Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2008 Mercredi 27 Février | Les critiques de la rédaction : Taken---------------------------------------------------------------Un film français de Pierre Morel avec Liam Neeson, Famke Janssen, Maggie Grace, Holly Valance, Radivoje Bukvic, Leland Orser, Arben Bajraktaraj, Goran Kostic, Katie Cassidy, et Olivier Rabourdin
Genre : Action - Durée : 1H25 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
On en revient toujours au même point. Soucieux de dissimuler bêtement les innombrables défauts qui plombent leur métrage, les cinéastes ne jurent que par la postprod. Scènes archi-découpées, inserts tremblotants et découpage approximatif, le montage sert souvent la soupe au public adolescent, cible privilégiée de ce genre de productions trompe-l'oeil aux ambitions rarement artistiques. Luc Besson s'est fait maître en la matière dans l'hexagone, et ce n'est pas avec son nouveau produit calibré que le film d'action retrouvera ses lettres de noblesse. Au moins, on ne s'ennuie pas.
Et c'est bien le seul élément qui ne pourra porter à discussion. Narrant, a l'instar de la récente tuerie Death Sentence, comment un père va chercher à se venger d'un groupuscule ayant cherché les emmerdes en kidnappant sa fille (contrairement à l'assassinat du fils dans l'oeuvre précédemment citée), Taken se place dans la lignée directe des films d'actions urbains de ces dernières années, tel un Mémoire Dans La Peau et autres métrages estampillés Europa. Dans le principe seulement. Car si l'on se réfère uniquement au film de Doug Liman, on se rend bien compte que Pierre Morel est tombé dans tous les pièges propres à ce type de scénario. Un suspens tué dans l'oeuf de par la présence de Liam Neeson, seule réelle star du film et évidemment mis en avant dés l'introduction, qui laissait dores et déjà présager sa survie jusqu'au final clicheteux de ses improbables aventures. En sus de quoi son personnage s'avère être une véritable machine à tuer, comme l'était Jason Bourne. Aucune surprise, l'acteur passe son temps à casser du bras de polonais et d'albanais sans difficultés là ou Damon réapprenait progressivement ses capacités et où Bacon n'était qu'un costard-cravate sans histoire. Quitte à faire un actionner bête et méchant, autant aller jusqu'au bout de ses principes. Pierre Morel ne cherchera donc jamais à questionner son spectateur sur les sources de l'existence de pareil trafic et de ses dérives, les est-européens sont très méchants et possèdent tous un flingue, point barre. Paradoxalement, le scénario de Luc Besson est moins con que la moyenne, disons plus mature. C'est sans compter sur l'agrémentation de clichés pompeux dont on pensait avoir trouver le vaccin et de références mal assimilées pour perpétuer l'éternelle tradition du film-pour-ados-et-puis-c'est-tout.
La mise en scène est du même accabit. Ahurissante de fébrilité, la caméra n'offre jamais ce que l'intrigue promettait, le montage se permettant de rajouter des inserts à tout va, lors des scènes en voiture notamment, annihilant tout aspect qui aurait pu s'avérer spectaculaire. Le reste est évidemment une déception car trop confuses et expédiées en deux temps trois mouvements. C'est tout juste si on a le droit à une réplique débile et à deux globules rouges pour compenser l'absence totale de parti-pris, si ce n'est celui de ne pas assumer son statut de film brutal et subversif. Le casting demeure sympathique, même si deux opposés se font face, à savoir le talent monstrueux de Liam Neeson (une mimique suffit à insuffler une réelle personnalité à son personnage) et cette tête à claques amorphe de Maggie Grace, qui plus est enlaidie par des tresses pour paraître ado et des vêtemens totalement immondes et improbables (il faut voir les tenues de gamine de 10 ans qu'ils lui font porter)
On se répète, mais aussi talentueux soit son principal interprête et sympathique soit l'intrigue, tout ça ne fait pas un film. Un passe-temps, tout juste, ni plus... ni plus.
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