Sorties cinéma Sorties Cinéma en Avril 2008 Mercredi 23 Avril | Les critiques de la rédaction : Rec---------------------------------------------------------------Un film espagnol de Jaume Balaguero et Paco Plaza avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Pablo Rosso, David Vert, Vicente Gil, Martha Carbonell, et Carlos Vicente
Genre : Horreur - Durée : 1H20 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Sarah Nguimbous
Terrifiant, violent et sanglant... [Rec] est LE film à voir cette semaine !
Complètement filmé par une caméra numérique, [Rec] colle une fessée bien sonore au Projet Blair Witch et envoi Cloverfield au placard.
Le pitch : Angela est une présentatrice télé et anime une émission intitulée "Pendant que vous dormez". Elle décide de filmer la routine d'une caserne de pompiers pendant toute une nuit. C'est alors qu'ils reçoivent un appel et qu'ils doivent intervenir dans un immeuble. Une vieille dame est coincée dans son appartement et pousse des hurlements hystériques...
Une fois entrés dans l'immeuble, le cauchemar commence !
Après La Secte sans Nom (2000) et Darkness (2002), le réalisateur Jaume Balaguero et son acolyte, Paco Plaza, nous offrent un film d'épouvante digne de ce nom et enfin à la hauteur de nos attentes.
Réalisé à la façon d'un reportage, caméra au poing (moins gigotante que celle de Cloverfield, c'est agréable), [Rec] transforme un fait divers insignifiant en un huis-clos oppressant. Personne ne peut sortir de l'immeuble, le spectateur découvre ce qu'il se passe en même temps que les personnages tout en étant cramponné à son siège. [Rec] maîtrise son suspens en jouant allègrement avec nos nerfs, oscillant entre l'horreur et quelques séquences humoristiques pour détendre (trompé ?) son spectateur... Mais finalement, le film reprend sa descente en enfer et nous finissons plongés dans une angoisse intense jusqu'à la fin, basculant dans l'hystérie collective, la terreur et le chaos.
Bref, [Rec] sors de l'ordinaire et évite avec brio les clichés habituels (les Américains sauvent tout le monde, vive l'Amérique), grâce à une réalisation quasi parfaite, pourtant risquée, sans nous frustrer. Malgré quelques point de suspension, le scénario tient la route et reste réaliste et très crédible.
[Rec] nous tient en haleine dès le départ et fait monter la pression jusqu'à la fin.
Peu, voire pas de bémol dans ce film, si ce n'est la durée (1h20), mais [Rec] a l'avantage de ne laisser aucun temps mort. C'est tellement bon qu'on pardonne les défauts (le caméraman filme tout, même en étant en danger de mort...). Certes, certes, certaines scènes peuvent être prévisibles, mais la tension est si dense tout au long du film, qu'on arrive toujours à être surpris.
Félicitations au casting qui a su rester dans le bon ton du film, sans en faire des tonnes comme dans Blair Witch ou Cloverfield, avec une mention spéciale pour Manuela Velasco qui, pour son premier film, a réussi à entretenir le suspens et la terreur, avant de sombrer, elle aussi, dans l'hystérie et l'horreur.
Pour conclure et résumer, [Rec] va vous coller une frousse monumentale !
| Par André Ruellan
C'est quand même peu banal de considérer cet excellent film espagnol comme exemplaire dans le genre horreur, alors qu'il est construit de bout en bout comme un effrayant reportage télévisé en temps réel.
