Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2008 Mercredi 27 Février | Les critiques de la rédaction : Bienvenue chez les Ch'tis---------------------------------------------------------------Un film français de Dany Boon avec Dany Boon, Kad Merad, Zoé Félix, Philippe Duquesne, Michel Galabru, Jacques Bonnaffé, Line Renaud, et Stéphane Freiss
Genre : Comédie - Durée : 1H46 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
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| Par Jacques Coulardeau
UNE TRAGEDIE EN FORME DE COMEDIE. Une tragédie nationale que cette image absurdement négative que le Nord Pas de Calais porte en lui comme un certain crucifié porte ses stigmates. Qu’est-ce que ce Nord Pas de Calais a bien pu faire aux autres Français pour mériter ce sort absurde ? Faut-il que les Français soient obsédés par le soleil, faut-il qu’ils haïssent à ce point l’industrie et les mines, faut-il qu’ils aient une telle haine des frites, raison de plus des fricandelles, et même des moules, pour qu’ils considèrent le Nord Pas de Calais comme l’enfer froid de la création, une anti-création même pas divine puisque l’enfer n’y est même pas chaud. Et c’est pas demain que cela va changer, j’allos vos dire por qué qu’cha ‘llot êt’ com’ cha. D’abord parce qu’en France tout ce qui pourrait faire la richesse de ce Nord Pas de Calais est rejeté au nom de je ne sais quelle esprit national. Rejetée la langue régionale, le Picard que l’on n’enseigne plus qu’à l’Université de Zurich en Suisse et dont la chaire à été supprimée à l’Université de Lille à la retraite du dernier professeur qui la détenait, et ce avec les honneurs d’une France reconnaissante, c'est-à-dire avec un enterrement de luxe. Une certaine dame, professeure en son temps à la Sorbonne, il y a une vingtaine d’années, originaire de ce Nord Pas de Calais prétendait même que le Picard ça n’existait pas, que ce n’était que du Français avec un accent particulier et bien sûr déformant. Pauvre Madame. De toute façon la seule richesse que le Nord avait c’était ses mines de charbon et elles ont toutes fermé donc il ne reste plus rien, et li n’y a même plus de charbon pour se réchauffer les orteils que l’on a gelés de naissance. Ça c’est du déficit. Même les pavés du Paris Roubaix n’intéressent plus personne, puisqu’ils ont disparu et que c’était l’enfer du cyclisme. Y aurait-il quelque chose de positif ? Pensez donc. Gravelines et ses radiations thermonucléaires. La Deûle, un véritable égout à l’échelle de la région toute entière ou même un chien errant ne se laverait pas, sans parler d’y boire. On pourrait parler de ses clochers, mais la France est laïque s’il vous plait, et en plus ils ont osé mettre des clochers, avec carillons de cloches et tout le saint – bien sûr un saint - Frusquin, à côté des mairies : des beffrois qu’ils appellent ça. De vrais curaillons ces gens du Nord Pas de Calais, certainement pas fréquentables par d’honnêtes laïques républicains. Mais il y a pire, et comme le film je ne le dirai pas pour ne pas achever la bête mourante. Si la France à une Médina quelque part, c’est à Roubaix, et si la France à une Mecque dont elle a honte c’est bien du côté de Valenciennes, ou bien de Tourcoing. Et c’est une pauvreté digne de ces pays sous-développés dont ils adoptent trop facilement les us et coutumes, particulièrement la religion et la – même les – couleur(s), qui fait qu’ils n’ont pas les moyens de construire des universités qu’ils hébergent dans de vieilles usines ou des hangars désaffectés comme à Roubaix (LEA, IUT, IUP et je devrais dire etc. avec la Condition Publique pour la culture qui semble avoir trouvé là chaussure à son petit pied, et même une résidence universitaire dans un ancien couvent, c’est tout dire, en plus nommé la Visitation) ou bien encore comme à Lille avec l’université de Lille I à Moulins, le quartier le bien nommé, ces moulins que Don quichotte voulait abattre et qui sont toujours bien portants dans cette région extrémiste qui en a même reconstruit un à Villeneuve d’Ascq. Alors Dany Boon de son vrai nom …, d’ailleurs c’est quoi son vrai nom, celui qu’il portait encore quand il faisait le con dans le dîner éponyme, a entrepris une mission salutaire. Mais réussira-t-il à enlever la capote glaciaire que les Français portent chaque fois qu’ils parlent du Nord Pas de Calais car il faut toujours sortir couvert, n’est-il point, sinon