique sur ce fragment ambigu et non résolu de l'Histoire contemporaine espagnole.
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