Sorties cinéma Sorties Cinéma en Avril 2008 Mercredi 16 Avril | Les critiques de la rédaction : Ploy---------------------------------------------------------------Un film thaïlandais de Pen-Ek Ratanaruang avec Ananda Everingham, Lalita Panyopas, Porntip Papanai, Apinya Sakuljaroensuk, Pornwut Sarasin, et Thaksakorn Pradapphongsa
Genre : Drame - Durée : 1H47 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
For relaxing times, make it Santori time... Et oui, Bill Murray a eu beau me prévenir de façon incessante au détour d'un chef-d'oeuvre, ma connerie a des limites qu'elles même ne connaissent pas. Me saouler la gueule au whisky était pourtant une étape qu'il était impératif de franchir afin d'annihiler tout probabilité de survie quant à mon esprit critique, lui-même particulièrement excité durant le visionnage de ce PLOY, énième fable existentielle d'un cinéma qui commence sérieusement à nous pomper l'air. Non pas que disserter sur l'inévitable fuite du temps et sur les conséquences d'un amour disparu doive se révéler inévitablement vain et prétentieux, mais il est souvent utile et même impératif de rappeler à ces initiateurs que ne peut pas s'improviser Wong Kar-Wai qui le désire. Et pour s'extirper des draps ultra-semencés des oeuvres à vocation masturbatoire, intéresser son spectateur en pensant son sujet en des termes iconoclastes se doit d'être la priorité ultime de son auteur. Je sais, le combat est loin, très loin d'être gagné.
On ne peut pourtant pas se montrer d'une totale mauvaise foi envers le métrage. Si l'on épargnera pas Pen-Ek Ratanuarang de s'être montré ouvertement contemplatif dans sa mise en scène, oubliant du même coup de donner un sens à des propos clicheteux jusqu'à la moelle mais humanistes, son récit parvient de peu à convaincre grâce une caractérisation minimaliste mais paradoxalement limpide de ses protagonistes, via un jeu d'ellipses parvenant à susciter de justesse l'attachement à des personnages par ailleurs profondément caricaturaux. Comment en effet accorder une quelconque crédibilité à cette histoire d'un autre âge, où un couple passe une année entière sans faire l'amour sans que cela ne gène quelqu'un, mais dont la femme va brutalement faire preuve d'une jalousie excessive vis-à-vis d'un jeune fille de 19 ans, invitée par son mari qui l'autorise à rester 4 heures dans leur chambre d'hôtel pour attendre sa mère ? Vous l'aurez compris, nous sommes bien dans ces approches débiles de la perte de la passion, où la femme demande à son mari si il l'aime et où le monsieur lui répond par la fameuse question : « Est-ce que tu as tes règles ? ». Une telle innocence force l'admiration, d'autant plus lorsque le cinéaste s'essaie systématiquement à travailler son ambiance sans jamais y parvenir.
En effet, la volonté de développer la notion même d'humanité est moins détruite à sa source par les trois pauvres lignes de dialogues confiées à chaque acteur que par l'absence totale de mise en scène. Une démarche prétentieuse de la part du réalisateur thaïlandais, qui accumule les plans fixes comme une de ses héroines se fait enfiler par le barman, et dont les seuls travellings consistent à suivre le peuple dans des couloirs. Doublées d'un découpage hasardeux, les quelques séquences érotiques arrivent comme un cheveu sur la soupe, qui, du fait de l'absence totale de point de vue dans la mise en scène, n'apportent rien de plus à une narration linéaire et déjà vide de tout sens. Le personnage de PLOY n'apporte strictement rien, on ne nous raconte rien et par dessus le marché, on nage constamment en terrain connu, ne nous évitant aucun poncif. Comme s'il fallait y mettre plus d'entrain pour nous pousser au revisionnage de 2046, une délicieuse chansonette sera poussée dans une litanie finale pour culs-bénis.
Bref, sur un fond similaire, serait-il indispensable de vous recommander une révision intensive du LOST IN TRANSLATION de Coppola ? Sans doute possible, oui. PLOY se plante lui dans les grandes largeurs de sa réflexion, et peut vivement remercier son casting. Lalita Panyopas, je t'aime.
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