on attrape le choléra ou je ne sais quelle autre peste ? Mais quel regret que son postier du midi, son postier salonnard, ne reste que trois ans dans ce Nord Pas de Calais qu’il s’est pris d’aimer. Quand on aime on ne compte plus, et lui a compté quand même un peu trop vite, un peu trop court. Et maintenant que son gosse a perdu ses orteils quel avantage y a-t-il qu’il reparte dans le midi : ça ne les lui fera pas repousser. Mais ne manquez pas ce film qui vous apprendra tout, absolument tout ce que vous avez toujours voulu savoir et n’avez jamais osé demander, sur la biloute, vous savez ce petit truc que les gens ont quelque part entre les jambes, si ce n’est pas les cuisses, au point que ceux qui n’en ont pas empruntent celle de ceux qui en ont une.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Johan BEN AZZOUZ
En salles depuis le 20 février dans le Nord-Pas-de-Calais, Bienvenue chez les ch'tis est le deuxième long métrage de notre camarade Dany Boon. Une comédie mettant en scène un véritable choc culturel : un directeur d'une agence locale de la poste dans une petite ville des Bouches-du-Rhône demande sa mutation sur la Côte d'Azur pour combler les attentes de sa femme, dépressive. N'hésitant pas à frauder en s'inventant un grave handicap, Philippe Abrams incarné par Kad Merad est rapidement démasqué par un inspecteur des services publics.
Sa punition est alors terrible, le licenciement ? Non bien pire, il est muté dans le Nord, à Bergues, une petite ville proche de Dunkerque.
Mr Abrams se rend alors sur place, avec le coeur rempli de préjugés sur cette région, préjugés amplifiés par l'excellent Michel Galabru faisant une brève apparition. Bien sûr, Mr le directeur prend la route sans sa femme (Zoé Felix) pour lui épargner le grand froid du Nord. Arrivé sur place, avec une pluie terrible, Philippe fait la connaissance d'un des employés de la poste, joué par Dany Boon, qui l'accueille à bras ouvert.
Rapidement, Philippe découvre la véritable nature de cette région, et la chaleur humaine de ses habitants. Mais sa femme refuse de le croire, pensant qu'il la ménage. Philippe raconte donc à sa femme ce qu'elle veut entendre : le Nord est une véritable région infernale, peuplée d'alcoolique, où le choléra fait rage...
Soudain c'est la panique, sa femme souhaite venir vivre avec lui dans le Nord, ses nouveaux amis acceptent alors de l'aider à faire vivre l'enfer à sa femme, pour la faire rentrer dans le sud. Mais cette dernière découvre rapidement la vérité...
Quant à Antoine (Dany Boon), il est toujours amoureux de son ancienne compagne et collègue : Annabelle, jouée par la pétillante Anne Marivin. Mais sa mère envahissante, incarnée par l'excellente Line Renaud, a eu raison de leur couple. Désormais Antoine a une légère tendance à sombrer dans l'alcool lors de ses tournées de facteur. Avec l'aide de son ami Philippe, Antoine devra reconquérir le coeur de sa bien-aimée.
Cette comédie fort sympathique, à la fois touchante et très drôle mérite un grand succès, au pays des ch'tis, et dans toute la France ! Merci à Dany Boon et à toute son équipe pour ses deux heures de rires.
| Par André Ruellan
Voilà une bonne comédie, sans vaine prétention ni message absurde ou indigent, réalisée avec une efficace sobriété qui met en valeur des gens simplement sympathiques et accueillants comme le sont réellement pour la plupart les habitants du Nord-Pas de Calais,
En plus,il s'y inscrit le pittoresque du langage ch'timi avec la cocasserie de certaines expressions et l'efficace réalisme de mots plaisants qui, sans excès caricaturaux, pimentent des situations gentiement sensibles ou joyeusement vivaces.
J'ai remarqué, au fil de la projection, les multiples rires du nombreux public d'une salle pourtant située en Normandie, ce qui enlève toute intention de parti-pris régional, et fait rudement plaisir à entendre, compte tenu des atrocités et des effets tonitruants que l'on nous sert bien souvent à l'écran.
Suivant avec humour et réalisme le suc le plus malin de ses sketches, Dany Boon se montre aussi bon réalisateur qu' acteur efficace, entouré d'un savoureux plateau de comédiens qui distillent la bonne humeur et les gags, particulièrement de la part de Kad Mérad, excellent dans son important rôle de Candide séduit par les carbonades et les frites, sans oublier le genièvre et le Maroilles.
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