Sorties cinéma Sorties Cinéma en Février 2008 Mercredi 20 Février | Les critiques de la rédaction : Jumper---------------------------------------------------------------Un film américain de Doug Liman avec Samuel L. Jackson, Hayden Christensen, Diane Lane, Jamie Bell, Rachel Bilson, Sean Baek, Katie Boland, Nathalie Cox, Teddy Dunn, Tom Hulce, et Michael Rooker
Genre : Science fiction - Durée : 1H35 mn
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L'avis de la rédaction Nord-Cinéma
| Par Guillaume Lasvigne
Si le cinéma nous plait et demeure fascinant, c'est qu'il parvient parfois à nous mettre en face de nos propres contradictions et à susciter une réelle introspection. Dans un registre particulier, Jumper en est un exemple supplémentaire. Comment en effet expliquer le fait d'être diverti par un film accumulant les déchets techniques et scénaristiques au profit du développement d'un univers et d'une mythologie, où la psychologie des personnages demeurerait le principal moteur d'une histoire inventive et approfondie ? Réponse dans le dernier film de Doug Liman, œuvre bâclée mais néanmoins dotée d'un charme bel et bien réel.
Déjà réalisateur du bourrin et très bon Mr. And Mrs. Smith (entre autres), le cinéaste américain décide cette fois-ci de miser sur l'esbroufe. Car en sus d'effets spéciaux pas toujours convaincants, le bonhomme se permet de restreindre sa mise en scène à une succession de plans improbables et montés n'importe comment (le découpage est surement le plus abominable de ce début d'année, usant parfois d'une caméra à l'épaule injustifiée et tenue avec les pieds, rendant les combats pénibles à suivre. Un gros bordel au service d'une structure narrative en grande partie pompée sur le premier Spider-Man et d'un scénario sympathique mais définitivement creux, superficiel (mythologie du Jump jamais abordée...) et bourré d'incohérences grossières.
Mais alors me direz-vous, comment ai-je pu apprécier ce bêtisier pour boutonneux défoncés au sirop d'érable ? Le concept y est pour quelque chose. Se téléporter reste un éternel fantasme, et s'attacher aux personnages n'est pas difficile sous réserve que l'on y adhère. De plus, Doug Liman joue malgré tout la carte de l'honnêteté en ne cherchant jamais à donner à son entreprise un caractère sérieux qui aurait cette fois-ci téléporté son film au rayon des séries Z et autres nanars débiles. Une sincérité qui ne peut justifier les écarts dans lesquels il s'est fourré, mais qui a au moins le mérite de nous livrer un divertissement potable qui n'apporte finalement ni plus ni moins que ce que l'on demandait.
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