Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2008 Mercredi 27 Février | Les critiques de la rédaction : There Will Be Blood---------------------------------------------------------------Un film américain de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Kevin J. O'Connor, Ciaran Hinds, Harrison Taylor, Stockton Taylor, Paul F. Tompkins, Dillon Freasier, Barry Del Sherman, et Russell Harvard
Genre : Drame - Durée : 2H38 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
SANGUIN,SANGUINAIRE,SANGLANT. Je ne peux pas résister même si l’hémoglobine n’est pas dominante. Il s’agit d’un sang beaucoup plus symbolique, métaphorique. On dépasse d’emblée tous les vieux modèles sur la conquête de l’or noir pour entrer dans un film qui nous parle de l’avenir et pas du passé. Mais qu’est-ce qui rend ce film original ? D’abord il s’agit d’un petit homme-pétrole confronté au gros Standard Oil et qui devra signer avec un concurrents de ce SO, ESSO, pour ne pas être jeté à la rue avec un million de dollars. Le second élément est le désert dans lequel il s’installe, un désert où les intégristes chrétiens gouvernent sans limites sous la houlette brutale et tyrannique d’un faux prophète qui joue à la fois à l’évangéliste, au prêtre et à l’intercesseur majeur. Il impose sa volonté et son contrôle sur tout. Mais faux il est car ce prophète sombrera rapidement dans la concupiscence, la cupidité, les péchés multiples et sans fin. Notre pétrolier alors s’opposera à lui quand nécessaire, le négligera quand il le pourra, et se soumettra quand il le devra. Parfaite image de l’autoritarisme quotidien qui implique et impose, au nom du sang de Jésus, un fascisme implacable. Mais le pétrolier gagnera bien sûr car il a l’intelligence de la jungle économique bien qu’il n’ait pas celle de l’apocalypse mystique. Le film ajoute ensuite la figure du fils de ce monsieur pétrole, un fils qu’il a recueilli dans une vie antérieure, orphelin donc. Cet enfant aura un accident qui le rendra sourd. Le père s’en débarrassera dans une école pour sourds à San Francisco. Mais l’enfant reviendra pour être éduqué par un professeur spécialisé sur place. Il tombera amoureux de la sœur du faux prédicateur, l’épousera et décidera de partir au Mexique pour créer son entreprise. Le père alors ne sera pas capable de faire face à cette évolution et sombrera dans de noires imprécations. Une image du capitalisme sauvage de l’Ouest et du Far West si sombre que même le soleil de l’amour, peut être, s’en trouve pâli. C’est tout dire en Californie où le soleil est roi. Et pourtant le film montre aussi que sans ces entrepreneurs fous le monde est conduit inéluctablement à l’intégrisme religieux, à la misère désertique et à la stagnation sans espoir. Vaut-il mieux la stagnation intégriste qui mène à la dictature ou bien la brutalité bestiale d’un ordre économique sauvage ? Poser ainsi la question en termes binaires c’est s’empêcher d’y répondre. Non on ne doit pas choisir entre la peste et le choléra. Mais il y a aussi les médecines douces qui permettent d’éviter ces deux extrêmes.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par André Ruellan
Voici un film grandiose qui renoue avec les grandes oeuvres d'aventure, grandiloquentes et grandioses qui prônaient les valeurs du western et du boom vers le pétrole aux USA.
Au sein de paysages rugueux et sans charme, cette saga pétrolière est minutieusement restituée, du plus mince détail aux effets les plus spectaculaires.
Et c'est bien ce qui est le plus attachant de ce film, sans compter la description du rôle principal, un sauvage borné et matois qui bâtit sa fortune sans état d'âme ni pitié, entouré qu'il est de types frustes, durs au travail ou malins plus que nécessaire.
La seconde partie qui s'attache plus à la psychologie primaire des personnages est moins active, plus languissante pour tout dire et sombre dans un drame sanglant pas très convaincant.
En tous cas, ce n'est pas la faute à Daniel Day-Lewis qui est remarquable de bout en bout et mérite amplement son Oscar. Il maîtrise son rôle de bout, avec ses excès et l'antipathie qu'il développe et paufine avec brio.
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