Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mars 2008 Mercredi 19 Mars | Les critiques de la rédaction : A bord du Darjeeling Limited---------------------------------------------------------------Un film américain de Wes Anderson avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman, Waris Ahluwalia, Irfan Khan, Barbet Schroeder, Camilla Rutherford, Bill Murray, Amara Karan, et Wallace Wolodarsky
Genre : Comédie - Durée : 1H31 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
NAIF ET DEBILITANT. Mais d’abord et avant tout pour soi-même, donc égocentré. Trois frères à la recherche de leur mère disparue dans quelque monastère chrétien en Inde hindouiste, juste après ou avant la mort de leur père qu’ils ont enterré seuls, se retrouvent dans une aventure sans queue ni tête, sinon la queue de quelque taureau et la tête fortement mordeuse de quelque cobra, où ils se haïssent avec le plus d’amour qu’on peut souhaiter dans un voyage absolument claustrophobe en compartiment première classe de couchettes de luxe d’un train indien dont ils finissent par se faire expulser. Et la suite est du même tonneau qui saute comme les pois sauteur du Mexique du coq à l’âne. Leur périple spirituel devient un véritable cauchemar. Mais que reste-t-il de tout cela quand le thé Darjeeling a été infusé, versé et bu ? Rien sinon un peu d’eau que l’on rejettera dans quelques heures. Le film ne saisit en rien la réalité désarçonnante de l’Inde et encore moins la spiritualité de la religion hindouiste réduite à des clichés incompréhensibles. En d’autres termes, on aurait pu faire beaucoup mieux et sans grands efforts.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Cédric Jager
Qu’y a-t-il de pire pour un jeune réalisateur talentueux que de tomber dans une certaine routine ?
A l’origine de ce film, il y a un court-métrage mettant en scène les retrouvailles de Jason Schwartzman, un des trois frères dans le long-métrage et Nathalie Portman dans un hôtel parisien. Hôtel Chevalier, du nom de cette « introduction », était prometteur parce qu’il exprimait une belle et vraie mélancolie. Promesse qui n’est malheureusement pas tenue par le cinquième film du réalisateur de La vie aquatique tant ce dernier opus semble avoir été réalisé en pilote automatique. Spécialiste des comédies surréalistes, Wes Anderson nous plonge dans un road-movie ferroviaire où les situations incongrues se succèdent dans un décor kitsch de pacotille. Mais pour une fois la magie ne prend pas, l’absurde qui fait habituellement mouche ne fonctionne pas. Quant aux personnages, grande force de ses films précédents, ils ne sont ici ni originaux, ni attachants, bien qu’interprétés honnêtement par des habitués de l’univers d’Anderson (Jason Schwartzman, Owen Wilson) et un nouveau venu qui s’intègre très bien, Adrien Brody. On appréciera d’ailleurs le passage de relais au début du film entre ce dernier et Bill Murray qui avait jusque là figuré à tous les génériques des films du metteur en scène.
Quant au théâtre de ces évènements, l’Inde, on se demande comment Wes Anderson a pu à ce point passer à côté de ce pays si passionnant et si riche. Sur le conseil de Martin Scorsese, le cinéaste dit s’être inspiré du fleuve de Renoir mais le film semble oublier ce grand pays et le choc culturel qui devrait résulter de l’expédition de ces trois américains. Ceux-ci sont censés poursuivre une quête spirituelle dans ce pays qui l’est beaucoup et pourtant ce qui est montré de l’Inde est réduit à une portion congrue à la limite des stéréotypes. Le cinéaste n’a pas su filmer l’Inde et on est bien loin du classique de Renoir.
On en sort avec la désagréable impression que Wes Anderson ne s’est pas beaucoup foulé, que son projet ne manquait pas d’ambitions mais qu’il ne s’est pas donné les moyens pour réaliser un film à la hauteur de celles-ci.
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