Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mars 2008 Mercredi 19 Mars | Les critiques de la rédaction : Black Sheep---------------------------------------------------------------Un film néo-zélandais de Jonathan King avec Matthew Chamberlain, Tammy Davis, Oliver Driver, Peter Feeney, Kevin McTurk, Nathan Meister, Mick Rose, Glenis Levestam, Jono Manks, et Danielle Mason
Genre : Horreur - Durée : 1H27 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
A peine débarrassés des immondes scories de Isolation et de son improbable veau mutant (bon dieu, 2 ans déjà) qu'une armée de moutons carnivores tente de nous les dévorer. Ils viennent de Nouvelle-Zélande, ils aiment les tripes humaines et la bonne chair, ils passent leur temps à brâmer mais surtout, ils ne sont pas contents (et très très méchants). Tout pour plaire. Dieu soit loué, Jonathan King ne prend pas la pose auteuriste et n'essaie jamais de nous vendre un spectacle purement horrifique, préférant assumer pleinement la pantalonnade qu'il met en images. Du grand portnawak qui s'assume en tant que tel, c'est rare, ça fait plaisir, mais ça ne fait pas forcément travailler les zygomatiques.
Rafale de boyaux et n'importe quoi consciemment développé, de quoi nous rappeler au doux souvenir du récent et délirant Pervert! de Jonathan Yudis, qui mettait en scène un sexe serial-killer ultra-vénère dans la pampa américaine et ses plaisirs libidineux. Et si ici les personnages sont moins décérébrés et le ton moins gonzo, comment prendre une seconde au sérieux l'application des codes du film de zombies à une ferme du fin fond de la campagne néo-zélandaise ? Impossible forcément, aussi est-il heureux de constater que ce n'est jamais l'objectif du scénario (du moins on l'espère, certaines interviews du réalisateur laissant perplexe), qui accumule sans gènes les répliques débiles parfois drôles mais tombant trop souvent à plat, la faute à un contexte privilégiant un comique de situation maladroit et abondamment lourdingue. Sans jamais plonger son sujet dans la parodie, les jets d'hémoglobine s'avèrent suffisamment généreux et participent activement à l'installation de cette ambiance burlesque qui prend tout pour du grand-guignol. Rares sont les scènes cultes, même si l'on se repassera en boucle la sortie de route du camion, mouton au volant et autres séquences réussies. Dommage que Jonathan King aie du mal à trouver ses marques et à vraiment basculer dans un genre précis qui aurait rehausser l'intérêt d'un tel projet. Preuve ultime que l'anti-conformisme n'est pas toujours vecteur de réussite.
Faussement engagé quant à une idéologie scientifique déviante mais réellement intéressant, Black Sheep n'est cependant pas un parangon de mise en scène ou de comédie (et encore moins d'épouvante), mais a le mérite d'incarner la meilleure extinction de neurones de la semaine et la plus originale de ces derniers mois. Faire la fine bouche serait facheux.
|
|
| |