Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mars 2008 Mercredi 05 Mars | Les critiques de la rédaction : L'Orphelinat---------------------------------------------------------------Un film espagnol de Jose Antonio Bayona avec Belén Rueda, Fernando Cayo, Roger Príncep, Mabel Rivera, Oscar Casas, Mireia Renau, Georgina Avellaneda, Montserrat Carulla, Andrés Gertrudix, et Edgar Viva
Genre : Horreur - Durée : 1H46 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Guillaume Lasvigne
Et puis après tout, pourquoi le répéter ? Le cinéma de genre espagnol n'a pas d'égal. Depuis des années maintenant, les Balaguero, De La Iglesia et autres Cerda n'ont de cesse de nous livrer des oeuvres introspectives poignantes, toutes résultantes d'un travail en amont digne, sincère et personnel sur les peurs et les deuils les plus profonds de l'être humain. Une nouvelle vague hispanique qui connaît le genre sur lequel il travaille, le comprends et l'utilise afin de transcender avec virtuosité ses valeurs les plus codées. Et avec un génie incarné par Guillermo Del Toro à ses côtés, on ne pouvait espérer de Juan Antonio Bayona qu'une oeuvre intègre et humaniste qui, malgré son statut de premier long-métrage, se glisserait dans cette même lignée. Et pourtant, qui aurait pu imaginer une pareille apparition divine, qui aurait pu rêver d'une utopie enfin matérialisée ? Parce que oui, L'Orphelinat est vraiment, mais alors vraiment un grand, un très grand film.
Premier film d'une grande partie de l'équipe (scénariste et compositeur notamment), L'Orphelinat est l'archétype même du film qui nous explose en plein visage les réflexions intimes des auteurs qui l'ont façonné. Sous couvert d'une structure narrative, d'une intrigue et d'un environnement typiques d'une histoire classique de fantômes ou de maison hantée, Juan Antonio Bayona modèle à volonté les codes visuels et scénaristiques des modèles dont il s'inspire, pour finalement s'échapper totalement du cadre d'un cinéma fantastique ultra-codé et livrer une introspection bouleversante liée à la mort de l'enfance, au passé refoulé et à l'ensemble des conséquences que cela engendre. Grâce à des personnages poignants et au script bétonné de Sergio Sanchez, L'Orphelinat installe avec virtuosité une ambiance aux aspects hybrides oppressants, joue avec les genres et s'impose comme une oeuvre dense, complexe, un film somme dont la maîtrise éclate constamment à la gueule de son spectateur. Premier coup d'essai ou pas, force est de reconnaître à Bayona le talent dont il fait preuve dans l'approche visuelle et émotionnelle de son sujet. Si l'on notera quelques problèmes de rythme et une bande originale un peu pénible (voir hors de propos, mais par ailleurs inoubliable) à certains rares instants, ce sera bien pour emmerder le monde, tant les défauts paraissent anecdotiques face au maeström de qualités incessantes dont fait preuve le cinéaste. Photographie impeccable, caméra intimiste qui privilégie constamment la force de l'imaginaire face à des douleurs réelles et permanentes, sa mise en scène se révèle bluffante (parvenant même à susciter une peur lors de scènes en extérieur jour) et accumule les scènes d'anthologie. A l'instar d'Abandonnée de Nacho Cerda ou du Les Autres de Amenabar, la mort et la mélancolie d'une enfance refoulée occupe une grande part des thématiques abordées. Le fantastique n'a jamais aussi bien été peint à l'écran qu'en Espagne, et ce n'est certainement pas les 4 Goyas remportés par le métrage qui vont faire mentir cette tendance.
Vous l'aurez compris, dire que L'Orphelinat est un grand film serait faire offense à ses qualités. Non, bien plus que ça, le premier film de Juan Antonio Bayona est un grand, un très grand, un putain de chef-d'oeuvre total et définitif. A en pleurer.
| Par André Ruellan
Remarquable ! Je ne suis pas particulièrement fana des films de ce genre, j'en ai vu parfois de bons, mais ce dernier est exceptionnel dans sa façon de triturer le spectateur et de l'amener à avoir presque peur avec de purs fantasmes dans une suite d'épisodes très courants. Et ça, c'est effrayant, car le spectateur est emmené dans une spirale énigmatique sans que ne soit mis en branle toute une armada d'effets spéciausx et sanglants.
Phare éteint, grotte obscure, demeure bien cirée mais aux gonds de portes mal huilés et surtout ce diabolique placard à balais qui, en définitive, joue l'effroyable rôle du destin ... voilà du fantastique suggestif qui aboutit à un drame humain, montré en images captivantes par une caméra pleine d'attentions, qui virevolte et décrit ce cadre alambiqué et mystérieux fait d'apparitions, de disparitions, de bruits qui nous paraissent étranges et font vibrer les fauteuils, alors que leur présence n'est que tangible.
Par ce film, voilà l'effroi de main de maître, magistralement filmé et très bien interprèté par un couple d'acteurs au talent aussi expressif que physique.
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