Sorties cinéma Sorties Cinéma en Mars 2008 Mercredi 12 Mars | Les critiques de la rédaction : 10000---------------------------------------------------------------Un film américain de Roland Emmerich avec Steven Strait, Camilla Belle, Omar Sharif, Cliff Curtis, Marco Khan, Mo Zinal, Joel Virgel, Nathanael Baring, Reece Ritchie, Suri van Sornsen, et Tim Barlow
Genre : Aventure - Durée : 1H34 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
Si Rolland Emmerich n'a jamais dissimulé sa prétention en ce qui concerne les effets spéciaux de sa dernière blague, il n'a pas non plus recherché la promo facile en mettant en exergue la richesse de sa mise en scène ou la densité d'une fresque préhistorique humaniste qu'incarne son scénario. Une honnêteté assez rare pour être passée outre mais qui en criait paradoxalement très long sur les improbables qualités du métrage. Car si l'on reconnaît au cinéaste une volonté sincère de créer des blockbusters bien baveux en terme d'effets spéciaux, son profil auteuriste désireux de poser de vrais enjeux et de susciter une réelle réflexion (Mel Gibson et Steven Spielberg demeurent les maîtres en la matière) fait preuve d'une rare intangibilité. Comme quoi, aux innocents les mains pleines et aux spectateurs d'assumer le prix du ticket.
Mais ne partons pas défaitistes. Si on peut dire que l'on savait à quoi s'attendre, c'est à peine si l'on espérait une histoire digne de ce nom. Si certains se plaindront maladroitement que les faits de l'époque ne sont pas respectés parce que les humains parlent anglais (!!) , il sera heureux de constater que l'acolyte de Emmerich au scénario (déjà responsable du Jour D'Après et de l'inénarrable Alien Vs Predator) va plus loin dans le domaine en ne nous proposant absolument rien à raconter ! Un vide total et ahurissant de culot, comme on l'aime, parsemé malgré tout de quelques dialogues bien Z, cocktail savoureux de constats débiles et autres philosophies de comptoir; de scènes d'actions aussi rares qu'insipides et de personnages tous droits sortis de l'univers des Pierrafeu. Boursouflé de clichés jusqu'à l'embonpoint, 10 000 est un de ces rares films qui brasse du vent autant qu'il se fait huer et dont la démarche en amont de son réalisateur, consensuelle et prétentieuse, n'amène pas l'ombre d'un capital sympathie à un film a posteriori totalement inutile.
Le divertissement, gâché par une mise en scène impersonnelle, bien trop propre et sans aucun parti pris (il faut quand même voir les deux-trois vues panoramiques pour se rendre compte de la fainéantise du bonhomme), ne sera même pas de mise; à peine sauvé du gel par les deux lignes de dialogues salvatrices confiées à l'amorphe mais belle Camilla. Ne surtout pas croire que les effets spéciaux sauveront le récit, si ce n'est un pauvre mammouth décalqué à l'infini, la plupart du temps gâchés par une photographie quelconque rendant l'aspect des couleurs, trop vives, bien trop digitalisé. De quoi rendre l'aventure encore moins passionnante qu'elle ne l'a jamais été. Potentiellement intéressant pour continuer, continuer de rêver des enjeux civilisationnels d'Apocalypto et des questionnements d'autres blockbusters Spielbergiens encore longtemps.
Cerveau en mode RIP, activé.
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