Sorties cinéma Sorties Cinéma en Janvier 2008 Mercredi 23 Janv | Les critiques de la rédaction : No Country for Old Men---------------------------------------------------------------Un film américain de Joel et Ethan Coen avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin, Garret Dillahunt, Tess Harper, Barry Corbin, Woody Harrelson, et Kelly Macdonald
Genre : Thriller - Durée : 2H02 mn
Donnez votre opinion sur ce film |
|
L'avis de la rédaction Nord-Cinéma| La note de la rédaction : | |
|
| Par Jacques Coulardeau
SANS ESPOIR NI DESESPOIR: C’EST DE L‘HISTOIRE. Le film très réussi des frères Coen retrouve totalement le style à découvrir d’urgence de l’auteur Cormac MacCarthy. Et ce n’est rien dire. Le monde dans lequel nous pénétrons est un monde de crime, de chasse même pas poursuite, de gibier humain et de prédateur probablement totalement psychotique et asocial. Il n’y a plus aucun espoir pour la race humaine, si c’est encore une race tellement elle est dégénérée, car elle est sous l’emprise du fric, de la drogue qui permet le fric facile autant que l’évasion sans espoir ni satisfaction, et finalement de la violence dans le seul but d’infliger ici même pas la souffrance, seulement la mort. Dans ce labyrinthe inextricable de noirceur et de teintes sombres et encore plus sombres du noir, seul le psychotique pourra survivre car il aura seul la puissance mentale qui lui permettra de les tuer tous. Certains joueront au chat et à la souris avec lui mais c’est lui le chat, le super-chat et personne ne lui é-chat-ppe. Seul le shérif lui filera entre les doigts car il réalisera, quand il aura ce vautour à moins de deux mètres de lui, qu’il ne peut rien sinon partir le laissant avec ses blessures qui sont la seule protection pour ce shérif qui survit grâce au mal de sa proie qu’il n’ose pas affronter. Et il ne lui restera qu’à démissionner car sa lâcheté ne lui permet plus de croire en la loi, en sa mission, s’il en encore une, si la police en a encore une dans le monde que nous vivons. Ainsi les Etats-Unis sont en train de mourir assassinés par eux-mêmes qui, dans leur boulimie d’évasion artificielle, dans leur cupidité et stupidité d’argent sale, attirent sur eux-mêmes les pires prédateurs et libèrent en eux-mêmes les pires carnassiers, les pires fauves. Un pays comme celui-là n’a plus d’avenir et le père du rêve s’en va sur une piste qui est celle des larmes, immense image universellement connue aux Etats-Unis de la fin du génocide indien, emportant vers l’au-delà de la vie, dans la mort du rêve, une corne pleine de feu comme si Satan avait besoin d’allumettes. Et ils disent tous cela, que cela pourrait être différent, que le fauve n’a pas obligation à mordre, que le prédateur peut laisser partir sa proie. C’est qu’en plus l‘Américain moyen est tellement aveugle qu’il se console de son sort en imaginant la vie éternelle sans la mort, la pureté du purin distillée à l’alambic de l’utilitarisme en forme de billet vert que même un gosse imberbe trouve que cinq cents dollars c’est à peine assez payé pour une chemise à cinq dollars à Wal Mart. Et c’est de ce fumier humain que doit sortir l’avenir qui sera nécessairement meilleur car telle va l’histoire à son propre rythme mais tous les témoins d’aujourd’hui ne seront plus là pour témoigner. Alors faisons le tant qu’il est encore temps.
Dr Jacques COULARDEAU
| Par Cédric Jager
Après un petit passage à vide et une absence de deux ans, les frères Coen reviennent en très grande forme, au niveau qui leur a permis de réaliser certains des meilleurs films des vingt dernières années. Cette fois-ci, les deux frères ont réalisé un film noir, genre dans lequel ils ont déjà excellé avec notamment Fargo et Sang pour sang.
Pour la première fois, le scénario n’est pas de leur cru. Il s’agit d’une adaptation d’un roman de C. McCarthy qui semble avoir été écrit pour être adapté par les deux cinéastes tant l’histoire est proche de ce qu’il ont l’habitude de faire.
No country for old men est à la fois un western, un road-movie et un thriller. Les réalisateurs filment des paysages maintes fois montrés au cinéma tout en évitant le cliché. L’utilisation de cet espace désert et du son est impressionnant et réussit à faire de ces immensités un lieu de suspense où terreur et jubilation se côtoient comme seul les frères Coen sont capables de le faire.
Mais le film est surtout d’une noirceur désespérée comme d’ailleurs plusieurs autres films de ce début d’année (Garage, Sweeney Todd). Les frères Coen dépasse le simple film de genre avec une œuvre sur un monde déshumanisé porté par un tueur en série au regard fixe qui parfois laisse entrevoir une certaine tristesse interprétée par Javier Bardem, un tueur qui sévit dans une Amérique désorientée. Car No country for old men est avant tout le portrait d’une Amérique malade où la perte des valeurs les plus simples laisse place à une immoralité qu’incarne le personnage du tueur, lequel ne peut d’ailleurs être arrêté par aucune des figures traditionnelles comme le montre l’échec du shérif.
Avec ce dernier film alliant humour noir, dialogues absurdes, burlesque et tension permanente, virtuosité et une grande maîtrise, les frères Coen sont à leur apogée. Ce film, déjà un classique, aurait mérité n’importe quel prix au dernier festival de Cannes.
| Par André Ruellan
Franchement, je ne suis pas époustouflé par ce dernier opus des Coen Brothers ! Ca ressemble à un western; les indigènes portent le Stetson et les bottes; le paysage est poussièreux; il y a des shérifs, des chicanos et les tueurs sans états d'âme, mais que je regrette John Wayne 1940, et même Errol Flynn, c'est dire!
Ce long film est censé faire frissonner au long d'épisodes marqué par la course après une valise pleine de dollars et munie d'un détecteur. Admettons.
Mais toute une flopée de cadavres n'expliquent pas toujours le pourquoi et le comment du scénario, tandis que la réalisation s'étend longuement sur certains actes et nous laisse parfois dans un certain flou toujours artistique. Car il faut admettre que la mise en scène est exemplaire, les images remarquablement expressives, et la couleur généreuse à souhait avec de l'hémoglobine et des plaies spectaculaires mais sans réel intérêt pour le bon déroulement de l'action.
En shérif désenchanté, près de la retraite , Tommy Lee Jones joue les choeurs antiques avec conviction, et la palme revient à Javier Bardem en tueur au Merlin pneumatique, particulièrement attentif à exécuter ses contrats mortels.
|
|
| |