Sont employés évidemment les ingrédients habituels sauce vampires-zombies, mais le fait de se retrouver en tant que spectateur derrière la caméra vidéo de reportage qui distribue des images sautillantes, hachées mais terriblement efficaces, accentue le réalisme de ce film bref mais virtuose, qui happe l'attention de façon horriblement réaliste, que l'on oublie qu'il s'agit de comédiens auxquels il faut rendre hommage tant leur jeu d'acteur se dilue dans un épouvantable cauchemar centré dans un escalier d'immeuble de la ville de Barcelone. Ca c'est du cinéma!
| Par Guillaume Lasvigne
A l’heure où le second visionnage de Cloverfield fait des ravages au point de remettre totalement en cause les qualités perçues au premier abord et permet d’identifier les multiples faiblesses de son concept, une œuvre présentant le même procédé narratif que le film de Matt Reeves pointe le bout de ses bobines. La plupart des festivals s’en souvient encore, le film ayant raflé toute une panoplie de prix et prenant le soin de terrifier un public qui le récompensera par ailleurs à deux reprises. Espagnol de surcroît, [.REC] avait tout un argumentaire pour mettre le monde à ses pieds et donner ses lettres de noblesse à un concept qui n’avait a priori jamais trouvé de vraie référence. Alors, même pas peur ?
S’il demeurait une inconnue avant d’entamer l’aventure, c’était bien de savoir de quelle façon le système allait être exploité. Là où Cloverfield se montrait finalement prévisible et minimaliste dans le déroulement de l’action, Balaguero et Plaza ont eux penser leur sujet de A à Z afin d’exploiter au mieux l’approche télévisuelle dans laquelle ils nous embarquent (on suit le tournage d’une émission de télévision) et de franchir le simple aspect de la caméra portée. De fait, le découpage se limite à l’utilisation de la caméra et à son arrêt, et nous suivons par conséquent l’intégralité du tournage en temps réel, ce que l’idée d’un huis-clos transcende à merveille par le biais d’une exploitation de l’espace qui n’est permise que par l’objectif de la caméra, qui elle ne réagit qu’en fonction des évènements, là ou Cloverfield se montrait démonstratif et abusait d’un langage cinématographique inapproprié par rapport à la situation du caméraman. Paradoxalement, ce qui permet à [.REC] de faire grimper la tension est aussi ce qui l’annihile instantanément. Car si le concept est pensé et exploré avec une sincérité évidente, il reste partiellement incompatible avec la notion de cinéma. On suit un tournage en temps réel, le duo fait donc son travail, suit le déroulement des incidents, filme les pompiers dans leur déroute, mais réalise aussi des interviews, ce qui ne nous est donc pas épargné. Et une demi-heure de dialogues interminable destinée au téléspectateur, ennuie désespérément le spectateur. On ne nous apprend que peu de choses, on observe un couple d’octogénaires se disputer, on s’amuse, ce qui fait instantanément descendre la tension en dessous de zéro, en sus de nous ennuyer profondément, ce qui n’a absolument rien à faire dans un film destiné en priorité à nous anéantir le trouillomètre.
Parce qu’on ne pourra pas reprocher aux deux cinéastes de bâcler leur entreprise, ceux-ci n’ayant de cesse de soigner la psychologie de leurs personnages avec une envie salvatrice. La crédibilité est à son paroxysme et permet, outre de ressentir une profonde empathie envers eux, de passer de la solidarité complète à la folie généralisée. Il fallait au moins cette sensation de réel pour refaire grimper l’adrénaline dans ce survival sous quarantaine aux allures de Resident Evil. Mais comme pour La Secte Sans Nom, la propension de Balaguero à vouloir trop en faire finit par le piéger. Le réalisateur ibérique et son compère sont ainsi contaminés par une horde de clichés totalement improbables et terriblement énervants, achevant le caractère anti-spectaculaire de leur œuvre. Si quelques sursauts et l’utilisation optimale et poussée de la caméra sauvent le film, on ne cessera de nourrir le regret de ne s’être jamais vraiment fait piéger et d’avoir assister à une œuvre bancale et trop rarement effrayante.
Vous l’aurez compris, malgré la sincérité et le talent évident de ses deux créateurs, [.REC] voit trop souvent ses avantages se retourner contre lui. De quoi s’interroger sur le principe même de la vue unique et subjective… en attendant Romero.
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