Sorties cinéma Sorties Cinéma en Avril 2008 Mercredi 09 Avril | Les critiques de la rédaction : The Eye---------------------------------------------------------------Un film américain de David Moreau et Xavier Palud avec Jessica Alba, Parker Posey, Alessandro Nivola, Tamlyn Tomita, Aaron Paul, Girard Swan, Tegan Moss, Zak Santiago, Chloe Moretz, Rachel Ticotin, et Rade Serbedzija
Genre : Horreur - Durée : 1H37 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Guillaume Lasvigne
Remake et cinéma de genre sont-elles deux notions compatibles ? Si certains cinéphages grabataires persisteront dans l'affirmative, majoritaire est le public cinéphile ayant compris la fatalité dont ils étaient victimes. Car là ou un film de genre exige, outre l'implication totale d'une équipe intègre, de penser avant tout son œuvre en des termes artistiques et transgressifs, le remake n'est principalement utilisé qu'à des fins mercantiles servant la soupe à un public ciblé et ignare. Mais là où ce terme paraîtraît a priori péjoratif pour tous les esprits bien-pensants, se trouve pourtant la source même de ce maelström de créations. Les producteurs américains l'ont compris depuis des lustres et multiplient aujourd'hui ce genre d'initiatives, honteuses mais éternellement lucratives. Comme si cela ne suffisait pas, les initiateurs de ces machines à fric font désormais appel à de jeunes réalisateurs étrangers et les métamorphosent en simples exécutifs d'une commande qui leur permettra d'avoir une totale emprise sur le projet. Sans être passés sur un remake, nombreux sont les cinéastes français à avoir tenté le rêve américain et autant sont à l'avoir regretté. C'est pourtant presque sans surprise que l'on retrouve aux commandes du dernier né les deux créateurs de l'indéfendable Ils, arrivistes et finalement idéologiquement compatibles avec ceux qui les dirigent. Vous l'aurez compris, The Eye n'est qu'un énième foutage de gueule qui justifie le pessimisme de la communauté geek envers un art autrefois digne et respecté, aujourd'hui fallacieux et désincarné.
Paradoxalement, on pouvait se demander comment Xavier Palud et David Moreau, les deux compères chargés du remake, allaient traiter un scénario en rupture totale avec les infames produits ensanglantés que l'on nous sert habituellement. Pas de racolage en vue, pas d'effets gore facile et complaisant, juste une jeune musicienne qui tombe dans le paranormal suite à une transplantation de la cornée. Bref, tout pour faire au moins aussi honnête que l'original Thaïlandais et rechercher à travailler une atmosphère proche d'un Sixième Sens. Manque de bol, le duo fait tout, absolument tout pour montrer qu'à défaut de talent, un bon sujet ne peut se suffire à lui-même. On pourrait bien sûr débattre ad vitam eternam sur la vacuité artistique démontrée par les deux frenchy, déjà omniprésente dans leur premier long-métrage, si n'importe quel argumentaire pouvait tenir une seconde face au pillage effectué sur le film des frères Pang. Mouvements de caméra identiques, découpages et transitions de montage calqués au cheveu près sur leur modèle, la sincérité me pousse à dénoncer une démarche qui rend presque tangible le fait de s'appuyer sur la méconaissance cinématographique de ses spectateurs pour y dissimuler l'absence d'inventivité. C'est sans compter également sur le scénario de Sebastian Gutierrez, comble du mépris et travail de réécriture minimaliste, qui ne travaille jamais sur ses personnages, se veut démonstratif et qui surtout, démontre clairement l'incompréhension du cinéma de genre par leurs auteurs.
C'est donc à peine surpris mais zigomatiques activés que l'on observera Jessica Alba chercher si un bougre ne se serait pas caché dans le four de la cuisine, que l'on se demandera avec un air interrogateur si la silhouette que l'on voit au fond du couloir à travers le judas ne va pas nous foncer dessus (non quand même, il n'oserait pas), et que l'on mimera la peur après que notre charmante actrice aie regardé une fois à gauche, une fois à droite, si la méchante madame ne s'est pas cachée quelque part (va-t-elle nous sauter à la gueule une fois après avoir regarder en face ? Suspens !).
Cela va sans dire, il y aurait tellement de choses à reprocher à cette innomable purge que je n'aurais jamais assez d'une chronique pour en parler. Un deuxième coup de maître pour le dyptique Palud-Moreau, qui est désormais au cinéma de genre ce que Uwe Boll est au film d'auteur. Bien vu l'aveugle.
| Par Sarah Nguimbous
Essai raté... et pourtant prévisible. Le remake de The Eye ne vaut pas un clou et c'est bien fait ! A force de vouloir américaniser le cinéma asiatique, voilà le résultat. Après The Ring de Hideo Nakata, c'est au tour de The Eye des frères Pang de passer à la machine à rater.
Le Pitch : Sydney est une jeune femme presque comme les autres. Sauf qu'elle est non-voyante depuis ses 5 ans. Mais tout va changer lorsqu'elle va subir une greffe de cornée. Elle va retrouver la vue et même voir ce qu'elle ne devrait pas voir.
Des ombres grimaçantes, de la musique à suspens reglée trop fort, des mines terrifiées et des morts partouts... Et pourtant The Eye n'est rien d'autre qu'une vaste heure et demie où l'on regrette de ne pas avoir apporté un oreiller !
Du film original, Palud et Moreau (des réalisateurs français pourtant...) n'ont gardé que les scènes clés sans pour autant leurs donner plus de cachet. Et c'est vraiment dommage, car l'opus original avait l'art de manier le suspens et de surprendre le spectateur.
Tout est désordé, c'est un grand fouilli baclé car tout va trop vite et c'est mal expliqué. On nous jette des fantômes à la figure les uns après les autres et Jessica Alba a beau froisser son joli minois, rien n'y fait.
L'histoire s'embourbe dans le bouquet final, s'éloignant de plus en plus du film et malgré les efforts des acteurs et les effets spéciaux, on a vite hâte de sortir de la salle.
Coté acteurs,
Jessica Alba incarne le rôle de Sydney, la non-voyante qui recouvre la vue, avec peu, très peu de conviction. Dommage pour un rôle principal, le film reposait sur ses épaules. Vivement la suite des Quatre Fantastiques pour que ses fans se remettent de cette déception.
Alessandro Nivola fait une apparition en tant que médecin... parfaitement inutile.
Pour conclure, parce qu'au final, il n'y a quasiment rien à dire sur ce film, si vous avez vu The Eye des frères Pang, n'allez surtout pas voir ce remake à deux francs six sous, vous serez déçu.
Si vous ne l'avez pas vu, épargnez-vous les frais d'une place de cinéma et louer l'original.
Ce film ne vaut absolument pas le déplacement. Vous êtes prévenu.
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